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Des consommateurs de cannabis avouent avoir conduit après avoir fumé

Du cannabis

Photo : Radio-Canada / Pascal Coudé

Radio-Canada

À deux mois de la légalisation du cannabis, une nouvelle étude de Statistique Canada révèle qu'un consommateur de cannabis sur sept a admis avoir pris le volant moins de deux heures après en avoir consommé.

L'étude, qui a été menée au cours du deuxième trimestre 2018, indique que les hommes (17,6 %) étaient plus susceptibles que les femmes (9,5 %) d'avoir conduit dans ces conditions.

Elle note aussi que les personnes prenant du cannabis au quotidien ou presque étaient plus portées à prendre le volant moins de deux heures après leur consommation (27 %) que les consommateurs occasionnels (6 %).

Statistique Canada ajoute que 1,4 million de Canadiens âgés de 15 ans et plus ont indiqué avoir été dans un véhicule conduit par une personne ayant consommé du cannabis au cours des deux heures précédentes.

« Tandis que la probabilité qu'une personne déclare cette activité ne variait pas selon le sexe, elle variait selon l'âge », peut-on lire d'ailleurs dans le rapport. Près de 10 % des adolescents et jeunes adultes sondés ont répondu avoir été des passagers dans cette situation, contre environ 5 % des adultes de 25 ans et plus.

Statistique Canada souligne également que le nombre d'accidents dans lesquels le conducteur avait consommé a plus que doublé de 2009 à 2017.

Les scientifiques ne s'entendent par ailleurs pas quant à l'intervalle de temps nécessaire pour qu'un conducteur puisse prendre le volant en toute sécurité après avoir consommé du cannabis. En 2017, certains experts ont recommandé d'attendre au moins six heures.

Drogue au volant et légalisation du cannabis

La légalisation du cannabis à usage récréatif entrera en vigueur le 17 octobre prochain.

En vue de cette date, les provinces et le fédéral ont notamment adopté ou modifié des lois afin de mieux encadrer la conduite sous l'effet de la drogue.

Des campagnes d'information ont également fait leur apparition au cours des derniers mois afin de sensibiliser la population au problème de la drogue au volant.

Le fédéral prévient d'ailleurs que les messages de prévention se feront plus nombreux. « Pas seulement au cours de la période suivant la légalisation, mais plutôt à long terme », a précisé le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale.

M. Goodale a également souligné que les statistiques ne font que confirmer que la drogue au volant est un problème répandu qui n’est pas apparu après la décision du gouvernement de légaliser le cannabis. « Le problème existe déjà. Conduire avec les capacités affaiblies est une infraction au Code criminel canadien depuis 1925. Les approches que nous avons adoptées au cours des dernières années, qui privilégiaient la prohibition totale n’ont pas fonctionné, de toute évidence », a-t-il soutenu.

Dépenser 250 $ en trois mois pour du cannabis

Près d’un million de Canadiens ont aussi affirmé avoir déboursé 250 $ en trois mois pour se procurer du cannabis, selon l'étude de Statistique Canada.

Parmi les consommateurs de cannabis sondés, 21 % ont dit avoir dépensé jusqu'à 250 $ pour cette drogue. Ce même pourcentage représente aussi ceux qui ont dépensé plus de 250 $. Les personnes étudiées ayant payé 100 $ et moins constituent quant à elles le quart des répondants et celles n'ayant rien versé, le tiers.

Les Canadiens qui consomment fréquemment du cannabis sont d'ailleurs plus susceptibles de débourser davantage pour s'en procurer. Ceux dont la consommation est peu fréquente ont tendance à ne rien payer. À l'inverse, ceux dont l'usage est quotidien ou presque sont plus probables de débourser plus de 250 $ en trois mois.

Les pourcentages de dépenses ont par ailleurs légèrement changé par rapport au premier trimestre 2018. Par exemple, 14 % des sujets étudiés avaient affirmé débourser jusqu'à 250 $ en cannabis, alors qu'ils étaient 21 % au second trimestre. La catégorie de consommateurs ayant dit dépenser moins de 100 $ et celle déclarant payer plus de 250 $ ont aussi diminué d'environ 5 %.

Conduite dangereuse

Société