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Au Kenya, un groupe veut stopper ce qu'il compare aux pensionnats autochtones

Lialo Saalash devant un potager avec une femme maasaïe.
Lialo Saalash observe des familles maasaïes qui cultivent le chou frisé et d'autres légumes dans leur nouveau jardin, grâce à l'Oltumo Maasi Projecta Photo: Radio-Canada / Jason Warick
Radio-Canada

Un groupe de Saskatoon tente de mettre fin à une situation, au Kenya, qui s'apparente, selon lui, à celle des pensionnats autochtones canadiens. Les membres de l'Oltumo Maasi Project veulent conserver les connaissances et les méthodes d'enseignement traditionnelles de la culture massaïe.

Lialo Salaash, originaire de la région de Maasai Mara, au Kenya, vit à Saskatoon depuis 20 ans. Il croit que la tragédie des pensionnats autochtones au Canada se répète dans ce pays africain.

Il tente avec ses coéquipiers de changer la situation. « Je crois que nous allons dans la bonne direction », dit-il.

Les Maasaïs sont semi-nomades depuis des générations, vivant des fruits de la terre et de leurs troupeaux de bétail.

Un groupe d'hommes maasaïs, vêtus de tissus rouges, roses et bleus. Le peuple Maasaï du Kenya est connu pour ses vêtements colorés et ses danses rythmiques. Photo : Radio-Canada / Jason Warick

Leurs parures colorées, les ornements de perles élaborés et leurs danses et chansons distinctives attirent des touristes du monde entier chaque année.

Toutefois le gouvernement kényan isole ce peuple dans des réserves, croit Lialo Salaash. À l’école, les enfants maasaïs sont forcés de porter des uniformes scolaires et il leur est défendu de parler dans leur langue.

Lialo Saalash devant un groupe de femmes portant des tissus très colorés.Lialo Saalash parle à un groupe de confectionneurs d'objets perlés sur le site de l'Oltumo Project, près de son lieu de naissance, dans le sud du Kenya. Photo : Radio-Canada / Jason Warick

Selon le gouvernement du pays, ces mesures sont nécessaires pour intégrer les Maasais dans le monde moderne.

Mais Lialo Salaash craint que la culture maasaïe ne soit en train d’être éradiquée. « Les Maasaïs sont en pleine transition, ce qui change leur vie. Quand je parle d’éducation, je ne parle pas seulement de savoir lire, mais de continuer d'exister », explique-t-il.

Une école qui leur ressemble

Lialo Salaash et des amis de Saskatoon ont lancé l'Oltumo Maasi Project il y a bientôt quatre ans. Ils ont collecté des fonds pour construire un puits et une pompe alimentés par de l’énergie solaire. Ils enseignent à la communauté le jardinage et la santé publique.

Mais l’objectif final est d’établir une école maasaïe inspirée de l’éducation du territoire, comparable à celles que l’on trouve en Saskatchewan pour la culture crie, entre autres.

Carte du territoire indiquant d'un point rouge la localisation de la région Maasai Mara.Maasai Mara est une région du Kenya. Photo : Radio-Canada

Les membres du groupe espèrent créer un programme scolaire qui aborde toutes les bases telles que les mathématiques et la science, mais qui reflète également leur culture. Des professeurs formés sur place et un conseil des aînés vont enseigner les différentes matières.

L’équipe a besoin d’un bâtiment pour accueillir les salles de cours. Lialo Salaash a travaillé plusieurs années dans une compagnie saskatchewanaise de structures de bâtiment qui a accepté de faire don d’une structure de 60 pieds carrés de toile et d’acier.

« C’est phénoménal, ce qu’ils font là. Je voulais embarquer avec eux », a dit le responsable de fabrication de Norseman Structures, Jason Caissie.

Lialo SaalashLialo Saalash est d'origine maasaïe et vit à Saskatoon. Photo : Radio-Canada / Jason Warick

Un cancérologue de Saskatoon, Gary Groot, appuie lui aussi Lialo Saalash dans son projet. Il a auparavant collaboré à des projets similaires avec des Premières Nations de la Saskatchewan. Selon lui, il y a un « énorme parallèle » à faire entre les pensionnats autochtones et la situation du Maasai Mara.

Il croit que la structure de l’école peut aussi servir de centre communautaire.

Je pense qu’Oltumo est un excellent exemple de ce que nous pouvons faire à Saskatoon pour les gens d’un autre pays.

Gary Groot, cancérologue

Lialo Saalash et lui vous poursuivre la collecte de fonds pour le projet avant de repartir au Kenya au cours des prochains mois.

D'après les informations de Jason Warick

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