•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Assouplissement des règles d'immigration au Québec : un accueil favorable de l'industrie minière

Une mine vue du haut des airs.
La mine Beaufor, de Monarques Gold, à Val-d'Or Photo: gracieuseté Monarques Gold

L'assouplissement des règles d'immigration pour les travailleurs qualifiés annoncé par le gouvernement du Québec est bien accueilli au sein des acteurs de l'industrie minière de l'Abitibi-Témiscamingue. Mais s'ils saluent la volonté du ministère de l'Immigration de cibler les candidats en fonction des besoins socioéconomiques des régions aux prises avec la pénurie de main-d'oeuvre, certains observateurs de cette industrie jugent déjà qu'il y a lieu d'aller plus loin pour favoriser l'intégration à long terme des travailleurs étrangers.

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

« Nous allons pouvoir répondre à nos besoins. Nos besoins en main-d'oeuvre, nos besoins en région », martelait le ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, David Heurtel, lors de son annonce, qui correspondait avec l'entrée en vigueur des nouvelles règles, la semaine dernière. Cette volonté plaît à la directrice générale de l'Association d'exploration minière du Québec, Valérie Fillion.

Des travailleurs prêts à se mettre à l'ouvrage

Valérie FillionValérie Fillion Photo : Radio-Canada / Émélie Rivard-Boudreau

« À première vue, je pense aux équipementiers qui ont accès à des gens déjà formés, donc c'est intéressant parce que les personnes qui vont venir travailler ici sont déjà prêtes à l'emploi, fait-elle valoir . Tu n'as pas de délai de formation, tu peux avoir une mise à niveau, une mise à jour selon les équipements de ton entreprise, mais je pense que c'est positif. »

Elle croit d'ailleurs que les entrepreneurs miniers de la région déjà implantés à l'international ont une longueur d'avance, puisqu'ils ont accès à un bassin de travailleurs potentiels qui correspondent à leurs besoins. C'est le cas de Forage Orbit Garant, qui a pignon sur rue aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Afrique de l'Ouest.

« C'est un énorme progrès, comparativement à ce qui existait antérieurement et ça devrait nous permettre éventuellement d'avoir accès à de la main-d'oeuvre dans des secteurs d'activités courantes et non plus uniquement professionnelles », lance d'emblée le vice-président et chef de la direction financière de l'entreprise basée à Val-d'Or, Alain Laplante, citant en exemple les catégories d'emplois de foreurs ou d'aides-foreurs, en forte demande.

Stabilité de la main-d'oeuvre

« Jusqu'à maintenant, on était en mesure d'essayer de former des gens ici pour les envoyer travailler là-bas, exporter l'expertise que nous avons en région. Toutefois, la nouvelle réglementation va surtout nous permettre d'amener des gens ici et éventuellement de les garder ici », poursuit-il, indiquant du même souffle que l'entreprise a tenté l'expérience au cours des derniers mois pour évaluer la complexité de faire appel à ces travailleurs venus d'ailleurs, même sur de courtes périodes.

Constat de l'expérience? Des mesures d'intégration seront aussi nécessaires, estime Alain Laplante, qui dit privilégier la main-d'oeuvre locale, mais doit tout de même étudier d'autres pistes de solution pour parvenir à répondre à la demande qui demeurera soutenue selon lui, en raison des nombreux projets miniers en développement dans le secteur de Val-d'Or.

Travailler sur la rétention avant même l'arrivée des travailleurs

« On aime la stabilité de la main-d'oeuvre, donc évidemment on privilégie la main-d'oeuvre locale, mais à partir du moment où il n'y en a pas, on a une formation à donner aux gens qui arrivent ici pour les acclimater à nos façons de faire, aux coutumes locales, donc éventuellement on va peut-être privilégier les gens qui vont peut-être vouloir venir ici pour une plus longue période, relate Alain Laplante. C'est quelque chose qui demande beaucoup d'attention. On parle de formation, on parle de barrière de la langue. Mais il y a beaucoup de bonne volonté et je crois qu'à long terme, c'est quelque chose qui peut être très profitable pour la région. »

Il s'agit d'une opinion partagée par le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Rouyn-Noranda, Jean-Claude Loranger, qui dit tout de même adhérer aussi à l'idée de régionaliser l'immigration en fonction des besoins.

« Au-delà de donner la responsabilité aux régions de prendre en charge l'immigration, il va falloir qu'il y ait des mesures d'accompagnement, des mesures financières, plaide-t-il. Parce que c'est beau aller chercher des immigrants, mais ça prend des mesures d'accueil, des mesures d'intégration. Souvent, on minimise l'impact d'aller chercher des immigrants, mais ça va au-delà des besoins de main-d'oeuvre. »

Outre la langue, tous citent entre autres le logement, mais aussi l'accompagnement à travers le système de santé ou d'éducation par exemple, autant de mesures qui, disent-ils, sont susceptibles d'attirer les travailleurs en Abitibi-Témiscamingue, mais aussi leur famille.

Ottawa-Gatineau

Économie