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2095 accidents sur la route 11 du Nouveau-Brunswick en 15 ans

Trois croix près de la route.
Des croix ont été installées en mémoire des personnes qui sont mortes accidentellement près de la route 11. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Pas moins de 2095 accidents se sont produits sur la route 11 entre Shediac et Campbellton, de 1999 à 2015. Ils ont entraîné plus de 40 décès, selon les données du ministère des Transports et de l'Infrastructure du Nouveau-Brunswick obtenues par Radio-Canada. Une jeune victime de l'un de ces accidents réclame l'installation de clôtures pour prévenir les collisions avec les animaux sauvages.

Un texte d'Anaïs Brasier avec les informations de Wildinette Paul

Les facteurs qui contribuent le plus souvent à ces accidents sont l’inattention des conducteurs et les collisions avec les animaux, affirme le ministère des Transports et de l’Infrastructure dans un courriel.

Une collision avec un animal, c’est justement ce qui est arrivé à Dylan Rousselle en 2010, lorsqu’il n’avait même pas 3 ans. Il était assis dans son siège d’auto, sur la banquette arrière. Ses parents ont aperçu un orignal sur la route 11, près de Shediac Bridge, mais il était trop tard pour l'éviter.

Dylan assis sur son lit. Dylan a maintenant 10 ans et vit avec les parents de sa mère. Photo : Radio-Canada

L’impact fut brutal. Les parents de Dylan, Marie-Ève et Robin Rousselle, sont morts. Marie-Ève était enceinte.

L’orignal est arrivé face à eux. Ils n’ont pas frappé l’orignal de côté. Ils l’ont frappé de face. Et puis ma fille était, notre fille était brain dead, comme on appelle. Puis, son mari était décédé.

Roseline Robichaud, grand-mère de Dylan Rousselle

Dylan est orphelin depuis maintenant huit ans. Je sais que ce sont mes parents, mais je ne me rappelle pas de les avoir entendus parler, dit-il en regardant une photo.

Une photo de mariage du jeune couple. Marie-Ève et Robin Rousselle, les parents de Dylan, lors de leur mariage. Photo : Radio-Canada

Âgé de 10 ans, il vit avec ses grands-parents, Roseline et Jean-Claude Robichaud, qui se souviennent trop bien du choc qu’ils ont vécu.

On pense qu’on voit seulement ça à la télévision des policiers qui sont à la porte qui annoncent ce genre de nouvelle. Nous, on l’a vécu.

Jean-Claude Robichaud, grand-père de Dylan Rousselle

Des clôtures pour sauver des vies

Aujourd’hui, il est trop tard pour sauver les parents de Dylan. Mais ce que le jeune garçon et ses grands-parents souhaitent, c’est éviter d’autres drames du genre. Je veux que ce qui est arrivé à ma fille et à son mari ne soit pas en vain, lance Jean-Claude Robichaud.

Le toit et le pare-brise de la voiture sont défoncésLa carcasse de la voiture des parents de Dylan démontre la violence du choc avec l'orignal. Photo : Famille Robichaud

La solution, selon eux, serait d’installer des clôtures sur les côtés de la route 11, notamment entre Cocagne et Shediac Bridge, un endroit particulièrement dangereux. Ces clôtures, qui existent déjà ailleurs au Nouveau-Brunswick, empêchent les grands animaux, comme les orignaux, de traverser la route.

Est-ce que ç'aurait pris seulement ces clôtures-là pour que notre fille puisse vivre?

Roseline Robichaud, grand-mère de Dylan Rousselle
Dylan et ses grands-parents, Roseline et Jean-Claude Robichaud, regardent des photos de famille. Agrandir l’imageDylan et ses grands-parents, Roseline et Jean-Claude Robichaud, regardent des photos de famille. Photo : Radio-Canada

Pourquoi il n’y a pas de clôtures pour sauver des vies? Tu mets des clôtures, ça sauve une vie littéralement.

Dylan Rousselle

À Cocagne, des citoyens évitent la route 11

Entre Cocagne et Shediac Bridge, la présence des orignaux sur la route 11 inquiète tellement les résidents que plusieurs d’entre eux l’évitent. Je connais des gens qui ne veulent pas prendre [cette section de la route 11], explique le maire de la communauté rurale de Cocagne, Jean Hébert. Ils vont prendre la 134 qui est juste à côté parce qu’ils ont peur des orignaux.

Jean Hébert sur le bord de la route 11. Jean Hébert, le maire de la communauté rurale de Cocagne. Photo : Radio-Canada

Selon lui, c’est notamment à cause de la topographie de la région. Notre région, c’est une sorte de vallée, et les orignaux vont dans les vallées.

Cet endroit est dangereux. Il y a eu beaucoup d’accidents, des accidents mortels, dans ce petit bout de route ici.

Jean Hébert, maire de la communauté rurale de Cocagne
Une pancarte routière avertissant la présence d'orignaux.Les facteurs qui contribuent le plus souvent à ces accidents sont l’inattention des automobilistes et les collisions avec des animaux sauvages. Photo : Radio-Canada

Si les bêtes se rendent jusqu'au bord de la route, c’est parce qu’ils y trouvent de la nourriture parmi les hautes herbes, explique M. Hébert. Il aimerait donc que le gouvernement coupe ces herbes qui longent la route 11. Sans cette nourriture, les orignaux n'iraient pas si près de la circulation et la visibilité serait meilleure pour les automobilistes, selon lui.

Comme Dylan, Jean Hébert aimerait que le gouvernement installe des clôtures sur la route 11.

Si on était une province riche, on aurait des clôtures partout, de Moncton sur la 15 jusqu’à Miramichi au moins. Ça ne doit pas être dans les priorités, mais il y a un besoin.

Jean Hébert, maire de la communauté rurale de Cocagne

Il espère que ce sera le cas d’ici 2021, lorsque les travaux pour faire de la 11 une route à quatre voies seront terminés.

Mais pour la famille de Dylan, c’est beaucoup trop tard. On aurait voulu les clôtures avant que [l’accident] arrive, conclut sa grand-mère, Roseline Robichaud.

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