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analyse

Aux urnes, citoyens!

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard
Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard Photo: Radio-Canada
Sébastien Bovet

En annonçant le déclenchement hâtif des élections, Philippe Couillard n'aura pas fait durer le suspense très longtemps. La décision a été prise il y a deux semaines, semble-t-il. Il a profité du Congrès de son aile jeunesse pour confirmer que la campagne électorale commencera le 23 août. A-t-il plus à gagner qu'à perdre? Oui.

Quand on lui demande pourquoi il souhaite passer six jours de plus dans son autocar de campagne, le chef libéral répond que cela lui permettra de passer plus de temps dans les régions du Québec et qu’à cause de la longue fin de semaine de la fête du Travail, début septembre, et la tenue de trois débats, le rythme électoral sera ralenti pendant plusieurs jours.

Soit. On peut aussi se dire qu’il n’a rien à perdre à passer six jours de plus sur les routes du Québec. Il tire de l’arrière dans les sondages et renverser une tendance lourde prend du temps. Ces journées additionnelles lui permettront de répéter le message qu’il veut transmettre au Québécois.

Son problème ici est plutôt de savoir si les électeurs veulent toujours l’écouter ou si l’envie de changement prend le dessus sur tout. Le chef libéral fait le pari que les Québécois peuvent encore tendre l’oreille.

Faire trébucher la CAQ

Si Philippe Couillard veut l’écoute des Québécois, il veut aussi qu’ils voient ce qu’il appelle les contradictions de la CAQ en attaquant la crédibilité des idées de François Legault. C’est une approche « par la négative », une stratégie d’attaque.

Là aussi, il n’a pas grand-chose à perdre. Il doit se dire qu’à force de critiquer les propositions de son adversaire, les électeurs finiront par douter. En ce sens, quelques jours de plus ne feront pas de mal.

Le danger ici est de tomber dans l’excès et d’être perçu comme bougon, toujours fâché. Le négativisme politique est une médecine qui s’injecte à petites doses.

Autre danger : espérer que François Legault trébuche lui-même dans une campagne plus longue. En 2014, le chef de la CAQ avait évité la majorité des pièges au point où si la campagne avait duré quelques jours de plus, la CAQ aurait peut-être fait le plein de circonscriptions. Il est donc capable de se défendre.

Envoyer le message qu’on pense gagner parce que notre adversaire va faire des gaffes n’est par ailleurs pas la plus grande source de motivation pour les militants ou les sympathisants.

Quelle approche?

Finalement, il y a la façon avec laquelle Philippe Couillard abordera ces six jours additionnels de campagne. Gardera-t-il l’approche ludique style « roulotte à patates frites » ou tombera-t-il immédiatement dans « les choses sérieuses »? Jusqu’à la fête du Travail, les électeurs seront probablement plus en mode « roulotte à patates frites » qu’en mode « choses sérieuses ».

En dehors de la bulle des mordus de politique, les choses sérieuses commencent après la fête du Travail avec le retour en classe des enfants. Le danger de passer en 4e vitesse trop tôt sera « d’écœurer » le monde. Quand il est au pouvoir depuis presque 15 ans de façon ininterrompue, un parti ne peut pas se le permettre.

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