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Le parc national Kejimkujik fait la guerre à un poisson envahissant

Chris McCarthy devant la clôture posée sur la rivière.
La clôture empêche le poisson de remonter vers le parc national Kejimkujik. Photo: Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Un poisson envahissant a récemment été aperçu pour la première fois au parc national Kejimkujik, en Nouvelle-Écosse, et les responsables font tout en leur pouvoir pour empêcher sa propagation.

Là où le brochet maillé élit domicile, il chambarde les écosystèmes. C'est déjà un fait accompli dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, où le brochet a été introduit illégalement en 1945.

Chris McCarthy tient un brochet maillé mort.Agrandir l’imageLe brochet maillé (ci-dessus) est une espèce envahissante qui, introduite illégalement en Nouvelle-Écosse, décime beaucoup d'autres espèces de poissons et d'amphibiens. Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

« Les brochets mangent d'autres poissons, ils mangent des amphibiens comme des grenouilles, ils peuvent manger des petits serpents. Ça peut vraiment avoir un effet négatif sur tout le parc », explique Jeff Lansing, porte-parole chez Parcs Canada.

Le poisson s'est finalement frayé un chemin à l'intérieur des frontières de cette aire protégée. L'hypothèse des responsables du parc national est qu'une personne a délibérément introduit le poisson dans un cours d'eau. Ils rappellent qu'il s'agit là d'un acte criminel.

Chris McCarthy devant un cours d'eau au parc national Kejimkujik.Chris McCarthy, gestionnaire en conservation des ressources au parc national Kejimkujik. Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Un seul spécimen de brochet maillé a été pêché dans le parc national, en juin, mais pour Chris McCarthy, gestionnaire en conservation des ressources au parc national Kejimkujik, il n'en fallait pas plus pour sonner l'alarme.

« Nous savions que ça s’en venait », dit Chris McCarthy. « Ils peuvent étendre leur territoire assez rapidement. »

« Kejimkujik est une série de lacs et de ruisseaux », explique-t-il. « C'est un endroit très spécial, à cause de la profusion de la vie sauvage qui a survécu ici, surtout dans l'eau. Et tout ça risque de changer si l'espèce s'établit ici. »

Un homme tient un brochet maillé mort.« Il va manger à peu près tout ce qui peut entrer dans sa bouche », dit Chris McCarthy au sujet du brochet maillé, dont il tient un spécimen dans ses mains. Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

Le brochet maillé est un prédateur redoutable. « Il va manger à peu près tout ce qui peut entrer dans sa bouche », illustre M. McCarthy.

Les responsables du parc ont installé un filet et une clôture temporaire sur le ruisseau Peskowesk, qui relie cinq lacs d’eau douce situés à l’intérieur du parc. De cette manière, on espère empêcher le poisson de remonter vers le parc national.

Filet installé sur un ruisseau.Agrandir l’imageDes filets installés sur le ruisseau Peskowesk pour barrer le passage au brochet maillé. Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

« Une fois que ces poissons sont entrés, ils prolifèrent assez rapidement », dit Chris McCarthy. « Si l’on attend, c’est une bataille perdue. »

La clôture est solide, mais doit être nettoyée quotidiennement des débris comme des branches et des feuilles, qui sont transportés par l’eau et s’accumulent, créant une pression sur l’installation temporaire. M. McCarthy est confiant que la clôture bloquera le brochet maillé, mais espère qu’elle résistera à la pression accrue l’hiver prochain.

Le parc examine la possibilité d’installer une structure permanente l’an prochain.

Jeff Lansing.Jeff Lansing, porte-parole pour Parcs Canada. Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

« Si on peut mettre une barrière permanente, il y a une chance que les poissons envahissants ne pourront pas se propager dans cet endroit du parc, puis de cette façon-là les espèces de poissons natifs ont vraiment une bonne chance de survivre », ajoute Jeff Lansing.

Main d'un employé du parc national tenant une canne à pêche.Les responsables du parc national Kejimkujik demandent aux pêcheurs de ne pas rejeter à l'eau les brochets maillés, une espèce envahissante. Photo : Radio-Canada / Stéphanie Blanchet

On demande de plus aux pêcheurs de ne pas rejeter à l'eau les brochets maillés, si jamais ils en prennent un.

Un homme tient dans ses mains un brochet maillé.Parcs Canada demande aux pêcheurs de ne pas remettre à l'eau des brochets maillés vivants s'ils en pêchent un, car c'est une espèce envahissante qui décime les écosystèmes. Photo : CBC/Robert Short

Les responsables du parc national, malgré des ressources limitées, ne ménagent donc pas leurs efforts pour à tout prix éviter le pire scénario, qu'ils nomment le « printemps silencieux », c’est-à-dire un parc où l’on n’entendra plus les grenouilles croasser, parce qu'elles auront été la proie de ce poisson envahissant.

D'après un reportage de Stéphanie Blanchet

Nouvelle-Écosse

Protection des écosystèmes