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Une formation spécialisée en santé mentale pour les futures infirmières diplômées de l'UQAT

Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT).
Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) Photo: Radio-Canada / Guillaume Rivest
Radio-Canada

La maîtrise en soins infirmiers de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) ajoute une corde à son arc avec l'offre d'une nouvelle formation d'infirmières praticiennes spécialisées en santé mentale. L'arrivée de ces nouvelles « superinfirmières » au sein du réseau, qui aura lieu vers la fin de 2019, devrait d'ailleurs constituer une bouffée d'air frais, puisque les équipes de psychiatrie et de santé mentale manquent présentement d'effectifs.

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

Depuis près d'une dizaine d'années déjà, l'UQAT forme des infirmières praticiennes spécialisées. Le recteur Denis Martel se réjouit cependant de pouvoir ajouter la spécialisation en santé mentale aux formations données dans la région.

On est très contents, c'était inscrit dans le budget provincial, mais on a la confirmation qu'on pourra effectivement développer deux nouvelles cohortes, cette année et l'an prochain, pour former des infirmières spécialisées de première ligne et des infirmières praticiennes spécialisées en santé mentale, indique-t-il. Santé mentale est plus nouveau pour nous, donc ça c'est extrêmement intéressant comme développement dans ce secteur-là.

La responsable de ces programmes de deuxième cycle, Sylvie Cardinal, précise que l'entrée en vigueur, en mars dernier, de nouvelles règles établies avec l'Ordre des médecins permettra d'élargir le champ d'exercice des infirmières praticiennes spécialisées en santé mentale.

Accessibilité des services accrue

Elles vont pouvoir évaluer les troubles mentaux, donc faire le diagnostic, de savoir si le patient a un burn-out, une dépression, un trouble de déficit de l'attention et assurer le suivi, illustre Mme Cardinal, en précisant que les nouvelles règles leur permettront aussi de prescrire des médicaments. C'est un rôle qui va aider à la prévention, la promotion, le suivi et à augmenter l'accessibilité des gens [aux services] de santé mentale.

La directrice adjointe à la Direction des soins infirmiers du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT), Lise Langlois, est d'accord quant à l'accessibilité des services pour la population. Elle ajoute que ces nouveaux bras pourront prêter main-forte aux autres professionnels qui oeuvrent en santé mentale.

C'est vraiment un plus au niveau de ces ressources-là qui vont pouvoir [pallier] un manque de ressources qu'on retrouve sur l'ensemble du territoire, indique Mme Langlois. Elles vont pouvoir oeuvrer au sein de la clientèle de tous âges, enfants, adolescents, adultes, personnes âgées présentant un trouble de santé mentale en période aiguë ou en période de suivi. [C'est] de l'aide pour mieux servir la population, tant au niveau des suivis que l'accès à des soins spécialisés.

Collaboration avec les médecins

Elle s'appuie aussi sur l'expérience des 14 infirmières praticiennes spécialisées en première ligne qui oeuvrent déjà au sein des groupes de médecine familiale de la région pour affirmer que l'intégration de leurs futures collègues spécialisées en santé mentale devra se faire en douceur. C'est sûr que, lorsqu'on est pionniers dans une démarche de développer des nouveaux services, il faut être vraiment à l'écoute et travailler en collaboration, fait-elle valoir. Actuellement, nos infirmières praticiennes se retrouvent dans le GMF de l'ensemble de l'Abitibi-Témiscamingue depuis une dizaine d'années, et la collaboration est excellente avec les médecins généralistes et les médecins spécialistes.

Le psychiatre de Rouyn-Noranda Guillaume Barbès-Morin voit aussi l'arrivée de ces nouvelles venues au sein de l'équipe de soins comme une valeur ajoutée, puisque son département fonctionne dans un état de sous-effectifs quand même assez important. Il insiste pour dire qu'elles ne remplaceront pas les services fournis par les psychiatres, mais qu'elles devront trouver leur place au sein de l'équipe de soins.

Imaginez un chirurgien dans un hôpital qui arrive où il n'y aurait pas de bloc opératoire fonctionnel, pas d'infirmières spécialisées en chirurgie, pas d'inhalothérapeutes, pas d'anesthésiste. Ce chirurgien-là ne servirait pas à grand-chose dans l'hôpital, ou à tout le moins ses qualités ne seraient pas utilisées de façon optimale, illustre-t-il. En psychiatrie, en santé mentale, c'est la même chose. On est formés pour travailler avec des psychologues, des infirmières en psychiatrie, éventuellement des infirmières spécialisées en santé mentale, mais aussi des ergothérapeutes, des travailleurs sociaux, etc. C'est le travail d'équipe [qui permet d'offrir] la meilleure qualité et la quantité des services donnés à la clientèle.

Il va y avoir une période d'ajustement et, pour l'instant, ça m'aparaît difficile de déterminer précisément quel sera leur type de rôle au niveau des équipes en place. Ça va se faire au fil du temps; ça va être très intéressant.

Dr Guillaume Barbès-Morin

Répartition géographique à déterminer

Même s'il demeure optimiste, celui qui a participé à l'élaboration des nouvelles règles qui encadrent la pratique des infirmières spécialisées à titre de secrétaire de l'Association des médecins psychiatres du Québec apporte cependant un bémol pour ce qui est de l'utilisation de ces nouvelles ressources.

Ça va donner un peu d'air frais dans des équipes qui sont mises à mal depuis quelques années, poursuit-il. Ces infirmières-là, on les attend avec enthousiasme. Ce qu'il reste à voir, c'est comment on va pouvoir organiser leur répartition et leur travail de façon à améliorer l'accès aux services, surtout dans une région comme la nôtre qui est quand même très [étendue] au niveau géographique. Ça va être un enjeu de taille, mais ça va être très intéressant de réussir à bien faire ça.

Comment ça va fonctionner, c'est que la direction des soins infirmiers avec la direction de la santé mentale du CISSS-AT [et] avec les psychiatres, nous allons vraiment nous asseoir ensemble et voir comment seront réparties les ressources sur l'ensemble du territoire, ajoute Lise Langlois. Parce qu'on sait qu'il y a des besoins sur l'ensemble du territoire.

Les cinq premières infirmières spécialisées en santé mentale vont commencer leur stage de 864 heures à compter de mai 2019. Elles devraient donc être diplômées en décembre 2019 et être prêtes à intégrer le marché du travail à compter de 2020.

Abitibi–Témiscamingue

Santé physique et mentale