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Les syndicats veulent s'opposer aux partis « antitravailleurs »

Une pancarte sur laquelle on voit la moitié du visage de François Legault et la moitié du visage de Philippe Couillard.
Une coalition de syndicats avait lancé en juillet une campagne de pancartes préélectorales contre la CAQ et le PLQ. Photo: Radio-Canada / Mélissa Paradis
La Presse canadienne

Le mouvement syndical québécois se prépare en vue des élections du 1er octobre, car il craint d'avoir une influence limitée sur le gouvernement québécois pendant quatre années supplémentaires.

Près de 40 % des travailleurs au Québec sont syndiqués, mais les deux partis qui galopent en tête des sondages d'opinion sont loin d'être favorables aux syndicats.

Les libéraux au pouvoir ont imposé des compressions importantes dans les secteurs de la santé et de l'éducation dès le début de leur mandat. De son côté, la Coalition avenir Québec (CAQ), première dans les intentions de vote selon les sondages, a tempéré ses positions antisyndicales, mais n'a pas réussi à apaiser les inquiétudes du mouvement syndical.

« Vous avez d'un côté les libéraux qui nous ont plongés dans l'austérité et ont attaqué nos membres. Et vous avez la CAQ dont l'agenda est désastreux, un agenda où on remet tout au privé », a résumé le directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique, Marc Ranger.

C'est notre devoir, d'alerter et de mobiliser nos troupes.

Marc Ranger, directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique

Perte de vitesse syndicale?

Même si le Québec est réputé dans le reste du Canada pour le penchant de ses travailleurs à descendre dans la rue pour manifester, l'influence des grands syndicats diminue d'année en année, fait valoir une professeure de sociologie de l'Université de Montréal, Mona-Josée Gagnon.

« On ne parle plus du syndicalisme dans les médias en général. Cela reflète l'affaiblissement du syndicalisme », a-t-elle soutenu.

Le syndicalisme semble être un domaine en perdition, même dans les universités québécoises, a-t-elle raconté. « Le syndicalisme à l'université est en retraite. »

M. Ranger ne partage pas cette opinion.

« À 40 % de membership, le mouvement syndical est en santé, mais il doit continuer à démontrer sa pertinence », a-t-il souligné.

Règles électorales sévères

Mais les règles électorales limitent les possibilités de manœuvre de M. Ranger et de ses collègues.

Les règles encadrent l'intervention d'un tiers, un syndicat par exemple, durant la période électorale. Il n'est pas autorisé à dépenser de l'argent pour influencer les électeurs ou pour s'opposer ouvertement à des candidats pendant la campagne officielle.

Le premier ministre Philippe Couillard a déjà annoncé que les élections seront déclenchées le 23 août, ce qui laisse peu de temps aux dirigeants syndicaux pour rappeler aux électeurs le « danger » de voter pour les libéraux ou la CAQ.

« Je pense que nos règles sont trop strictes. On marche sur des œufs », a déploré M. Ranger. « Les candidats ont le droit de dire ce qu'ils veulent. Les chroniqueurs d'opinion prennent position, ils ont le droit de le faire, mais le syndicat, toi, tais-toi. Toi, tu n'en pas le droit. Tu n'es pas invité. Moi je pense que oui, on est invités et on doit participer aux débats publics. »

Le syndicat de M. Ranger et d'autres groupes de travailleurs ont ciblé 14 circonscriptions dans lesquelles ils pensent pouvoir empêcher la victoire d'un candidat libéral ou caquiste. Ils apporteront une aide aux péquistes et aux solidaires.

Les syndicats peuvent organiser des conférences de presse pendant la campagne électorale. Les membres individuels peuvent donner de leur temps pour faire des appels ou sonner aux portes, mais c'est à peu près tout ce qu'ils peuvent faire, a déclaré Ranger.

La CAQ invite au respect des règles

L'intervention d'un tiers peut parfois nuire à un parti ou à un candidat, comme cela a été le cas du député conservateur fédéral Maxime Bernier.

Jacques Roy, un producteur laitier, avait lancé un groupe Facebook contre M. Bernier – parce que celui-ci s'opposait à la gestion de l'offre – lors de la dernière course au leadership du Parti conservateur.

Le nombre d'adhérents a rapidement atteint le plateau des 10 000 membres. Il a persuadé des gens de l'ensemble de la province d'adhérer au PCC et de voter pour le principal adversaire de M. Bernier, l'éventuel vainqueur Andrew Scheer.

« Cela a très bien fonctionné », a rappelé M. Roy.

De son côté, le porte-parole de la CAQ, Ewan Sauvé, semble prendre avec un grain de sel l'intervention des syndicats.

« Tous ont le droit d'exprimer leur point de vue », a-t-il commenté dans un courriel transmis à La Presse canadienne. « Nous appelons les syndicats à le faire en respectant les règles électorales en vigueur. »

« Les syndicats ne doivent pas perdre de vue que leur mission première est de représenter les intérêts de leurs membres et non pas de faire de la politique », a-t-il ajouté.

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