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Le pesticide utilisé par Hydro One sème l'inquiétude

Protection avant l'épandage de pesticides.
Protection avant l'épandage de pesticides Photo: iStock
Radio-Canada

Une pétition demandant l'interdiction de l'herbicide Garlon dans la municipalité de Central Manitoulin a déjà été signée par plus de 300 personnes sur les 1900 que compte cette petite collectivité du Nord de l'Ontario.

Un texte de Justine Cohendet

Nous devons nous débarrasser des pesticides dont nous n’avons pas besoin, lance Petra Wall, à l’origine de la pétition.

Mme Wall espère obtenir environ 500 signatures d’ici la fin du mois d’août afin de convaincre le gouvernement provincial de « redonner aux municipalités le pouvoir d’interdire ou de limiter l’usage des pesticides utilisés par les fournisseurs d’électricité ».

Employé pour tuer les mauvaises herbes et les plantes indésirables, le triclopyr, dont le nom commercial est le Garlon, est utilisé par les fournisseurs d’électricité comme Hydro One.

Les inquiétudes de Mme Wall se sont manifestées il y a cinq ans. Elle se souvient avoir a vu des agents d’Hydro One utiliser l’herbicide contre des plantes et de la végétation à la fin de septembre 2013.

J’avais alors écrit une lettre en disant qu’il était un peu tard [dans la saison] pour utiliser cet herbicide. [...] J’ai aussi expliqué que nous n’avions pas été mis au courant de son utilisation.

Petra Wall, à l'origine de la pétition

Depuis 2002, trois autres municipalités du district de Manitoulin ont interdit l’utilisation des pesticides par les fournisseurs d’électricité, dont le Garlon.

Dangereux pour la santé ?

Élyse Caron-Beaudoin, stagiaire postdoctorale à l'École de santé publique de l'Université de Montréal, explique que peu d’études ont été réalisées sur le triclopyr.

Au début des années 2000, une étude effectuée au Québec a mesuré la toxicité de cet herbicide chez les travailleurs responsables de son épandage, explique-t-elle.

Selon la postdoctorante, les concentrations retrouvées chez ces travailleurs indiquaient « un certain risque pour la santé », puisqu’elles étaient au-dessus de la dose journalière admissible, laquelle correspond à la quantité maximale que l’on peut ingérer sans risque pour la santé.

Mais le véritable danger du triclopyr pourrait venir de sa transformation en d’autres molécules, au contact de l’environnement ou d’autres organismes vivants.

Le triclopyr se dégrade en plusieurs métabolites, dont le principal est le trichloropyridinol ou TCP, un métabolite très persistant dans le sol et dans les écosystèmes aquatiques.

Élyse Caron-Beaudoin, stagiaire postdoctorale à l'École de santé publique de l'Université de Montréal

Élyse Caron-Beaudoin rapporte que plusieurs études effectuées sur des animaux ont démontré « une certaine toxicité du TCP, notamment des dommages au niveau de l’ADN, de certains gènes et des effets sur le développement foetal de certains animaux ».

Il est toutefois difficile de dire si le triclopyr comporte un risque pour la santé humaine, explique la postdoctorante. Les concentrations que l’on va utiliser dans les modèles animaux sont parfois beaucoup plus élevées que les concentrations auxquelles les humains sont exposés,précise-t-elle.

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