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  • Août 2003 : une panne d’électricité monstre frappe une partie de l'Amérique du Nord

    Homme avec un sifflet au milieu de la rue qui dirige les automobilistes avec ses bras.
    Un passant s'improvise contrôleur de la circulation lors de la panne d'électricité, à Toronto, le 14 août 2003. Photo: Radio-Canada

    Nous sommes le 14 août 2003. L'horloge indique 16 h 11. Une panne d'électricité généralisée se produit dans la région des Grands Lacs où se trouve la ville de Toronto. Nos journalistes ont couvert ce qui allait devenir la plus importante panne d'électricité d'Amérique du Nord.

    En Ohio, le courant ne passe plus

    C’est dans l’État américain de l’Ohio que cette panne majeure d’électricité s’est déclenchée.

    Dans cet État, le réseau de distribution électrique est lourdement mis à contribution. De plus, il est parfois entretenu de manière imparfaite.

    On voit çà et là un arbre mal taillé qui frôle des pylônes ou des fils. Ce sont des conditions idéales pour provoquer un accident.

    Le journaliste Michel Morin soumet, dans un reportage présenté au Téléjournal du 15 août 2003 et animé par Michaëlle Jean, les raisons qui expliquent comment la panne s’est produite.

    Tous les ingénieurs qui travaillent dans le domaine ont tenté d’optimiser, de maximiser l’utilisation d’équipements existants. Et on a probablement poussé tous ces équipements-là à leur limite. Et à un moment donné, il n'y a plus de limites, il n'y a plus de jeu. À un moment donné, ça passe ou ça casse. Hier, ça a cassé.

    Guy Olivier, École Polytechnique Montréal

    À 15 h 06, le 14 août 2003, deux énormes charges de 500 et de 300 mégawatts entrent en collision sur la boucle de transport du distributeur électrique First Energy.

    Son système est saturé et explose près de la ville de Cleveland. Une défaillance en cascade s’ensuit. Les installations électriques de huit États américains et de l’Ontario se retrouvent paralysées.

    Toronto, New York, 49 millions de personnes dans le noir

    À Toronto, les transports en commun - notamment le réseau du métro - s’immobilisent. Or, les bureaux et les commerces du centre-ville sont sur le point de fermer.

    Des milliers de Torontois s’apprêtent à retourner à la maison. Par ailleurs, il fait très chaud dans la Ville Reine ce jour-là. Impossible de se déplacer ou de se rafraîchir.

    Coincés loin de leurs domiciles et en sueur, les Torontois se voient contraints de vivre une soirée et une nuit dans le noir.

    Le soir du 14 août 2003, à 22 heures, l’animatrice du Téléjournal Josée Thibeault s’entretient avec le journaliste Daniel Thibeault.

    Pas d’incident majeur à signaler dans la métropole ontarienne, confirme le journaliste.

    Mais, à Sudbury, 170 mineurs de la compagnie Falconbridge sont coincés sous terre et devront s’armer de patience avant de pouvoir remonter à la surface.

    La panne cause d’immenses problèmes également à New York, comme le rapporte le journaliste Maxence Bilodeau dans un reportage présenté le même jour au Téléjournal par l’animatrice Josée Thibeault.

    Des milliers de personnes sont forcées de passer la nuit dans des conditions très difficiles. Voyez-les par exemple ici couchées par terre devant la gare Pennsylvanie. Elles dorment à la belle étoile en attendant le retour éventuel des trains de banlieue.

    Maxence Bilodeau

    À Toronto, comme dans plusieurs villes américaines, de nombreuses personnes, sans climatiseurs ni ascenseurs, abandonnent leurs logements et dorment sur les trottoirs. Sur le réseau routier, des dizaines de milliers d'automobilistes se retrouvent piégés dans des embouteillages monstres.

    La panne privera 49 millions d’Américains et d’Ontariens pendant parfois plus de quatre jours de courant. Le groupe d’étude canado-américain qui s’est penché sur les causes de cette interruption a évalué à entre 4 et 11 milliards de dollars les pertes économiques.

    Le groupe a aussi conclu que la panne aurait pu être évitée si des mesures d’entretien et de formation du personnel des compagnies de distribution d’électricité avaient été prises.

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