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La chute de la livre turque résulte d'un « complot politique » selon Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan durant un discours, derrière lui se trouve une grande affiche à son effigie.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est exprimé devant ses partisans réunis à Trébizonde, sur la crise de la relation entre Ankara et Washington. Photo: Reuters / Handout .
Radio-Canada

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé dimanche que la chute de la livre turque résultait d'un « complot politique » contre son pays alors que ses relations avec les États-Unis sont en crise.

« Le but de l'opération est d'obtenir la reddition de la Turquie dans tous les domaines, de la finance à la politique. Nous affrontons de nouveau un complot politique en sous-main. Avec l'aide de Dieu, nous surmonterons cela », a-t-il déclaré devant des partisans réunis à Trébizonde, sur la mer Noire dans le nord-est du pays.

Si Washington est prêt à sacrifier ses relations avec Ankara, la Turquie réagira « en passant à de nouveaux marchés, de nouveaux partenariats et de nouveaux alliés, aux dépens de celui qui a lancé une guerre économique contre le monde entier, y compris notre pays », a-t-il menacé.

« Nous ne pouvons que dire adieu à quiconque décide de sacrifier son partenariat stratégique et une alliance d'un demi-siècle avec un pays de 81 millions d'habitants pour sauvegarder ses relations avec des groupes terroristes », a-t-il tonné.

Le torchon brûle entre Ankara et Washington

La Turquie et les États-Unis sont partenaires dans le cadre de l'OTAN et les États-Unis disposent d'une importante base à Incirlik, dans le sud du pays, actuellement utilisée comme centre des opérations contre le groupe armé État islamique.

La Turquie ne cesse de reprocher aux États-Unis le soutien apporté en Syrie aux Unités de protection du peuple kurde (YPG). Ankara voit dans cette milice une émanation du PKK, classé « terroriste » par la Turquie, mais aussi par les États-Unis.

Déclarations-chocs, sanctions, menaces de représailles, puis doublement des tarifs douaniers américains sur l'acier et l'aluminium turc : le ping-pong entre Ankara et Washington est allé crescendo ces derniers jours, emportant avec lui la livre turque, qui a chuté vendredi de 16 % face au billet vert, perdant ainsi 40 % de sa valeur depuis le début de l’année.

Au cœur de cette bataille : le sort du pasteur américain Andrew Brunson, actuellement jugé en Turquie pour « terrorisme » et « espionnage ». Il a été placé à la fin juillet en résidence surveillée après un an et demi de détention.

La Maison-Blanche avait lancé un ultimatum à la Turquie en exigeant sa libération immédiate avant mercredi sous peine de s'exposer à des sanctions américaines, a déclaré dimanche Recep Tayyip Erdogan.

Dans le même temps, la Turquie plaide pour l'extradition de Fethullah Gülen, un prédicateur turc établi depuis près de 20 ans sur le sol américain et soupçonné par Ankara d'être l'architecte du putsch manqué de juillet 2016.

« Vous osez sacrifier la Turquie et ses 81 millions d'habitants pour un prêtre lié à des groupes terroristes? » s'est indigné M. Erdogan.

La livre turque s'est effondrée après la décision du président Trump, annoncée dans un tweet, de doubler les tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium turcs.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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