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Un nouveau procès pour les amants accusés de complot, dit la Cour d'appel

moitié droite : Un homme au visage grave, avec lunettes et veste en cuir. 
moitié gauche : une femme au visage grave descend des escaliers.
La demande d'appel Curtis Vey et Angela Nicholson a été entendue. Photo: Radio-Canada / Dan Zakreski

Curtis Vey et Angela Nicholson, qui avaient été reconnus coupables de complot en vue de commettre un meurtre, en 2016, auront droit à un nouveau procès à la suite d'une décision de la Cour d'appel de la Saskatchewan. La juge Georgina Jackson s'est basée sur deux points pour justifier sa décision.

L'affaire remonte à l'été 2013. M. Vey et Mme Nicholson auraient voulu tuer leurs conjoints respectifs. C'est en décembre 2017 que tous deux ont interjeté appel du verdict de culpabilité. À la fin du procès devant jury, ils avaient obtenu une peine de trois ans de prison. La peine avait été suspendue en raison de la demande d'appel.

Dans la décision annoncée mercredi, la juge explique que le juge de première instance n'a pas indiqué clairement au jury qu'il devait être convaincu, hors de tout doute raisonnable, de la culpabilité des accusés. La décision souligne également que la notion de complot doit s'appliquer à au moins deux personnes qui ont l'intention de commettre un crime.

Les deux condamnations de complot sont donc mises de côté. La Couronne peut porter le cas à la Cour suprême du Canada, intenter un nouveau procès ou abandonner le dossier.

[Ma cliente] a ce nuage suspendu au-dessus d’elle depuis maintenant quatre ans.

Ron Piche, avocat d'Angela Nicholson

L’avocat d'Angela Nicholson espère que l’affaire sera close et dit qu’il lui a semblé que sa cliente n’avait pas encore réalisé l’importance de la décision du juge d’appel quand il lui a parlé, mercredi. L’avocat de Curtis Vey n’a, quant à lui, pas voulu commenter la réaction de son client, mais a dit que la décision lui donnait satisfaction.

Les amants dénoncés par leur victime potentielle

En 2013, la femme de Curtis Vey avait enregistré son mari à son insu, à l'aide d'un iPod, en pleine discussion avec sa maîtresse, Angela Nicholson. Elle avait ensuite confié à la police cet enregistrement des deux amants évoquant son meurtre et celui du mari trompé.

La discussion permet d'entendre que le plan aurait été associé à l’incendie d'une maison à partir d’un incendie de graisse. Cet incendie devait mettre fin aux jours de la femme de Curtis Vey. Sur l’enregistrement, Angela Nicholson s’inquiétait du fait que des gens pourraient voir le feu depuis l’autoroute. Elle évoquait ensuite la possibilité de mettre de l’huile sur la cuisinière pour aider ce qui devait être un incendie de graisse.

Sur le fichier audio, le couple planifiait aussi de droguer le mari d’Angela Nicholson et de le faire disparaître.

Curtis Vey et Angela Nicholson ont tous deux maintenu ne jamais avoir eu l’intention de passer à l’acte. Dans une conversation avec un agent en mode d'infiltration, Curtis Vey a affirmé qu’il avait parlé de meurtre parce qu’il était frustré par la surveillance de sa femme et contrarié que ses enfants se soient rangés de son côté. Cette idée se retrouve dans la décision de la Cour d'appel de mercredi. La juge Georgina Jackson a mentionné que Curtis Vey « allait donner une leçon à sa femme et ses enfants, mais que ça s’est retourné contre lui ».

De plus, l’avocat d’Angela Nicholson précise qu'une bonne partie de la demande d'appel se basait sur les directives données au jury et sur les erreurs possibles du juge de première instance. L'avocat Ron Piché a affirmé que le juge n'aurait pas expliqué correctement aux jurés qu'ils pouvaient conclure que la discussion enregistrée était juste une « plaisanterie de mauvais goût ».

L’avocat de Mme Nicholson ajoute que les amants ne sont plus ensemble. Curtis Vey vivait à Wakaw, et Angela Nicholson, à Melfort, deux communautés au nord-est de Saskatoon.

Rectificatif : une version précédente indiquait que les deux accusés avaient été reconnus coupables de planifier ensemble la mort de leurs amants respectifs en 2013.

Saskatchewan

Procès et poursuites