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Digne de Hollywood : récit du sauvetage de deux hommes dans un ascenseur inondé à Toronto

Le portrait de deux policiers
Josh McSweeney, à gauche, et Ryan Barnett, à droite Photo: Radio-Canada / CBC News

Deux policiers de Toronto sont aujourd'hui considérés comme des héros pour avoir sauvé la vie de deux hommes, qui étaient pris dans un ascenseur où le niveau d'eau grimpait à vue d'œil.

Un texte de Cédric Lizotte

La mésaventure survenue mardi soir est digne des films d’action les plus farfelus.

Deux hommes de Toronto, Klever Freire et Gabriel Otrin, prennent alors l’ascenseur vers 23 h dans un immeuble du nord de la ville dans le but de se rendre au sous-sol.

Au même moment, un orage exceptionnellement violent, qui s'accompagne de 50 mm de pluie, s'abat sur la Ville Reine.

L’ascenseur s'arrête soudainement avant la fin de sa course, à environ un demi-mètre du sol. « Une grande quantité d’eau envahit rapidement l’habitacle », raconte Klever Freire.

Première réaction : les deux hommes appuient sur les boutons d’urgence. Mais avant que l’agent de sécurité à la réception ne décroche son téléphone, l’eau recouvre le haut-parleur.

Leurs téléphones intelligents ne reçoivent aucun signal.

Klever Freire et Gabriel Otrin tentent d’ouvrir la porte avec leurs mains, chacun de leur côté. En vain.

Le portrait d'un homme.Klever Freire a eu toute une frousse. Photo : Radio-Canada / Tina MacKenzie/CBC News

L’eau monte à une telle vitesse, explique M. Freire, que le niveau atteint rapidement les différents boutons.

La panique envahit alors les deux hommes. M. Otrin récite des prières, tandis que M. Freire cherche une issue.

Ce dernier remarque alors une petite porte fermée à clé qui se trouve au plafond de l'ascenseur.

Les deux hommes joignent leurs efforts afin de l’ouvrir « à coups de poing, puis à coups de tête », raconte M. Freire.

L’espace est à peine assez grand pour y passer un bras. M. Freire attrape son téléphone intelligent et le passe par l'embouchure. Miraculeusement, une petite barre s’affiche sur l’appareil. Ce faible signal cellulaire est suffisant pour joindre le 911. Exactement six minutes plus tard, les agents Ryan Barnett et Josh McSweeney de la police de Toronto sont sur les lieux.

Les policiers se mouillent

L'agent Barnett entre dans le hall de l’immeuble, raconte-t-il, et se dirige directement vers la porte de l’ascenseur, qui a déjà été ouverte manuellement par l’équipe de sécurité sur place.

« Je vois la cage de l’ascenseur, deux étages plus bas, et une petite porte d’à peine quatre ou cinq pouces, qui est ouverte. Ils ne peuvent pas sortir par là. Il faut descendre au sous-sol par les escaliers. Une fois à l’étage, nous ne pouvons pas vraiment voir à quel point c'est profond parce que l’eau est trouble et sale. Nous enlevons nos gilets et nos ceintures à pistolet et mettons les pieds dans l’eau glacée », poursuit M. Barnett.

Une fois au bas des marches, ils ont de l’eau jusqu'au nombril, dit-il.

Ils luttent ensuite avec une porte barrée – « la clé était minuscule et on n’y voyait rien! » – et atteignent finalement les portes de l’ascenseur. Les deux agents tentent de l’ouvrir avec leurs mains. Eux aussi faillissent à la tâche.

C’est à ce moment que le rebondissement miraculeux attendu dans tout film d’action a lieu : le magasin d’un serrurier se trouve au rez-de-chaussée de l’immeuble. Les policiers y trouvent des pieds-de-biche. Pendant que l'agent Barnett reste auprès des deux prisonniers de l’ascenseur, l'agent McSweeney va chercher l’outil.

« Entre le moment où je pars chercher le pied-de-biche et celui où je retourne sur les lieux, l’eau a monté d’au moins six pouces, relate M. McSweeney, d'un ton dramatique. À partir de ce moment, nous nageons sur place. »

Ce qu'ils ne savent pas, c'est que l'eau a déjà pratiquement rempli la cage de l'ascenseur.

« Nous avons de l'eau jusqu'au menton, et nous sommes debout sur les rampes de l'ascenseur », raconte Klever Freire, un des prisonniers.

Alors qu'ils nagent, les deux policiers n’ont plus la possibilité de se servir de leurs jambes pour forcer et ouvrir la porte. Y allant de toutes leurs forces, les deux hommes utilisent l’outil pour ouvrir la porte d'environ un pied, suffisamment pour que l'agent Barnett se glisse dans l’ouverture.

« Une chance que mon collègue était là. Il est un peu plus grand que moi. J’étais rendu plutôt inefficace dans toute cette eau », précise l'agent McSweeney.

Puis, grâce à la poussée d’adrénaline qu’on ressent dans de telles occasions, l'agent Barnett réussit à ouvrir la porte. MM. Freire et Otrin, épuisés d’avoir nagé sur place depuis tout ce temps, doivent s’agripper aux policiers afin de se rendre aux marches de l’escalier qui mène à l’étage.

Ils sont sauvés.

Deux policiers ont de l'eau jusqu'à la taille.Les inondations ont causé toutes sortes de problèmes dans la ville, mardi soir. Photo : La Presse canadienne / Shlomi Amiga

Épuisés mais satisfaits

Une fois le sauvetage terminé, les policiers comprennent que les deux hommes n'avaient plus beaucoup d'espace pour respirer. « Il devait rester 5 ou 10 minutes [avant la noyade], pas plus », selon Josh McSweeney.

Les rescapés n’hésitent pas à qualifier les deux agents de « héros ».

Ces derniers, eux, restent humbles et affirment n’avoir fait que leur devoir. « Nous sommes tout simplement heureux d’avoir pu aider, selon M. Barnett. C’est la raison pour laquelle nous faisons ce travail. Écoutez, nous sommes probablement aussi émus qu’eux. Je n’ai pas dormi de la nuit! »

Et s’ils n’avaient pas eu de pied-de-biche? « On aurait été dans le trouble », répond M. McSweeney, le sourire aux lèvres.

Avec des informations de La Presse canadienne, CBC News et Radio-Canada

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