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L'utilisation des médecins dépanneurs est en forte hausse en Abitibi-Témiscamingue

La réflexion au sujet de la privatisation partielle des soins de santé est amorcée depuis une vingtaine d'années au pays.
Le CISSS-AT fait de plus en plus appel à des médecins dépanneurs. (Archives) Photo: iStock / Romolo Tavani
Radio-Canada

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) a fait appel à deux fois plus de médecins dépanneurs en 2017-2018 que l'année précédente.

Un texte de Jean-Marc Belzile

Ils sont 112 à avoir travaillé dans la région lors de la dernière année, comparativement à 53 en 2016-2017.

Une situation qui augmente les dépenses du CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue.

Le Témiscamingue, le plus problématique

Le Témiscamingue est l'endroit le plus problématique, avec une hausse de 600 % du nombre de médecins dépanneurs.

Le recours à des médecins dépanneurs au Témiscamingue est passé de 10 en 2016-2017 à 59 en 2017-2018.

À Ville-Marie, ce chiffre est passé de 9 à 36.

Selon le médecin à la retraite Paul-Émile Barbeau, il y a pourtant suffisamment de médecins dans cette ville pour répondre à la demande.

Paul-Émile Barbeau nous montre le site web temiscamingue.org.Paul-Émile Barbeau, médecin à la retraite (archives) Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Si, au lieu d'appliquer des règlements à l'aveuglette, on leur disait : "Pouvez-vous nous donner une solution pour être certains que tout est couvert – urgence, hospitalisation, obstétrique et la prise en charge des patients?", moi, je suis convaincu qu'avec le nombre de médecins qu'il y a à Ville-Marie, ils seraient capables de trouver une solution adéquate pour ça, affirme-t-il.

Selon lui, le problème est que les décisions se prennent sans aucune consultation.

C'est difficile pour les gens du CISSS d'être au fait de tout ce qui se passe sur le territoire, parce que c'est trop grand. Le CISSS doit aussi répondre à des demandes de gens de Québec qui n'ont aucune conscience de ce que sont les problèmes dans des régions comme la nôtre. Je suis convaincu qu'ils ont les mêmes problèmes que nous dans des régions comme la Gaspésie et la Côte-Nord. Les monstres qui ont été créés par M. Barrette ne sont pas gérables dans des régions comme la nôtre, croit-il.

La préfète blâme le ministère

La préfète du Témiscamingue, Claire Bolduc, blâme le ministère de la Santé pour cette situation.

Assermentation de Claire Bolduc.Claire Bolduc, préfète du Témiscamingue Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Elle croit que les conditions des médecins sont priorisées au détriment des besoins de la population.

C'est préoccupant, parce que ça coûte cher en médecins, ça coûte cher en efficacité auprès des patients, ça coûte cher en perte de qualité de services en continu. Parce que quand tu changes de médecin à chaque fois que tu dois te rendre à l'urgence parce que tu n'es pas pris en charge, ce sont des coûts pour l'ensemble de la société. Ça coûte cher en soins aussi parce qu'on ne fait plus de prévention, estime-t-elle.

Elle croit que cette hausse de médecins dépanneurs est directement attribuable à la création des Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS).

Quand on avait des hôpitaux où toutes les décisions n'étaient pas prises à Rouyn-Noranda et ultimement à Québec, il y avait des décisions et des gestes qui se prenaient localement, on avait des organisations qui se faisaient localement qui permettaient d'avoir beaucoup moins recours aux médecins dépanneurs. On ne les prend plus les décisions, on ne peut rien dire, on est muets, on ne peut rien faire face à ce qui se passe.

Et à Témiscaming...

Dans la ville de Témiscaming, la hausse de médecins dépanneurs est la plus importante, passant de 1 à 23.

Hôpital de Témiscaming-Kipawa.Hôpital de Témiscaming-Kipawa Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Le maire de la municipalité, Yves Ouellet, croit qu'il faut trouver des solutions pour garder les médecins au Témiscamingue.

Nous, on a fait des recommandations en disant qu'on devrait les encadrer mieux ou les encadrer mieux quand ils arrivent. Ce qui manque aussi, c'est qu'il n'y a pas de patron sur place, croit-il.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue a refusé de commenter la nouvelle, affirmant que la pénurie de médecins au Témiscamingue n'est pas une situation nouvelle.

Abitibi–Témiscamingue

Établissement de santé