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Un gouvernement pour le peuple?

Un homme portant un complet bleu derrière un podium
Le premier ministre ontarien Doug Ford Photo: La Presse canadienne / Christopher Katsarov
Radio-Canada

Le premier ministre Doug Ford s'est fait élire en promettant de gouverner pour le peuple, mais il impose le bâillon, annule les consultations publiques et utilise son personnel pour mettre fin abruptement aux conférences de presse.

Une analyse de Claudine Brulé

Le gouvernement est sur le point d'adopter son deuxième projet de loi (sur la réduction du nombre de conseillers municipaux à Toronto, entre autres) et comme il l'a fait pour le premier, il décide de passer outre à l'étape du comité législatif, qui permet au grand public de commenter les changements proposés.

Il n'y a pas beaucoup de temps pour beaucoup de consultation pour cette loi (sur le conseil municipal de Toronto). On a une majorité plus forte, on veut adopter les lois très importantes pour tous les Ontariens et toutes les Ontariennes.

Todd Smith, leader en Chambre du gouvernement

Les progressistes-conservateurs sont sur le point d'adopter une motion pour limiter les débats sur le projet de loi en Chambre, bref d'imposer le bâillon.

L'opposition est furieuse, parce que le projet de loi a un impact important sur la population, mais aussi parce que, selon elle, le gouvernement mine la démocratie en gouvernant sans laisser de voix aux Ontariens.

Personne ne devrait être surpris. C'est cohérent avec l'approche de ce gouvernement depuis qu'il a été élu. Ce n'est pas un gouvernement pour le peuple; c'est un gouvernement qui a décidé d'exclure le peuple.

Peter Tabuns, député néo-démocrate

Un gouvernement qui passe à l'action

Le premier ministre Ford ne perd pas de temps à implanter ses promesses électorales : retrait de la bourse du carbone, abolition du programme d'éducation sexuelle, bière à un dollar, par exemple.

Rien ne le forçait à implanter ces politiques si rapidement, il aurait pu prendre quelques semaines de répit cet été. Il faut reconnaître que ce gouvernement s'est rapidement mis au travail. Les sessions législatives l'été sont rares, et il est encore plus exceptionnel qu'elles durent aussi longtemps.

Le premier ministre de l'Ontario Doug Ford entouré du caucus progressiste-conservateur en Chambre à Queen's Park, le 30 juillet 2018.Le premier ministre de l'Ontario Doug Ford, entouré du caucus progressiste-conservateur en Chambre à Queen's Park, le 30 juillet 2018. Photo : Radio-Canada / Claudine Brulé

Doug Ford et son équipe répètent promesse faite, promesse tenue. Mais l'opposition leur rappelle que certaines mesures n'ont jamais été mentionnées avant l'arrivée au pouvoir des conservateurs.

Jamais il n'avait été question de la taille du conseil municipal de Toronto ou d'une réforme de l'aide sociale. S'agit-il vraiment des priorités de la population ou de celles de M. Ford?

Le gouvernement martèle son message pour le peuple, mais durant ses premières semaines en poste il n'a pas démontré que c'était effectivement le cas.

En guerre avec la presse?

Une quarantaine de membres du personnel politique du gouvernement se sont mis à applaudir bruyamment jeudi alors que le premier ministre venait de répondre à cinq questions des journalistes.

Une vingtaine de personnes sont debout et applaudissent.Des employés applaudissent pour mettre fin à la conférence de presse du premier ministre Doug Ford le 9 août 2018. Photo : Radio-Canada

Ces applaudissements enterrent les questions lancées par les journalistes et permettent à Doug Ford de quitter la pièce.

Les journalistes étaient en furie. C'était une tactique utilisée durant la campagne électorale, mais le contexte est différent en période électorale.

Les journalistes ont plusieurs questions pour le premier ministre, maintenant qu'il est au pouvoir.

Ils doivent pouvoir lui poser des questions au nom du grand public qui n'a pas cet accès aux dirigeants de la province.

Une semaine plus tôt, la presse avait vivement dénoncé les applaudissements partisans aux conférences de presse. La vice-première ministre Christine Elliott avait aussi reconnu que les encouragements partisans n'avaient pas leur place à tous les événements du gouvernement.

Des caméras de télévision en ligne derrière un cordon, avec des gens en arrière.Les médias attendent un point de presse du premier ministre Doug Ford. Photo : Radio-Canada / Claudine Brulé

De plus, les conférences de presse de Doug Ford sont strictement contrôlées. On accepte cinq questions et demande qu'elles soient posées au microphone, alors que les reporters ont l'habitude de lancer leurs questions de là où ils sont. En ayant une file derrière le micro, le gouvernement peut contrôler qui a la parole.

Les relationnistes du gouvernement Ford restreignent aussi l'accès des médias aux ministres : quatre d'entre eux se sont fait tirer la manche par leur entourage pour sortir des mêlées de presse alors que les journalistes posaient encore leurs questions. Où est la transparence si les ministres ne peuvent pas expliquer leurs décisions?

Dans le cas de la ministre de l'Éducation Lisa Thompson, elle a fui les caméras durant une semaine complète alors que les questions s'accumulaient sur ce qui serait enseigné dans les écoles quand son gouvernement a annulé le programme d'éducation sexuelle modernisé.

Toronto

Politique provinciale