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La Ville de Gatineau pourrait assouplir ses nouvelles règles sur les encombrants

Maude Marquis-Bissonnette répond aux questions d'une journaliste.
La conseillère de la Ville de Gatineau pour le district du Plateau, Maude Marquis-Bissonnette. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Devant le tollé soulevé par les nouvelles restrictions touchant les déchets encombrants, la présidente de la Commission sur le développement du territoire, l'habitation et l'environnement de la Ville de Gatineau se dit prête à faire certains ajustements au plan de gestion des matières résiduelles de la Municipalité.

Maude Marquis-Bissonnette indique que la Ville est ouverte à certains des changements que réclament haut et fort des citoyens, des commerçants et des organismes communautaires.

Elle reconnaît qu'il faut notamment s'attaquer au problème du « dumping », c'est-à-dire que des gens abandonnent des déchets encombrants — matelas, meubles, électroménagers — ou les déchets issus de travaux de rénovation ou de construction sur des terrains publics ou privés qui ne leur appartiennent pas.

C'est que la nouvelle réglementation municipale interdit de mettre les déchets encombrants aux ordures en bordure de la rue. Les résidents doivent attendre une des quatre collectes spéciales annuelles ou se rendre directement au centre de transbordement pour s'en débarrasser, avec frais.

Mme Marquis-Bissonnette, qui est conseillère du district du Plateau, dit être favorable à l'idée d'éliminer ces frais et de permettre aux citoyens de se départir gratuitement d'objets comme des matelas et des sofas au centre de transbordement.

On s’est fait domper la dompe

La directrice générale de l'organisme Mon Chez Nous, qui offre et gère des logements avec du soutien communautaire, estime que la Ville a pelleté le problème des matières résiduelles dans sa cour.

Diane Tremblay explique que son organisme doit maintenant gérer lui-même les déchets encombrants de ses locataires, ce qui n'était pas prévu dans son budget.

Dans nos immeubles communautaires, les gens n'ont pas les moyens non plus de dire : ''Je vais me louer un camion'' [pour se débarrasser de leurs encombrants, lance-t-elle.

Et c'est sans compter le risque que des voisins peu scrupuleux déposent leurs affaires sur les terrains de Mon Chez Nous.

On va se retrouver aussi à payer pour des biens que les gens ont laissés sur nos propriétés.

Diane Tremblay, directrice générale de Mon Chez Nous

Mme Tremblay indique qu'elle a l'impression que l’impact des nouvelles mesures en matière de gestion des matières résiduelles n’a pas été mesuré en amont par la Ville.

Il n’y a pas de mesure, pas de prévention qui a été faite pour dire : ''On ne les prendra pas chez vous'' et ''Non, les organismes communautaires ne sont pas devenus nos vidangeurs'', fait-elle valoir.

C’est comme si on n’était pas vraiment prêts

Le secrétaire-trésorier du comptoir de la Société Saint-Vincent-de-Paul de Hull, Germain Mathieu, est du même avis. Depuis l’avènement de la nouvelle politique, des gens déposent leurs déchets encombrants dans les boîtes de collecte de dons de son organisme ou autour de celles-ci.

Nous sommes devenus, la Saint-Vincent-de-Paul, malheureusement, les éboueurs de la Ville de Gatineau.

Germain Mathieu, secrétaire-trésorier du comptoir de la Société Saint-Vincent-de-Paul de Hull

M. Mathieu explique que l’organisme doit faire la collecte de ces déchets, qui ne sont visiblement pas des dons, sans quoi la Ville pourrait lui retirer ses boîtes.

Ce qui est recyclable est recyclé par la Société Saint-Vincent-de-Paul, mais elle doit se débarrasser, à ses frais, des encombrants abandonnés au centre de transbordement de Gatineau.

Germain Mathieu répond aux questions d'une journaliste.Germain Mathieu, secrétaire-trésorier du comptoir de la Société Saint-Vincent-de-Paul de Hull. Photo : Radio-Canada

M. Mathieu demande à ce que la Société Saint-Vincent-de-Paul soit exemptée du tarif du centre de transbordement, qui est de 125 $ par tonne pour les organismes à but non lucratif.

Il demande de surcroît que la Ville de Gatineau verse une compensation à l’organisme en raison des frais encourus pour se débarrasser des encombrants abandonnés sur ses terrains.

Une conseillère demande une réunion spéciale du conseil

Pour sa part, la conseillère municipale et mairesse suppléante de Gatineau, Louise Boudrias, demande que l'ensemble du conseil puisse se réunir le 23 août prochain afin de discuter de la question des matières résiduelles, puisque, selon elle, la séance régulière prévue le 28 août est déjà très chargée.

C’est de pire en pire. Ça ne s’améliore pas. On est aux prises avec des citoyens et des entreprises qui reçoivent des constats d’infraction ou des avis d’infraction. On demande à ces gens-là, à titre d’exemple, de mettre les poubelles à l’intérieur, ce qui est impossible, soutient Mme Boudrias.

Louise Boudrias répond aux questions d'une journaliste. La mairesse suppléante de la Ville de Gatineau, Louise Boudrias. Photo : Radio-Canada

Ça prend un conseil pour qu’on puisse avoir un état de la situation de nos services.

Louise Boudrias, mairesse suppléante de la Ville de Gatineau

Mme Boudrias ne souhaite pas que la Ville annule ou renverse son plan de gestion des matières résiduelles, mais plutôt que Gatineau s'adapte.

Il faut donner des moyens aux citoyens pour se débarrasser des encombrants, souligne-t-elle.

Par ailleurs, le conseiller du district de Manoir-des-Trembles–Val-Tétreau, Jocelyn Blondin, dit avoir écrit au maire Maxime Pedneaud-Jobin pour que la réglementation soit assouplie et que des collectes des déchets encombrants aient lieu mensuellement.

Avec les informations de Nathalie Tremblay

Ottawa-Gatineau

Politique municipale