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Mort de Paul Gérin-Lajoie : Guy Rocher se souvient d’« un révolutionnaire pacifique »

Revenant sur l'œuvre de Paul Gérin-Lajoie , M. Rocher parle d'un grand humaniste qui a marqué l'histoire du Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que l'on s'apprête à conduire Paul Gérin-Lajoie à son dernier repos, le sociologue Guy Rocher, qui l'a côtoyé pendant 70 ans, évoque « sa constance dans la foi en l'éducation ».

Le premier ministre de l'Éducation du Québec a été un acteur clé de la Révolution tranquille.

Revenant sur l'œuvre du défunt, M. Rocher parle d'un grand humaniste qui a marqué l'histoire du Québec.

Un révolutionnaire pacifique et ordonné.

Guy Rocher, sociologue, en parlant de Paul Gérin-Lajoie

En entrevue à Radio-Canada, M. Rocher se rappelle un homme qui avait des idéaux et des principes, qui avait « un grand sens de la justice sociale ».

Il a transformé le Québec par le système d’éducation, ajoute le sociologue. « Dès 1960, Paul Gérin-Lajoie a bien compris que la grande majorité des Québécois de langue française n’avaient pas fait plus que l’école primaire », ce qui était dangereux pour l’économie du Québec et il fallait agir rapidement.

Paul Gérin-Lajoie en 2013Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Paul Gérin-Lajoie reçoit le prix Georges-Émile-Lapalme 2013.

Photo : La Presse canadienne / PC/Jacques Boissinot

Dès 1962, Paul Gérin-Lajoie a ouvert l’enseignement secondaire à tout le monde et créé des commissions scolaires régionales qui ont donné « des écoles secondaires publiques gratuites ».

« Cela a permis à de jeunes filles et des garçons de s’instruire », insiste Guy Rocher.

« Cela a favorisé des garçons de milieux défavorisés qui n’auraient pas connu l’université, mais cela a surtout favorisé les filles », précise celui qui a notamment été sous-ministre au développement culturel de 1977 à 1979.

« Cela n’a pas été facile »

La création du ministère de l’Éducation n’a pas été simple. Il y avait des obstacles chez les catholiques, explique M. Rocher.

En créant le ministère de l’Éducation, « on mettait dehors tous les évêques qui avaient l’autorité sur le système public ».

À partir de ce moment-là, l’État québécois investissait financièrement dans l’éducation.

Guy Rocher

« On en venait à accepter l’idée de la gratuité jusqu’à l’université », ajoute l'universitaire.

Paul Gérin-Lajoie sur la scène internationale

L’Agence canadienne de développement internationale a été une étape très importante dans la vie de Paul Gérin-Lajoie. C’est à ce moment-là qu’il est entré sur la scène internationale, qu’il a pris conscience du problème de l’éducation dans le monde, ajoute le sociologue.

Sa fondation est venue par la suite poursuivre le travail avec une grande liberté pour aider les institutions scolaires dans divers pays, particulièrement en Afrique.

S’il avait une hantise, c’était celle des talents qui ne se développaient pas.

Guy Rocher

« Pour moi, Paul Gérin-Lajoie est identifié à l’idée que l’éducation est une priorité nationale », conclut M. Rocher.

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