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Pénurie alarmante de psychiatres en Ontario

Illustration d'un cerveau avec des roues
Il manque 200 psychiatres dans la province, selon la Coalition des psychiatres de l'Ontario. Photo: iStock
Radio-Canada

Une étude presse le gouvernement conservateur de Doug Ford de prendre les mesures qui s'imposent pour enrayer la pénurie de psychiatres. Le rapport de la Coalition des psychiatres de l'Ontario affirme qu'il en manque 200 dans la province pour faire face à une plus grande demande de services en santé mentale.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Selon le rapport de la Coalition des psychiatres de l'Ontario, la charge de travail des psychiatres a augmenté au cours de la dernière décennie. Un psychiatre voit maintenant en moyenne 249 patients par année en Ontario contre 208 il y a 10 ans. Cette surcharge représente huit heures de travail de plus en moyenne par semaine pour chaque médecin.

Le Dr Mathieu Dufour, coprésident de la Coalition, entrevoit un avenir plus sombre si le gouvernement n'intervient pas pour résoudre le problème.

Si on ne change pas quoi que ce soit, cette pénurie-là va s'aggraver et on va avoir un déficit de 350 psychiatres d'ici 2030.

Le Dr Mathieu Dufour

La situation est notamment due au fait que de nombreux psychiatres partent à la retraite et qu'ils ne sont pas toujours remplacés. Si le nombre d'admissions dans les facultés de médecine augmente, la psychiatrie reste en revanche une spécialité peu attrayante. « On a une demande accrue de services en santé mentale, ce qui est une bonne chose, mais en même temps, on n'a pas assez de psychiatres pour répondre à cette demande-là et cette pénurie-là va empirer dans les prochaines années. »

On voit le Dr Dufour en entrevue dans les studios de Radio-Canada à Ottawa.Le Dr Mathieu Dufour, coprésident de la Coalition des psychiatres de l'Ontario Photo : Radio-Canada

Selon le Dr Dufour, l'augmentation de la demande pour des services en psychiatrie s'explique aussi par le fait qu'il est aujourd'hui moins tabou d'aborder la santé mentale dans la société. « Les patients sont plus à l'aise à l'idée d'en parler avec leur médecin de famille [avant qu'ils ne soient dirigés vers un psychiatre] et on voit que les gens vont plus facilement consulter quand ils ont un problème. »

Le Dr Dufour, qui pratique la psychiatrie au Centre de santé mentale royal d'Ottawa, ajoute que cette pénurie peut nuire à la qualité des services, en particulier pour les enfants en région. La situation est d'ailleurs plus difficile en milieu rural, où l'attente pour obtenir un rendez-vous est plus longue qu'en ville.

Si cela prend trop de temps pour voir un psychiatre, on n'a peut-être pas le bon diagnostic ou le bon plan de traitement et cela peut affecter l'accès aux traitements pour les patients qui en ont de besoin.

Le Dr Mathieu Dufour

L'étude propose des mesures incitatives afin de rendre la profession plus engageante dès l'entrée à l'université. Elle suggère aussi d'offrir de meilleurs salaires ou encore des primes pour intéresser les psychiatres qui aimeraient s'installer en région. Il est également question de faciliter la reconnaissance des diplômes des étrangers qui ne sont pas autorisés à pratiquer dans la province sans les équivalences de l'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario.

Le Dr Dufour note que cette pénurie frappe l'ensemble du Canada, mais qu'elle se fait davantage sentir en Ontario, qui est la province la plus peuplée.

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