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BlacKkKlansman : « Certainement le meilleur film de l’été »

Adam Driver et John David Washington regardent une carte de visite dans une scène du film «Opération infiltration<».
Adam Driver et John David Washington dans Opération infiltration (BlacKkKlansman) Photo: Focus Features
Radio-Canada

CRITIQUE – Spike Lee est de retour, et quel retour! Sorti vendredi, Opération infiltration (BlacKkKlansman) raconte avec humour une histoire vraie : comment un policier noir a pénétré dans le monde des suprémacistes blancs du Ku Klux Klan (KKK). Derrière le rire se cache toutefois une dénonciation féroce du racisme aux États-Unis, dans laquelle Donald Trump n'est pas épargné.

BlacKkKlansman avait déjà fait parler beaucoup de lui au récent Festival de Cannes, où il a décroché le Grand Prix. Avec raison, selon le critique de Médium large Georges Privet, pour qui le dernier Spike Lee est « certainement le meilleur film de l’été ».

Le réalisateur de Malcom X, de She's Gotta Have It et de She Hate Me se montre percutant en partant d’un événement de 1978, lorsque Ron Stallworth – joué par John David Washington, fils de Denzel Washington, qui a incarné Malcom X pour Spike Lee – devient le premier policier noir de Colorado Springs. À peine engagé, il parvient à gagner la confiance, au téléphone, de David Duke, grand sorcier du KKK. Ne pouvant infiltrer le mouvement du fait de sa couleur de peau, son collègue blanc et juif Flip Zimmerman (Adam Driver) lui sert de doublure physique.

Il ne faut pas s’y tromper, précise George Privet. Cette situation loufoque sert de porte d’entrée à Spike Lee, qui ne fait pas là « un film d’époque, mais un film on ne peut plus contemporain ».

Le cinéaste entend en effet montrer que David Duke « a pavé la route à Donald Trump », l’extrémiste parlant, comme le président américain aujourd’hui, de rendre aux États-Unis leur grandeur perdue. En échange, le milliardaire a, lui, facilité le retour du KKK au premier plan dans les derniers mois.

Ainsi, Spike Lee insère dans la dernière partie des images de Charlottesville, en Virginie, où une manifestation organisée par des mouvements racistes en août 2017 avait tourné au drame. Une voiture-bélier conduite par un suprémaciste avait provoqué la mort d’une opposante. Donald Trump avait réagi en déclarant que les torts étaient partagés.

Au bout du compte, Opération infiltration forme un ensemble « étonnant par ses changements de ton; très drôle par moments, très dramatique à d’autres », conclut George Privet.

On sent l’homme de 60 ans qui s’est dit "bon les derniers [films] n’ont pas marché, il faut que je frappe un grand coup". C’est un film en colère, pas subtil du tout. Mais la question se pose : faut-il être subtil en parlant de Klux Klux Klan? Je ne suis pas sûr.

Georges Privet

Ce côté brut n’enlève rien à la qualité du long-métrage. George Privet parle encore d’une fin extraordinaire.

« On sort à genoux de ce film », va jusqu’à dire le critique.

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