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Suprémacistes blancs et antifascistes se donnent rendez-vous devant la Maison-Blanche

Une statue dans un parc devant la Maison-Blanche.
Lafayette Park, situé devant la Maison-Blanche, sera la théâtre de manifestations rivales dimanche. Le parc contient une statue d'Andrew Jackson, président américain (1829-1837) que Trump admire ouvertement. Photo: Getty Images / DANIEL SLIM

Un an après les tragiques événements de Charlottesville, des suprémacistes blancs et des militants antifascistes s'apprêtent à s'affronter de nouveau, dimanche, à l'occasion de manifestations rivales qui doivent avoir lieu tout près de la Maison-Blanche.

Les rassemblements ont été confirmés plus tôt cette semaine, lorsque le Service des parcs nationaux des États-Unis a officiellement délivré des permis aux organisateurs, soit Unite the Right, pour les suprémacistes, et D.C. United Against Hate et la coalition Answer, pour leurs détracteurs.

En conférence de presse, jeudi, la police du District de Columbia (D.C.) et la mairesse de la ville ont tenté de calmer les craintes que les manifestations ne dégénèrent en affrontements, comme cela s’est produit l’an dernier à Charlottesville, en Virginie.

Heather Heyer, une femme de 32 ans, avait alors été tuée après avoir été renversé par une voiture conduite par un sympathisant néonazi venu manifester avec Unite the Right pour dénoncer le retrait d’une statue du général Robert E. Lee, dirigeant des forces des États confédérés lors de la guerre de Sécession.

La controverse avait pris encore plus d’ampleur après que le président américain Donald Trump eut blâmé les deux groupes pour les violences, une équivalence morale vertement dénoncée non seulement par ses opposants, mais aussi par des patrons de grandes entreprises américaines, qui l'avaient lâché dans la foulée de ses déclarations.

Contrairement à ce qui s’est produit l’an dernier, la police de D.C. entend tout mettre en œuvre pour empêcher que les groupes rivaux se croisent dans les rues de la capitale fédérale et qu'il y ait de la casse ou des blessés, a expliqué leur chef, Peter Newsham.

Quand ils sont dans le même secteur au même moment, cela mène à de violents affrontements. Notre objectif est d’empêcher que cela se produise.

Peter Newsham, chef de la police de D.C.

La mairesse Muriel Bowser a été plus incisive dans ses remarques. « Des gens vont venir dans notre ville dans le seul but de vomir leur haine. Nous dénonçons la haine, nous dénonçons l’antisémitisme et nous dénonçons la rhétorique que nous nous attendons à entendre dimanche », a-t-elle dit.

Une manifestation très encadrée

Les autorités ont imposé de multiples restrictions à Unite the Right, qui entend réunir 400 de ses partisans de 17 h 30 à 19 h 30 (HAE) à Lafayette Square, un parc qui donne sur la cour arrière de la Maison-Blanche, pour dénoncer « les violations des droits civiques à Charlottesville ».

Les militants du groupe suprémaciste dirigé par Jason Kessler ont été prévenus que les armes seraient interdites, y compris pour les détenteurs de permis de port d’armes dans le District de Columbia, dans un rayon de 300 mètres de Lafayette Square. Les torches, évoquant les partisans du Klu Klux Klan, sont aussi prohibées.

Un véhicule fonce dans la foule lors d'une manifestation antiraciste à Charlottesville, dans l'État de Virginie, faisant plusieurs blessésUne femme a été tuée à Charlottesville, l'an dernier, lorsqu'un véhicule a foncé dans une foule de manifestants antiracistes Photo : La Presse canadienne / Ryan M. Kelly

Sur son site Internet, Unite the Right prévient en outre ses militants de ne pas se présenter avec du poivre de Cayenne, des boucliers, des bâtons, des couteaux ou d’autres armes. Le groupe leur demande aussi de se limiter aux drapeaux américains ou confédérés.

Soyez TOUJOURS conscient de votre environnement. Ne parlez pas aux médias. Ne vous impliquez pas dans des bagarres. Soyez TOUJOURS un bon représentant de notre cause.

Unite the Right, sur son site Internet

Le groupe donne aussi de multiples instructions à ses membres quant à leurs déplacements. Il leur enjoint de se rendre à 14 h à la station de métro Vienna, d'où ils seront transportés à la station Foggy Bottom, où une « forte présence policière pour protéger les manifestants » sera présente.

Le groupe doit ensuite se diriger vers Lafayette Square à compter de 17 h, sous forte escorte policière. Sur place, différents orateurs doivent prendre la parole, dont David Duke, ancien dirigeant du Ku Klux Klan et partisan du président Donald Trump.

« Ne réagissez avec colère face à quiconque. Il y aura certainement des provocateurs qui tenteront de vous faire réagir en tentant de vous mettre des caméras dans le visage, en criant, etc. », ajoute-t-il. « Les forces de l’ordre [nous] ont assuré que les agitateurs seraient gardés à bonne distance. »

« Attendez-vous à être surveillé. Les antifa[scistes], les médias et les forces de l’ordre savent tout ce que nous faisons. Ne laissez pas cela vous ébranler. Les forces de l’ordre sont là (espérons-le) pour aider les deux parties à exprimer leurs droits. Ne réagissez pas aux antifas et aux médias ».

Les contre-manifestants prêts à se faire entendre

Les contre-manifestants prévoient aussi se rassembler à Lafayette Square, mais plus tôt dans la journée. D’autres manifestations doivent aussi avoir lieu dans deux autres parcs situés tout près, Freedom Plaze et McPherson Square.

D.C United Against Hate rassemble de nombreux groupes, dont Black Lives Matter, qui entendent « protester contre la marche de la fierté blanche », selon le permis délivré par le Service des parcs nationaux. La coalition Answer manifeste officiellement contre « le racisme et la suprématie blanche ».

Il est absolument crucial de montrer que les forces opposées au racisme, au sectarisme anti-immigration, à l’islamophobie, à la haine anti-LGBTQ et aux antisémites ne se tairont pas et ne seront pas intimidés.

la coalition Answer, sur son site Internet

Interrogé par le Washington Post, un des organisateurs de ces contre-manifestations, Michael Shallal, membre de l’International Socialists Organization, souligne qu’il est primordial que les contre-manifestants soient beaucoup plus nombreux que ceux de Unite the Right, pour montrer que leurs idées sont inacceptables.

« Nous voulons que les gens voient Kessler et ses alliés tels qu’ils sont. Ce ne sont pas des défenseurs de la liberté d’expression pour les droits des Blancs, mais des nazis racistes qui veulent un pays seulement pour les Blancs », affirme-t-il.

Avec les informations de Washington Post, BBC, et The Hill

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