•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Chez Pharmaprix on trouve de tout, même un céleri

Le reportage de Yasmine Khayat.

La chaîne Pharmaprix lance une « Zone marché » et proposera 750 aliments frais dans 11 de ses magasins montréalais.

Un texte de Yasmine Khayat

L’enseigne, qui appartient aux Compagnies Loblaws Limitée, cherche ainsi à séduire une clientèle urbaine souvent pressée. Dès décembre, les clients montréalais de la chaîne pourront donc se procurer des fruits, des légumes, du fromage, de la charcuterie et de la viande fraîche.

Pour mieux vendre ses produits frais, le géant canadien de l’alimentation et de la pharmacie avance l’argument de la santé.

« Pour nous, l'alimentation et le bien-être étaient deux choses extrêmement interreliées; donc, c'était logique pour nous de lancer cet éventail de produits », affirme Éric Bouchard, vice-président principal de Pharmaprix.

Force est de reconnaître que les pharmacies gérées par cette bannière ne manquent pas d’espace, puisque certains commerces ont une superficie de 20 000 pieds carrés. Pharmaprix affirme qu’il lui suffit de réduire les rayons les moins rentables, comme ceux de la photographie ou des produits électroniques, pour installer des comptoirs réfrigérés.

En faisant le ménage dans ses rayons, la maison mère Loblaws gagnera non seulement de la place, mais elle ajoutera aussi un nouveau détaillant à sa chaîne de distribution.

Du point de vue du grossiste qu'est Loblaws, la logique est relativement simple. [Tant] qu’à avoir autant de pharmacies disponibles, aussi bien les remplir et faire ce que l'on sait faire, c'est-à-dire vendre des produits alimentaires.

Jacques Nantel, professeur émérite à l’École des hautes études commerciales de Montréal (HEC)

Une logique commerciale critiquée

Cette logique corporative ne fait pas l’unanimité. Jean-François Gagnon, un pharmacien indépendant, craint que l’on s’éloigne de la vocation première du métier.

« On s'éloigne peut-être un peu du cœur de la profession. Le pharmacien va devoir être supporté pour faire des choix éclairés et rester en lien avec sa mission et revenir idéalement vers des produits qui sont équilibrés », soutient le pharmacien.

Cette crainte a été formulée en juin dernier par l’Ordre des pharmaciens du Québec. Dans son énoncé, l’instance a encouragé les propriétaires de pharmacies à réfléchir au choix des produits offerts dans leurs commerces.

Mais avec cette nouvelle offre commerciale, Pharmaprix espère récupérer le manque à gagner engendré par la réglementation sur les honoraires des pharmaciens québécois. La loi 81 du ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a réduit considérablement leurs profits sur la vente de certains médicaments.

Au défi budgétaire s’ajoute également celui de la gestion de denrées périssables. « Ce sont deux métiers qui sont en apparence similaires, mais qui sont en fait très différents. Gérer 700 ou bientôt 2000 ou 3000 produits alimentaires en même temps que de devoir faire attention à une ordonnance pour de l'arythmie cardiaque, ceci demande beaucoup d'habiletés », estime le professeur Jacques Nantel.

Ce concept a déjà été testé dans d'autres villes du Canada. Les résultats enregistrés à Toronto, à Régina ou encore à Ottawa ont encouragé Loblaws à tenter l’expérience à Montréal.

Industrie alimentaire

Économie