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Le financement de la santé et de l'éducation tire de l'arrière en Outaouais, selon une étude

Un établissement du CISSS de l'Outaouais, l'Hôpital de Hull.

Un établissement du CISSS de l'Outaouais, l'Hôpital de Hull

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Radio-Canada

L'Outaouais « bénéficie de moins de financement que les autres régions administratives comparables du Québec », selon une étude de l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) publiée mercredi matin et commandée par la coalition Équité Outaouais, qui se décrit comme non partisane.

La firme a comparé l'Outaouais au Bas-Saint-Laurent, au Saguenay-Lac-Saint-Jean et à la Mauricie-Centre-du-Québec en se basant sur les critères suivants :

  • Les dépenses en services sociaux et de santé,
  • L'accessibilité aux services offerts,
  • La qualité des services et
  • L’aide aux groupes communautaires.

Il en ressort que les dépenses en services généraux, en santé physique, en santé mentale et en santé publique étaient plus faibles en Outaouais que dans les régions comparables.

On peut estimer que si les dépenses du MSSS [ministère de la Santé et des Services sociaux] étaient proportionnelles à la population, l’Outaouais recevrait plus de 250 M$ supplémentaires annuellement pour répondre aux besoins de santé et services sociaux de sa population, conclut le rapport, signé par le chercheur Bertrand Schepper.

Il évoque par ailleurs la pénuriede médecins spécialistes et d'infirmières dans la région, qui pousse de nombreux patients à se déplacer vers l'Ontario et entraînerait des coûts de 107 millions de dollars annuellement.

Si ces 107 M$ avaient été dépensés en Outaouais pour traiter des patients, ils auraient généré une hausse de 1650 emplois et des dépenses qui auraient une valeur ajoutée de 101,7 M$ au Québec, avance le rapport.

La population de l'Outaouais en chiffres

  • 322 967 personnes en 2001
  • 389 139 personnes en 2016
  • 20% d'augmentation en 15 ans
  • 4,7% de la population du Québec

Source : Rapport de l'IRIS, août 2018

Une offre moindre en éducation postsecondaire

Le rapport de l'IRIS fait également remarquer que le nombre de programmes d'éducation professionnelle est inférieur en Outaouais à celui des régions comparables.

En effet, l'Outaouais offre moins de programmes de diplômes d'études professionnelles (DEP), d'attestations de spécialisation professionnelle et d'attestations d'études professionnelles que l'Estrie et le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Par conséquent, la région enregistre moins d'étudiants par habitant, tant au niveau collégial qu'universitaire. Selon le rapport, Québec devrait dépenser 141 millions de dollars pour soutenir un nombre d'étudiants comparable aux autres régions.

L'Outaouais souffre d'un sous-financement de ses établissements postsecondaires et de formation professionnelle par rapport à des régions comparables.

Rapport de l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques

Le rapport fait par ailleurs remarquer que l'Outaouais est la région québécoise où le produit intérieur brut (PIB) par habitant est le plus faible, après Lanaudière, avec d'importantes disparités entre les différentes municipalités régionales de comté (MRC).

Des disparités « anormales », déplore Équité Outaouais

Cette étude est publiée quelques jours après que des professionnels de la santé aient dénoncé ce qu'ils considèrent comme un sous-financement des services de santé dans la région.

Lors d'une conférence de presse mercredi avant-midi, le porte-parole d'Équité Outaouais et ex-candidat péquiste Gilles Aubé a qualifié les disparités entre l'Outaouais et les autres régions du Québec d'anormales.

On veut une justice interrégionale, on demande l'équité interrégionale , a fait valoir le médecin de famille, qui reproche au gouvernement libéral de ne pas avoir tenu ses promesses.

Le gouvernement a une responsabilité envers notre région comme envers les autres. Mais présentement, on trouve que l'Outaouais est sous-financée et c'est clair dans l'étude de l'IRIS, a renchéri la présidente du syndicat de l'enseignement de l'Outaouais, Suzanne Tremblay.

Des candidats provinciaux de l'Outaouais réagissent

De nombreux candidats aux élections provinciales étaient présents lors du dévoilement de l'étude de l'IRIS.

« La réforme en santé a épuisé les employés du réseau de la santé. J'ai quitté le réseau de la santé parce que, pour moi, on [l']a déshumanisé », a réagi le candidat péquiste dans Papineau, Yves Destroismaisons, qui a été organisateur communautaire et travailleur social au sein du réseau.

« Pour moi, c'est un constat d'échec pour les libéraux, qui ont gouverné le Québec pour 13 des 15 dernières années et qui ont eu le monopole de la représentation de la région de l'Outaouais à l'Assemblée nationale pendant toute cette période », a pour sa part affirmé le candidat de Québec solidaire dans Hull, Benoit Renaud.

On sait depuis longtemps qu'il y a un manque d'équité en Outaouais [...] Moi, j'ai l'intention de me battre à Québec pour que l'Outaouais ait sa juste part.

Robert Bussière, candidat de la Coalition Avenir Québec dans Gatineau

Le député libéral de Chapleau, Marc Carrière, qui n'était pas à la conférence de presse d'Équité Outaouais, a pour sa part tenu à souligner que plusieurs chiffres évoqués dans l'étude dataient de 2015-2016.

Il a été reconnu qu'il y avait une iniquité pour les régions qui avaient une grande croissance [démographique], dont l'Outaouais.

Marc Carrière, député libéral de Chapleau

Il y a beaucoup de choses qui ont été faites dans les dernières années. Il y a eu un nouveau budget, le docteur Barrette a annoncé un 300 millions supplémentaires [en santé] pour les différentes régions du Québec où il y a eu une grande croissance démographique comme l'Outaouais, comme Lanaudière, s'est-il défendu.

Le député a toutefois reconnu que l'enjeu de main d'oeuvre [était] réel dans le domaine de la santé en Outaouais.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a pour sa part indiqué qu'elle réagirait à l'étude de l'IRIS lundi.

Avec les informations d'Antoine Trépanier

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