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Le nouveau ministère de la Sécurité frontalière fait tiquer Amnistie internationale

Des migrants se rendent au Canada par le chemin Roxham alors que des agents de la GRC les attendent de l'autre côté de la frontière.
Amnistie internationale et d'autres groupes s'inquiètent de la nouvelle dénomination du ministère de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé Photo: Radio-Canada
La Presse canadienne

Des groupes de défense des réfugiés dénoncent l'amalgame qu'inspire le nom donné par le gouvernement Trudeau à un nouveau ministère.

Au remaniement ministériel du 18 juillet, Bill Blair est devenu ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé.

Amnistie internationale est parmi les signataires d'une lettre ouverte qui s'inquiètent de cette appellation.

L'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration (AQAAD), la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles, le Conseil ontarien des organismes de services aux immigrants (OCASI) et la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCR) sont les autres auteurs de la lettre envoyée à Justin Trudeau, mercredi.

Les groupes veulent rencontrer M. Trudeau ainsi que le ministre Blair afin de clarifier le rôle de ce nouveau ministère. Et ils demandent pourquoi confier à un même ministre des responsabilités liées aux migrations irrégulières et à la réduction de la criminalité.

Le fait d'avoir créé un nouveau ministère qui combine [ces] responsabilités [...] risque inéluctablement d'alimenter le discours très dangereux qui véhicule l'idée que les gens qui fuient pour sauver leur vie enfreignent la loi, voire qu'ils représentent une menace à la sécurité.

Les auteurs de la lettre ouverte

« Nous vous pressons de clarifier les raisons pour lesquelles ces différents mandats ont été combinés, et de vous affairer à garantir à la population que le gouvernement ne considère en aucune façon les migrations irrégulières en tant que telles comme une affaire criminelle ou une menace à la sécurité », réclament-ils.

Depuis l'été dernier, les entrées irrégulières, surtout par le chemin Roxham, de personnes en provenance des États-Unis réclamant le statut de réfugiés ont été qualifiées de crise par l'opposition conservatrice. Le gouvernement, lui, maintient qu'il s'agit d'un défi, qu'il a la situation bien en main et qu'il n'y a pas de crise.

« Vous devez sûrement comprendre pourquoi la nomination d'un nouveau ministre de la Sécurité frontalière et l'indication spécifique qu'il "sera le ministre responsable de l'immigration irrégulière" envoie le message contraire », fait remarquer la lettre ouverte.

Un nom qui « contribue à exacerber les peurs... »

Les groupes rappellent qu'ils s'étaient réjouis, à l'arrivée au pouvoir des libéraux en 2015, de voir le ministère de l'Immigration et de la Citoyenneté rebaptisé ministère de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.

Mais la création d'un ministère supplémentaire, le mois dernier, « ajoute à la confusion », selon eux. Et le choix du nom du nouveau ministère « contribue à exacerber les peurs, les conceptions erronées et les stéréotypes au sein du public ».

Lorsque Bill Blair a été nommé ministre le mois dernier, le communiqué publié par le gouvernement décrivait ainsi ses fonctions: « Il jouera un rôle important dans la coordination des efforts visant à réduire la violence liée aux armes à feu et à contrer le crime organisé. Le ministre Blair continuera de diriger le processus de légalisation et de réglementation stricte du cannabis. Il sera également le ministre responsable de la migration irrégulière ».

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