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Des infirmières du CISSS de l'Outaouais dénoncent une pression « qui n'est pas humaine »

Caroline Dufour répond aux questions d'une journaliste devant l'Hôpital de Gatineau.
Caroline Dufour, assistante-infirmière-chef à l'Hôpital de Gatineau. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

En février dernier, une cinquantaine d'infirmières, de préposés et de commis administratifs du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais dénonçaient leurs conditions de travail dans Le livre noir des urgences de l'Outaouais. Six mois plus tard, des infirmières dénoncent le statu quo et affirment que rien n'a changé.

Si les enjeux de surmenage et d'épuisement professionnel perdurent, c'est en raison des trop nombreuses fusions et des compressions budgétaires dans le domaine de la santé, selon le personnel hospitalier. Des infirmières se disent à bout de souffle, à bout de ressources.

On dirait littéralement que ça s'est détérioré. C'est comme si notre appel à l'aide n'avait pas été entendu, déplore Marie-Pier Bertrand, qui est infirmière clinicienne à l'Hôpital de Gatineau. On a beaucoup plus de problèmes au niveau [du] personnel qu'on en avait avant.

Malgré les promesses d'action du CISSS de l'Outaouais, les infirmières affirment que la pénurie de personnel persiste.

On coupe sur nos pauses, on coupe sur nos repas. [...] On les fait les soins. On s'assure qu'ils sont faits. C'est juste qu'on les fait sous une pression qui n'est pas humaine, soutient pour sa part Caroline Dufour, assistante-infirmière-chef à l'urgence à l'Hôpital de Gatineau.

Certaines refusent d'ailleurs de dénoncer des situations problématiques en raison d'un climat de représailles qui persiste au CISSS et de peur de recevoir des avis disciplinaires, ajoute Mme Bertrand.

Des impacts pour les patients

Dans ce contexte, il s'avère difficile, selon Mme Dufour, d'offrir tous les services aux patients.

Il y a un risque d'erreurs qui est là, passé 12 heures de travail en ligne. Ce qui arrive, c'est qu'on va faire les soins les plus urgents [...] puis il y a certains soins, malheureusement, qui ont plus rapport au bien-être qu'on n'a pas le temps de donner, explique-t-elle.

Les patients n'ont pas tout le temps avec les infirmières qu'ils devraient avoir.

Caroline Dufour, assistante-infirmière-chef

Du côté syndical, on met en doute la réponse du CISSS de l'Outaouais. Jérémie Grenier, agent syndical du Syndicat des professionnels en soins de l'Outaouais, ne voit pas les effets des solutions apportées par l'employeur.

Quand on va parler aux professionnels, on voit qu'ils sont désespérés et qu'ils savent plus quoi faire, fait-il valoir.

Le CISSS de l'Outaouais n'a pas souhaité accorder d'entrevue, mais a indiqué que des négociations avec les représentants syndicaux débuteront sous peu et qu'il sera question des conditions de travail du personnel infirmier.

Précision :

Une précédente version de ce texte attribuait à Marie-Pier Bertrand la citation sur le risque d'erreurs. C'est plutôt Caroline Dufour qui en est l'auteure.

Avec les informations de Florence Ngué-No

Ottawa-Gatineau

Établissement de santé