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Les partis provinciaux croisent le fer dans un débat sur la santé

Les porte-parole des quatre grands partis provinciaux en santé assis derrière des tables avec des micros devant eux. C'est Amir Khadir qui parle au moment du cliché.
Les porte-parole des quatre grands partis provinciaux en santé lors du débat organisé par la Fédération médicale étudiante du Québec. Photo: Faculté de médecine de l'Université de Montréal (Instagram)
La Presse canadienne

Un débat réunissant le ministre de la Santé Gaétan Barrette et les porte-parole en santé des autres formations politiques québécoises a donné un aperçu des sujets qui seraient abordés en campagne électorale, notamment la rémunération des médecins spécialistes et le temps d'attente aux urgences.

En plus du ministre libéral, ont aussi participé à la joute, mercredi, Diane Lamarre du Parti québécois (PQ), François Paradis de la Coalition avenir Québec (CAQ) et Amir Khadir de Québec solidaire (QS).

Le débat a été organisé par la Fédération médicale étudiante du Québec, qui regroupe les futurs médecins de la province. Les questions avaient été proposées par des étudiants, et la joute s'est déroulée sous un format serré, avec de très courtes périodes de réponse. Plusieurs dizaines d'étudiants s'étaient déplacés à l'Université de Montréal pour l'événement et d'autres suivaient le débat sur la page Facebook de la Fédération.

Appelés à discuter de la rémunération des médecins spécialistes, « qui a contribué à la grogne de la population », a déclaré le modérateur du débat, le PQ, la CAQ et QS se sont engagés à revoir le mode de rémunération des médecins.

On a payé 1 milliard de dollars de trop aux médecins spécialistes, a soutenu François Paradis. « On s'est engagés à rouvrir l'entente, a dit le député caquiste, et à redistribuer l'argent ailleurs dans le système de santé. »

Mme Lamarre a parlé d'un temps d'arrêt nécessaire, car cet argent est requis pour les soins à domicile, notamment. « Il faut déterminer comment utiliser le mieux cet argent », a jugé la députée péquiste.

Si les médecins ne sont pas heureux avec un salaire de 300 000 $, ils ne le seront pas plus avec 400 000 $, a déclaré le député de QS Amir Khadir. Sa formation politique remet en question la rémunération à l'acte des médecins. Il s'agit d'un modèle dépassé, selon M. Khadir, lui-même médecin spécialiste. Il utiliserait l'argent notamment pour remettre les CLSC à flot.

Quant au temps d'attente dans les urgences québécoises, la CAQ avait promis plus tôt cette année de le limiter à 90 minutes.

M. Paradis a expliqué lors du débat que la première ligne en santé doit être renforcée, pour diminuer les visites aux urgences. Car la congestion existe parce que les citoyens n'ont pas réussi à avoir un médecin de famille et, s'ils en ont un, n'ont pas réussi à le voir dans un délai raisonnable.

Investir dans les soins à domicile

La députée Diane Lamarre a insisté sur la nécessité d'investir dans les soins à domicile, appelés à devenir de plus en plus importants avec le vieillissement de la population, ce qui délesterait les urgences. Il s'agit là d'une proposition phare de la plateforme péquiste.

Le ministre de la Santé a raillé la proposition de 90 minutes de la CAQ, la jugeant « simpliste et populiste ». Il croit que les gens iront encore plus aux urgences avec une telle promesse.

« C'est une promesse irréalisable. Il n'y a personne au Québec qui croit à cela », a lancé M. Barrette.

En santé, a-t-il expliqué, les problèmes ne se règlent pas en agissant à un seul endroit à la fois. Il parle de solutions plus globales. Et puis, selon lui, cela prend deux mandats pour réaliser pleinement sa réforme en santé, dit-il.

Le nombre de Québécois avec un médecin de famille a augmenté sous la gouverne libérale, a ajouté le ministre.

Il n'y a pas de solution magique pour réduire les temps d'attente, a souligné M. Khadir. Il désigne comme coupables les années d'austérité imposées aux Québécois, au cours desquelles les dépenses en santé n'ont pas augmenté de pair avec la population. En conséquence de cela, il manque de personnel dans les hôpitaux, a-t-il fait valoir, ajoutant que « ce n'est pas compliqué ».

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