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Ottawa suspend l’expulsion d’un Saoudien après l’intervention de l’ONU

Des gardes se tiennent à l'extérieur des portes du centre de détention pour immigrants à Laval.

Des gardes se tiennent à l'extérieur des portes du centre de détention pour immigrants à Laval.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

Les autorités canadiennes se sont pliées, jeudi, à une requête d'un comité de l'ONU, qui leur avait demandé la veille de ne pas expulser un Saoudien vers son pays d'origine.

La Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada a pris la décision de libérer l'homme, que Radio-Canada surnomme Omar, sur recommandation de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), a précisé une de ses avocates, Chantal Ianniciello, en entrevue à CBC.

Radio-Canada tait le vrai nom de l'homme parce qu'il dit craindre que ses proches en Arabie saoudite ne soient victimes de représailles.

Omar devait être expulsé mercredi, mais le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a prié Ottawa de ne pas procéder afin que l'ONU puisse étudier son dossier.

Détenu à Laval depuis le 26 juillet en attendant son expulsion, il n'a finalement pas été expulsé mercredi, mais plutôt libéré sous conditions.

Omar doit notamment indiquer l’adresse de son domicile aux autorités et se présenter à un bureau de l'ASFC trois fois par an.

C’est comme si un ange était venu me dire : “Tu peux rester avec ta femme et tes enfants.” Le cauchemar a finalement disparu.

Omar, en entrevue à CBC

Omar était absent lors de l’audition. Il était hospitalisé en raison d’une maladie préexistante aggravée par le stress. Il devrait recevoir son congé de l’hôpital vendredi.

Un juge de la Cour fédérale avait donné, mardi, le feu vert à son expulsion. Dans sa décision, le magistrat Roger Lafrenière concluait que l’homme n'avait pas présenté de documents prouvant qu’il serait en danger s'il était renvoyé en Arabie saoudite.

Une demande inadmissible pour des raisons bureaucratiques

Arrivé au Canada en 2017 avec un visa étudiant, Omar a présenté une demande d'asile, mais l’a retirée pour retourner auprès de sa femme, qui avait entre-temps été arrêtée et détenue pendant trois jours par les autorités saoudiennes.

La famille a finalement rejoint les États-Unis, puis le Canada par le chemin Roxham au printemps dernier. Si la femme d'Omar et leurs deux enfants ont pu présenter une demande d'asile, celle de l'homme a été jugée inadmissible en raison de l’annulation de sa demande initiale.

Il pourrait demander un examen des risques avant renvoi lorsque cela fera un an que sa demande d’asile a été annulée.

Me Ianniciello a par ailleurs indiqué que l’équipe d’avocats défendant Omar est en attente d’une réponse des autorités quant à la possibilité de simplement rouvrir sa demande initiale.

La procédure pourrait prendre quelques semaines, voire quelques mois, explique l’avocate, qui se dit pour l’instant soulagée.

Craintes de représailles

En entrevue à CBC, Omar a soutenu avoir quitté l’Arabie saoudite après avoir été dénoncé par un collègue pour avoir critiqué au travail la guerre au Yémen.

Il dit craindre les représailles du gouvernement saoudien s’il retourne dans son pays.

Comme il est de confession chiite, il se dit aussi menacé de persécution religieuse dans une Arabie saoudite à majorité sunnite.

Le fait d’avoir pris la fuite vers l'un des pays avec lesquels Riyad a de « mauvaises relations » n’a rien pour le rassurer. Les récentes tensions diplomatiques entre le Canada et l'Arabie saoudite, où sont notamment emprisonnés le blogueur Raif Badawi et où a été récemment arrêtée sa sœur Samar Badawi, lui font craindre le pire.

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