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Vivre en santé plus longtemps, bientôt possible?

Une femme dont la moitié du visage est jeune, alors que l'autre moitié est âgée.
Les composés développés à l’Université d’Exeter ont le potentiel de modifier les mécanismes par lesquels se produit le vieillissement des cellules. Photo: getty images/istockphoto / BLACKDAY
Radio-Canada

Des cellules humaines ont été « rajeunies » grâce à la création de nouveaux composés mis au point par des scientifiques britanniques.

Un texte d'Alain Labelle

La Pre Lorna Harries et ses collègues de l’École de médecine de l’Université d’Exeter espèrent que leurs molécules mèneront à la création d’une nouvelle génération de médicaments pour contrer la dégénérescence cellulaire.

Leurs travaux ont été menés en laboratoire sur ces composés conçus pour cibler les mitochondries, ces régions des cellules qui sont décrites comme leurs centrales énergétiques.

Ainsi, le nombre de cellules sénescentes (vieilles cellules qui se sont détériorées avec le temps et qui ont cessé de se diviser) a été réduit jusqu'à 50 % dans ces travaux menés sur des cellules endothéliales, qui tapissent la face interne des vaisseaux sanguins.

En vieillissant, le corps humain accumule de vieilles cellules (sénescentes) qui ne fonctionnent pas aussi bien que les cellules plus jeunes.

Lorna Harries

Les chercheurs ont également identifié deux facteurs d'épissage (un processus cellulaire) qui jouent un rôle clé dans la manière dont les cellules endothéliales deviennent sénescentes et dans le moment où cela se produit.

Les composés développés à Exeter ont le potentiel de modifier les mécanismes par lesquels se produit ce vieillissement des cellules.

Lorna Harries

« Nous avions l'habitude de penser que les maladies liées à l'âge comme le cancer, la démence et le diabète avaient chacune une cause unique, mais elles remontent en fait à un ou deux mécanismes communs », explique la professeure.

Cette recherche se concentre sur l'un de ces mécanismes, et les résultats obtenus avec nos composés ouvrent potentiellement la voie à de nouvelles approches thérapeutiques à l'avenir.

Lorna Harries

« Cela pourrait bien être la base d'une nouvelle génération de médicaments antidégénératifs », estime la Pre Harries.

Qualité de vie

L’objectif de l’équipe britannique est de permettre aux gens de rester en meilleure santé plus longtemps.

Nous parlons ici de l'espérance de vie et de la qualité de vie, plutôt que de simplement prolonger la durée de vie.

Lorna Harries

Dans une autre étude qu’elle avait publiée l’année dernière, l’équipe avait montré une nouvelle façon de rajeunir les vieilles cellules en laboratoire.

Cependant, la nouvelle recherche s'est penchée sur le ciblage précis et le rajeunissement des mitochondries dans les vieilles cellules.

Le saviez-vous?

Chacun de nos gènes est capable de fabriquer plus d'un produit, et les facteurs d'épissage sont les gènes qui décident lequel de ces produits est fabriqué.

Dans la présente étude, les chercheurs ont utilisé de nouveaux composés chimiques qui ciblent très spécifiquement deux facteurs d'épissage (SRSF2 ou HNRNPD), dont le rôle clé pour déterminer comment et pourquoi les cellules changent avec l'âge est bien connu.

Près de la moitié des cellules âgées que nous avons testées présentaient des signes de rajeunissement.

Lorna Harries

Trois composés différents

Les chercheurs ont testé trois composés différents, tous mis au point à l'Université d'Exeter, et ont constaté que chacun d'eux produisait une baisse de 40 % à 50 % du nombre de cellules des vaisseaux sanguins sénescents.

Les composés en question (AP39, AP123 et RT01) permettent de livrer sélectivement des quantités infimes de sulfure d'hydrogène gazeux aux mitochondries dans les cellules et ainsi aider les vieilles cellules (ou celles endommagées) à générer l'énergie nécessaire à la survie et à réduire la sénescence.

Nos composés fournissent aux mitochondries dans les cellules un carburant alternatif pour les aider à fonctionner correctement.

Matt Whiteman, Université d’Exeter

« De nombreuses maladies peuvent essentiellement être considérées comme un vieillissement accéléré, et le fait de garder les mitochondries en bonne santé permet de prévenir ou, dans de certains cas, de renverser cette tendance à l'aide de modèles animaux », conclut M. Whiteman.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Aging (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Médecine

Science