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Trois arrestations à la suite d'une manifestation contre l’embourgeoisement dans Parc-Extension

Plusieurs dizaines de manifestants se sont rendues dans les locaux d'un promoteur immobilier pour dénoncer l'embourgeoisement de leur quartier.

Photo : Radio-Canada / Benoit Chapdelaine

Radio-Canada

Plusieurs dizaines de personnes ont forcé les portes d'un promoteur immobilier, jeudi, afin de dénoncer l'embourgeoisement dans le quartier Parc-Extension. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a été forcé d'intervenir et a procédé à l'arrestation de trois manifestants.

Ces militants sont entrés aux alentours de 14 h avec sifflets et banderoles dans les bureaux du Groupe BSR, situés dans le quartier de Côte-des-Neiges.

Ils manifestaient contre le projet de ce promoteur de transformer l’immeuble Plaza Hutchison, situé en face de la station de métro Parc, en appartements de luxe.

À l’origine, ce bâtiment était notamment occupé par des groupes communautaires.

Les employés et les manifestants se sont bousculés durant quelques minutes avant l’intervention des policiers, qui ont arrêté trois personnes.

« Pas le bienvenu », disent des manifestants

Ce controversé projet immobilier, qui a cependant eu les autorisations nécessaires de la part de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, est dénoncé depuis plusieurs mois par un groupe de citoyens.

Ce groupe avait organisé un rassemblement dans Parc-Extension, jeudi, vers midi, avant de se rendre dans les locaux du Groupe BSR.

Des personnes avec des banderoles

Les manifestants dénoncent la conversion du Plaza Hutchison en appartements de luxe.

Photo : Radio-Canada / Benoit Chapdelaine

« Ce type de développement n’est pas le bienvenu », a affirmé Amy Darwish, membre de ce comité intitulé Parc-Ex contre la gentrification, qui évoque une hausse des loyers pour les résidents voisins.

La gentrification est un processus violent. Ça déplace les gens, ça les sépare de leur communauté, de leur famille, de leurs amis. C’est très important de l’arrêter et de maintenir le logement abordable dans notre quartier.

Amy Darwish, une manifestante

Le promoteur a quant à lui dénoncé cette manifestation.

« On a fait tout ce qu’il fallait faire pour avoir le permis », s’est défendu Ron Basal, le directeur du Groupe BSR.

« On a eu le permis, on est prêt à commencer le projet. Ils sont venus sauvagement à notre bureau, ils ont commencé à casser des choses, a-t-il ajouté. Est-ce une façon de parler ou de négocier? Je n’ai jamais vu ça de ma vie. C’est honteux. »

Éviter des situations comme à New York ou Toronto

Pour Vincent Geloso, de l'Institut économique de Montréal, les groupes communautaires comme le FRAPRU, qui réclament des logements sociaux, ont de bonnes intentions, mais se trompent dans la manière d'aider les résidents des quartiers qui s'embourgeoisent.

« Ce serait mieux de laisser les choses se produire au fur et à mesure qu’elles se produisent et quand le jeu se termine, on aide directement les gens qui en ont besoin avec des transferts ciblés. », a-t-il expliqué en entrevue au Téléjournal Montréal.

Le chercheur affirme que le fait « d’intervenir en réduisant l’offre de logements ou en construisant certains types de logements ou en interdisant certains types de logements » a un effet pervers. Il cite en exemples les villes de San Francisco, New York, Toronto « où les réglementations découragent la construction d’unités de logement et font augmenter les loyers avec l'effet que cela rend ces villes uniquement accessibles aux gens riches ».

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