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Un autobus électrique sans chauffeur roulera à Candiac

Le reportage de Michel Marsolais.
Radio-Canada

La Ville de Candiac et plusieurs partenaires mettent à l'essai un petit autobus électrique 100 % autonome, dans le cadre d'un projet pilote visant à préparer le terrain à l'arrivée des voitures sans chauffeur.

C'est la première fois au Canada qu'un véhicule autonome circulera librement sur la voie publique.

La navette, qui pourra accueillir jusqu’à 15 passagers, roulera à compter de la semaine du 27 août sur un boulevard urbain entre le stationnement incitatif Montcalm-Candiac et l’intersection des boulevards Marie-Victorin et Montcalm Nord.

Elle effectuera ainsi un trajet de 2 km, au cours duquel il y aura quelques arrêts, notamment devant l’hôtel de ville.

La navette roulera à 25 km/h maximum et un opérateur sera présent en tout temps pour informer les passagers et intervenir au besoin. Le service sera gratuit.

Une voiture, sur laquelle on peut notamment lire « 100 % autonome », « 100 % électrique », « Candiac » et « NAVYA », est stationnée près d'une fontaine d'eau. Une des navettes autonomes NAVYA qui circuleront à Candiac dès la fin août 2018. Photo : Ville de Candiac

Le gouvernement québécois accorde une aide financière de 350 000 $ à Keolis Canada afin de déployer ce projet.

« Les véhicules autonomes, lorsqu’ils sont utilisés à des fins autres que l’usage individuel, ont le potentiel de devenir une composante importante de la mobilité dans les prochaines décennies », a reconnu le ministre des Transports, André Fortin, selon qui d’autres projets pilotes seront déployés sous peu au Québec.

« Nous voulons mesurer la cohabitation du véhicule avec les autres usagers de la route et mesurer l’efficacité de la réglementation », a-t-il déclaré en point de presse vendredi lors de la présentation du petit véhicule aux médias. Le gouvernement a dû inclure des clauses au Code de la sécurité routière pour permettre ce type d’essai, a indiqué le ministre.

Le projet pilote durera 12 mois, mais la navette roulera sans passager pendant la période hivernale, afin de tester l’engin dans les conditions froides en toute sécurité.

« La navette est capable de rouler jusqu’à une condition hivernale de - 10 °C, indique Marie Hélène Cloutier, vice-présidente chez Keolis. Vous comprenez que les hivers québécois sont plus rigoureux que ça. [...] Il y aura des tests qui seront faits, notamment sur les capteurs, qui doivent réagir différemment s’il y a du verglas ou une accumulation de neige », ajoute-t-elle.

Si la navette fait un accident et que la responsabilité lui en incombe, c’est l’entreprise Keolis qui assumera les frais, a indiqué le ministre Fortin. Si l’accident est imputable à un autre conducteur, à un piéton ou un cycliste, c’est la règle habituelle de la couverture d’assurance sans égard à la faute (« no fault ») qui s’appliquera.

L’un des buts recherchés dans ce projet est d’offrir une option aux citoyens pour « le premier et le dernier kilomètre » entre leur destination et le point de transport en commun. En ce moment, les gens se rendent souvent en auto à un stationnement incitatif ou à une gare de banlieue. L’idée est de leur permettre de s’y rendre en laissant l’auto à la maison.

La navette, conçue et produite par l’entreprise française Navya, est déjà utilisée à travers le monde, notamment à Lyon, en France, où elle roule dans la circulation depuis 2016. Elle est aussi utilisée à l’aéroport Charles-de-Gaulle, à Paris, et dans plus d’une vingtaine d’autres villes, notamment aux États-Unis.

Elle dispose de nombreux capteurs, de caméras et de détecteurs au laser. Depuis sa mise en service dans différents projets pilotes, l’appareil n’a connu aucun accident majeur.

Pas le premier projet au Québec

À Montréal, un projet pilote de navette autonome a eu lieu à l’été 2017 sur le site du Stade olympique. La Ville a annoncé la semaine dernière qu’il serait reconduit pour une deuxième année de suite, toujours au Parc olympique, pour quelques semaines. Dans les deux cas, la navette ne quitte pas le site et n'emprunte pas la voie publique. Montréal investit 390 000 $ afin de soutenir cette initiative, dans le but de contribuer au développement de la filière des véhicules autonomes en ville.

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