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Fusillade : les citoyens de Fredericton sous le choc

Un camion des services policiers entre dans le périmètre de sécurité
Un poste de commandement mobile a été déployé sur les lieux à Fredericton. Photo: CBC/Catherine Harrop
Radio-Canada

Vers 7 h vendredi matin, les résidents du secteur de la promenade Brookside à Fredericton entendaient ce que plusieurs croyaient être des enfants qui s'amusaient avec des pétards. Ils ont rapidement réalisé qu'un drame était en train de se dérouler chez eux. Récit de la bouche de ceux qui l'ont vécu.

Le téléphone chez Marlene Donovan ne cesse de sonner depuis ce matin. Cette dernière vit à 30 mètres du lieu où s’est produite la fusillade. « Tout le monde m’appelle pour voir si je suis correcte », explique-t-elle.

Ce matin, Mme Donovan a entendu trois coups de feu et s’est rapidement réfugiée dans son lit. Elle est encore sous le choc.

Je suis encore très bouleversée. Personne n’a le droit d’enlever la vie de qui que ce soit.

Marlene Donovan, résidente du quartier Brookside
Plusieurs voitures de police cernent un pâté de maisonsDes policiers arpentent la zone d'une fusillade à Fredericton le vendredi 10 août 2018. Photo : La Presse canadienne / Keith Minchin

Ruth Clayborn, elle, habite à cinq minutes des lieux du drame. « C’est une rue importante pour nous. On l’utilise pour aller au travail tous les matins et on l’utilise souvent pour se rendre au centre-ville à vélo », dit-elle.

David MaCourbrey raconte avoir entendu trois coups de feu à 7 h 07.

« Je pensais que c’était des pétards, mais cinq minutes plus tard, [j'ai entendu] d’autres coups de feu. Je me suis couché sur le plancher. »

Je n’ai rien entendu pendant environ 30 minutes jusqu’à ce qu’un dernier coup de feu retentisse. Je crois que ce sont les policiers qui ont abattu le suspect.

David MaCourbrey, résident du secteur de la promenade Brookside

Un autre citoyen a assisté à la scène à partir de la fenêtre de son appartement.

Justin McClean, 19 ans, était sur les lieux lors de la fusillade. Il a vu trois des quatre corps des victimes. Justin McClean, 19 ans, était sur les lieux lors de la fusillade. Il a vu trois des quatre corps des victimes. Photo : Radio-Canada

Je me suis réveillé aux sons de coups de fusil. J’ai regardé par la fenêtre et j’ai vu un policier. J’ai vu l’homme dans l’appartement à côté du mien. Je voyais le bout de son fusil.

Justin McClain, témoin résident de Brookside, à Fredericton

« J’ai entendu des coups de feu. J’ai vu des policiers en train d’essayer d’aider leur collègue blessé. J’ai décidé d’aller les aider. Je viens de voir trois corps morts. Deux d’entre eux étaient en uniforme. Ils ont essayé de le mettre dans le véhicule, mais il était trop lourd », explique-t-il.

Une fenêtre fracassée

Une famille d'origine iranienne a eu la peur de sa vie quand le tireur a dirigé son arme en direction de leur appartement.

Mojtava Motallebikia, un résident de Fredericton originaire de l'Iran est toujours sous le choc. Mojtava Motallebikia, un résident de Fredericton originaire de l'Iran, est toujours sous le choc. Photo : Radio-Canada

« Il a tiré vers nous. Une fenêtre a été fracassée. Nous nous sommes réfugiés sur le plancher de la chambre de mon fils. Nous sommes ensuite sortis du bloc-appartements », raconte Mojtaea Motllebikia, le père de la famille.

Il affirme avoir retrouvé la balle du fusil sur le lit de son fils de neuf ans.

Je ne peux pas croire que ça arrive au Canada.

Mojtava Motallebikia, témoin résident de Brookside, à Fredericton

Deux fusillades en quatre ans

Maryse Nadeau habite à Fredericton et travaille dans un édifice gouvernemental à environ cinq kilomètres des lieux de la fusillade. « Ce matin sur la route, la circulation était moins fluide qu’à l’habitude. Quand je suis arrivée au bureau, j’étais surprise et sous le choc que ça se produise pas très loin de notre bureau. »

Maryse Nadeau répond aux questions de la journaliste. Maryse Nadeau travaille tout près du lieu de la fusillade. Elle était à Moncton le jour où Justin Bourque a tué trois policiers de la GRC en 2014. Photo : Radio-Canada

Le calme est revenu, mais difficile de faire comme si c'était une journée normale. « On est au bureau. C’est calme. Les gens suivent les nouvelles, s’informent. On essaye de travailler comme tous les jours. »

C’est le même sentiment qui me revient d’être complètement en choc de la situation que des gens peuvent se procurer des armes et tuer des personnes et changer le cours de la vie de dizaines de personnes.

Maryse Nadeau, résidente de Fredericton

Elle affirme qu'en 2014, à Moncton, la confusion était plus grande puisqu'il a fallu beaucoup de temps avant d'appréhender Justin Bourque, l'auteur de la fusillade de Moncton. « Tant mieux que ça s’est passé plus rapidement. Mais le même sentiment de choc revient. »

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a tweeté plusieurs messages pour mettre la situation à jour, mais aussi pour indiquer aux gens en détresse qu'il leur est possible d'utiliser les services de Télé-soin en composant le 811.

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