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Les sacs à compostage nuisent plus qu'ils n'aident

Le reportage de Mathieu Prost
Radio-Canada

Quand vous avez reçu votre bac brun pour le compostage, il y avait bien souvent quelques sacs en plastique dits compostables pour vous inciter à participer. Le problème, c'est que ces sacs compliquent la tâche de composter ce qu'ils contiennent.

Un texte de Mathieu Prost

Une partie des résidus alimentaires qui restent enfermés dans ces sacs ne sont donc jamais transformés en compost.

Un résident de l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie pense avoir trouvé une technique efficace pour faire son compost. « Quand on va chez Maxi, on prend les sacs pour les légumes et on s'en sert pour composter », dit-il.

Un peu plus bas dans sa rue, une mère de famille suit une autre routine. « On met les résidus dans un bac, on met un sac en plastique, que j'achète chez Jean Coutu. C’est compostable, donc c’est correct pour l’écologie, pour l’environnement », explique la dame.

En fait, non, ce n’est pas si correct.

Un camion décharge des sacs et résidus compostables.Un camion décharge des sacs et résidus compostables. Photo : Radio-Canada

Les restes de table des Montréalais sont envoyés principalement au Dépôt Rive-Nord, à Saint-Thomas, un site de l’entreprise EBI. Son directeur, Gilles Denis, explique que « les sacs, il faut les enlever au maximum le lendemain de leur arrivée [là-bas] ». « En une journée, le sac, il ne s’est pas composté, il se ramasse à l’enfouissement, au rejet », poursuit M. Denis.

Une première machine passe dans l’andain pour éventrer les sacs. Puis vient le tamisage.

C’est à cette étape qu’on sépare la matière putrescible, qui deviendra du compost, des autres matières. Et les sacs de plastique, compostables ou non, se retrouvent côté déchets. Parfois avec leur contenu.

Les sacs utilisés pour le compostage compliquent la tâche des transformateurs.Les sacs destinés au compostage nuisent plus qu'ils aident à l'opération. Photo : Radio-Canada

« Ça peut être 90 % de beau matériel », précise M. Denis quand on lui demande de quantifier la part des bacs bruns qui contient une matière compostable. « Mais parfois, on va frapper un mauvais voyage, ça peut être 60 % de beau matériel et 40 % de rejet. »

L’entreprise fait porter le blâme aux politiques municipales puisque pour faciliter l’adoption du bac brun, des échantillons de sacs compostables étaient fournis.

Jean-François Parenteau, responsable de l’environnement au comité exécutif de Montréal, n’exclut pas de revoir les façons de faire. « Avec le sac, les gens sont plus à même de changer les habitudes, explique l'élu montréalais. Mais peut-être qu’on pourrait les enlever tout simplement, parce qu’on peut le faire autrement. »

Ce « autrement » consiste en fait à placer les résidus directement dans le bac ou dans du papier, qui se dégrade beaucoup plus rapidement que les sacs.

D’ici 2021, Montréal doit commencer à produire son propre compost dans des installations toutes neuves, avec récupération des gaz par biométhanisation. Les appels d’offres sont terminés, les premiers résultats doivent être dévoilés au cours des prochains mois.

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