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La déclaration d'appui au projet Authier de La Motte adoptée à l'insu du maire

Un homme prend la pose à côté d'un drapeau du Québec.

Louis-Joseph Fecteau-Lefebvre, maire de La Motte

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

Radio-Canada

Le maire de La Motte, Louis-Joseph Fecteau-Lefebvre, affirme que la résolution d'appui au projet minier Authier aurait été adoptée par le conseil municipal à son insu. Le maire a également précisé qu'il ne s'opposait pas à une analyse du projet minier de Sayona Québec par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Avec les informations de Thomas Deshaies

Il a ainsi confirmé la révélation faite par la ministre de l'Environnement, Isabelle Melançon, en entrevue à l'émission Région zéro 8.

Le conseil municipal de La Motte avait adopté une résolution d'appui au projet Authier le 10 juillet dernier, notamment pour aider Sayona Québec à éviter une analyse par le BAPE. C'est ce qu'avait expliqué en entrevue le maire suppléant, Réjean Richard.

Le maire aurait préféré consulter ses concitoyens.

Louis-Joseph Fecteau-Lefebvre soutient n'avoir jamais donné son accord à une telle résolution. Il se trouvait à l'extérieur de la région au moment de l'adoption de la résolution. « Ils ont essayé de me rejoindre, mais ils n'ont pas réussi à m'attraper », constate-t-il.

L'élaboration de la résolution s'est faite sans ma connaissance.

Louis-Joseph Fecteau-Lefebvre, maire de La Motte

M. Fecteau-Lefebvre aurait préféré tenir une consultation plus formelle avec ses concitoyens, avant que le conseil ne prenne position. « J'aurais aimé qu'on prenne le temps, qu'on vérifie, puis qu'on attende toutes les parties prenantes, y compris la SESAT [Société de l'eau souterraine de l'Abitibi-Témiscamingue], qu'elle nous donne son feu vert, rouge ou peu importe, qu'elle nous sorte un commentaire sur l'étude elle-même », ajoute-t-il.

Le maire ne croit pas qu'il s'agit d'un désaveu de la part de ses conseillers. « Non, ce n'est pas ça, c'est un excès de zèle pour essayer de faire avancer le dossier plus rapidement », affirme-t-il.

Une demande de la minière

Deux grandes affiches du projet minier Authier, de la compagnie Sayona Mining, plantées dans la terre sur un terrain boisé.

Le projet de mine de lithium de la compagnie Sayona Mining suscite de nombreuses réactions au sein de la population.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

La résolution d'appui aurait été adoptée à la demande la minière, selon le maire. « La directrice de l'environnement de la mine nous avait demandé un appui public, mais il n'y avait pas de demande précise pour que ce soit à cette date précise », a-t-il fait savoir.

Contrairement aux déclarations du maire suppléant, Louis-Joseph Fecteau-Lefebvre ne s'oppose pas à une analyse du projet minier par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. Il estime que les deux avenues ont leurs avantages et inconvénients.

Une analyse sans le BAPE aurait permis de maintenir un projet de « petite taille », selon lui. « Ça nous assurerait qu'au moins, durant les premières années, le projet resterait petit, mais je considère que ça ne vaut pas la peine, au prix d'une mésentente dans la région et le village », souligne-t-il.

Ça aurait été chic qu'il n'y ait pas de BAPE, mais en même temps, ce serait important puis pertinent qu'il y en ait un.

Louis-Joseph Fecteau-Lefebvre, maire de La Motte

Le comité de citoyens est consterné

Rodrigue Turgeon, portant un manteau noir, regarde vers la rivière sous un ciel nuageux et sombre.

Rodrigue Turgeon, co-fondateur du comité de protection de l’Esker

Photo : Radio-Canada / Emmanuelle Latraverse

Le co-porte-parole du Comité citoyen de protection de l'esker Rodrigue Turgeon estime que la résolution d'appui du conseil a maintenant bien peu de légitimité, d'autant plus qu'elle a été adoptée sans consultation formelle des citoyens au préalable. « Il y a visiblement un fractionnement, une division au sein du conseil municipal de La Motte. On est un peu consterné au niveau de la santé démocratique de ce petit village, et face aux prochaines étapes qui attendent le village », mentionne-t-il.

J'espère que le conseil municipal a reçu une leçon importante et saisira l'occasion pour tout mettre en œuvre pour que la population soit consultée dès le début.

Rodrigue Turgeon, co-porte-parole du Comité citoyen de protection de l'esker

M. Turgeon souhaite également que les autres élus municipaux saisissent l'occasion d'appuyer une analyse par le BAPE. « Le BAPE reste le meilleur outil. Écoutez, c'est la ministre de l'Environnement qui le dit! s'exclame-t-il. Il y a quelque chose de très gênant pour les élus de la région qui ne veulent pas aller vers cet outil. »

Peu importe qui sera le prochain gouvernement, il devra poursuivre de la voie tracée par la ministre Melançon, croit M. Turgeon. « Il ne fait aucun doute que cette prochaine ministre devra poursuivre l'œuvre entamée par la ministre actuelle, c'est une question de cohésion sociale », affirme-t-il.

Radio-Canada a tenté, sans succès, de joindre le maire suppléant de La Motte.

Abitibi–Témiscamingue

Politique municipale