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Confuses, les autorités américaines échouent à faire extrader un délinquant sexuel

Adesanya Prince est photographié par la police.
Adesanya Prince a plaidé coupable à des accusations de possession et de distribution de pornographie juvénile devant un tribunal du Texas, au mois de février dernier. Photo: Bureau du procureur du comté de Harris

Les autorités américaines ont admis leur confusion quant au fonctionnement de la loi canadienne à la suite du rejet par un juge de la Cour supérieure du Québec, vendredi, de leur demande d'extradition d'un délinquant sexuel.

Un texte de Steve Rukavina, CBC

Adesanya Prince, qui a comparu au palais de justice de Montréal vendredi matin, a plaidé coupable à des chefs d’accusation de possession et de distribution de pornographie juvénile devant un tribunal de Houston, dans l’État du Texas, en février dernier.

Selon des documents de la cour américaine, l’homme d’origine nigériane a alors reconnu avoir envoyé trois vidéos pornographiques à un collègue de travail en utilisant son téléphone portable. Deux des vidéos montrent des actes de bestialité et le dernier montre un homme agressant un bébé à répétition.

Libéré sous caution, Prince devait connaître sa peine en mai. Or, en avril, il a illégalement traversé la frontière canado-américaine par l'entremise du chemin Roxham, un passage utilisé par des milliers de demandeurs d’asile.

À son arrivée au Québec, il a été arrêté par la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Quand ils ont découvert la condamnation dont l'homme faisait l’objet, les agents de la GRC ont alerté les autorités américaines, qui ont tout de suite entamé des procédures d’extradition.

Dans une décision rendue la semaine dernière, le juge Daniel Royer, de la Cour supérieure du Québec, a toutefois rejeté cette demande, estimant que le document soumis par les autorités américaines était « irrecevable et inexact ».

Adesanya Prince a donc été relâché, mais arrêté de nouveau cette semaine, dès que les autorités américaines ont fait part de leur intention de soumettre une nouvelle demande d’extradition.

Confusion et documents mal remplis

Le juge Royer a identifié de nombreux problèmes dans la demande d’extradition des autorités américaines, dont le cœur de l’argumentaire était erroné.

La nécessité d’extrader Prince aux États-Unis afin qu’il subisse son procès était par exemple mentionnée. Or, l’homme a déjà plaidé coupable aux deux chefs d’accusation auxquels il fait face.

Dans son jugement, Daniel Royer affirme qu’il lui est impossible d’extrader un homme afin qu’il soit jugé si ce dernier est déjà reconnu coupable.

« Il n’y avait pas un mot dans la demande sur le fait qu’Adesanya Prince avait plaidé coupable aux chefs d’accusation », a-t-il écrit dans son jugement, qualifiant la situation de « bizarre ».

L’extradition du condamné aurait dû être justifiée par la nécessité qu'il reçoive et purge sa peine, et non par la tenue d’un procès.

En cour, vendredi, Constantina Antonopoulos, avocate pour le ministère canadien de la Justice, a affirmé avoir reçu une lettre des autorités américaines le matin même.

Dans la missive, les autorités texanes admettent leur confusion quant à la loi canadienne, et, plus spécifiquement, à savoir si un aveu de culpabilité était suffisant pour établir un verdict devant les tribunaux canadiens.

Les autorités ont l’intention de renvoyer une nouvelle demande d’extradition dûment remplie, a assuré l’avocate.

Adesanya Prince restera derrière les barreaux jusqu’à sa prochaine comparution.

Grand Montréal

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