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René Bellemarre résolu à laver sa réputation

René Bellemarre, au Club d'haltérophilie de La Sarre.

René Bellemarre

Photo : Radio-Canada / ICI Radio-Canada

Radio-Canada

L'ex-entraîneur d'haltérophilie de La Sarre René Bellemarre estime être victime d'un complot afin de salir sa réputation. Il a intenté plusieurs poursuites contre des personnes à qui il reproche d'avoir tenu des propos diffamatoires à son endroit.

Avec les informations de Jean-Marc Belzile

René Bellemarre réclame entre 30 000 $ et 50 000 $ par poursuite, pour atteinte à la réputation.

Il est difficile de déterminer avec certitude combien de personnes seront visées par des poursuites de la part de René Bellemarre.

Cinq personnes sont déjà poursuivies au civil, mais plusieurs autres ont aussi reçu des mises en demeure au cours des dernières semaines. C'est le cas d'ailleurs de l’ex-athlète olympique Christine Girard, qu'il menace de poursuite pour des propos tenus sur Facebook.

Pour le moment, René Bellemarre poursuit officiellement Mario Robitaille, président du club d'haltérophilie Héraclès de Rouyn-Noranda, Chantal Ruel, membre du même club, ainsi que la fille de celle-ci, Mélanie Ruel.

Il leur reproche surtout d'avoir partagé des articles de différents médias en ajoutant des commentaires qu'il juge diffamatoires.

René Bellemarre reproche par exemple à Chantal Ruel d'avoir écrit : « Et ce n'est qu'un début », en partageant un article de Radio-Canada qui portait sur des accusations d'attouchements et d'agressions sexuels qui pesaient à son endroit.

Mélanie Ruel aurait pour sa part écrit : « Partagez : les personnes de ce genre doivent être punies. »

M. Bellemarre estime n'avoir rien fait et que ces personnes veulent nuire à sa réputation.

Il poursuit également deux de ses anciennes étudiantes, alors qu'il enseignait au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue.

Le plaignant affirme qu'elles sont les étudiantes qui ont témoigné anonymement en octobre 2016 dans un reportage de Radio-Canada.

Trois de ces étudiantes affirmaient à ce moment avoir été victimes de harcèlement et d'attouchements sexuels de la part de René Bellemarre. Selon lui, il s'agissait là aussi d'une stratégie pour nuire à sa réputation.

Toutes les personnes visées par ces poursuites ont préféré ne pas commenter pour l'instant, afin de ne pas nuire au processus judiciaire.

« Difficile à prouver »

L'avocat et ex-député bloquiste Marc Lemay dans nos studios de Rouyn-Noranda.

Marc Lemay dans nos studios (archives)

Photo : Radio-Canada / Archives

Selon l'avocat criminaliste Marc Lemay, des accusations semblables sont habituellement très difficiles à prouver dans de telles circonstances.

« Les dossiers pour diffamation et atteinte à la réputation sont probablement les plus difficiles à prouver devant le tribunal », soutient M. Lemay.

« Ça prend une preuve de malveillance, de mauvaise foi, quelqu'un qui sait qu'un fait est faux et qui le rapporte quand même peut se retrouver face à ce type d'accusations. Mais quelqu'un qui écrit sur Facebook : "Ce que l'article dit m'apparaît exact et c'est une bonne chose", alors à ce moment, ce sera très difficile de prouver la mauvaise foi ou la malveillance. »

En plus des sommes entre 30 000 $ et 50 000 $, M. Bellemarre demande des excuses publiques aux personnes visées par les poursuites. Il demande aussi à ce que le jugement soit publié dans le journal Le Citoyen et sur le site Internet de Radio-Canada.

Le plaignant a préféré ne pas commenter le dossier pour le moment.

René Bellemarre a été reconnu coupable d'attouchements sexuels sur une personne de moins de 16 ans le 24 janvier dernier.

Son avocat a ensuite déposé une requête en peine déraisonnable, selon la Charte canadienne des droits et libertés. Celle-ci vise à prouver que la peine minimale prévue est inconstitutionnelle selon cette charte.

Abitibi–Témiscamingue

Justice et faits divers