•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les défis du recrutement de personnel francophone

La façade du Centre francophone de Thunder Bay sur laquelle sont accrochés des ballons.

Le Centre francophone à Thunder Bay regroupe plusieurs organismes offrant des services aux francophones de la région.

Photo : Audrey Debruyne

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans le Nord-Ouest de l'Ontario, où les francophones représentent une faible minorité, les organismes francophones peinent parfois à pourvoir certains postes et doivent faire preuve d'ingéniosité pour recruter la perle rare.

Un texte de Miguel Lachance

Selon Angèle Brunelle, la directrice générale de l’Accueil francophone de Thunder Bay, trouver la personne qui possède les bonnes habiletés au moment opportun constitue le principal défi.

Par exemple, si tu cherches quelqu’un possédant des compétences précises en informatique, [les candidatures reçues] ne sont pas nécessairement compatibles avec ce dont tu as besoin, explique-t-elle.

Elle raconte qu’elle a parfois dû faire preuve de flexibilité pour répondre aux besoins de son organisme. Lorsqu’une personne a beaucoup de potentiel, on peut lui permettre de suivre une formation pour acquérir les compétences manquantes.

Le portrait d'une femme portant une médaille de l'Ordre de l'Ontario.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Angèle Brunelle a une longue expérience en gouvernance, notamment avec le Conseil scolaire de district catholique des Aurores boréales et l’Hôpital régional de Thunder Bay.

Photo : Ministère des Affaires civiques et de l’Immigration

Angèle Brunelle ajoute que, dans d’autres cas, les organismes francophones de Thunder Bay forment des partenariats pour partager certaines ressources, par exemple les employés spécialisés dans un domaine particulier, comme les communications.

Élodie Grunerud, la directrice générale de l’Association des francophones du Nord-Ouest de l’Ontario (AFNOO) affirme qu’elle ne connaît pas autant de difficultés que d’autres employeurs : Je ne nie pas qu’il y a d’importants défis, mais la réalité actuelle de l’AFNOO est différente de celle des autres organismes.

Lors de son arrivée en poste en 2011, Mme Grunerud a modernisé le processus de recrutement de l’organisme.

Avant c’était surtout le bouche à oreille et les babillards physiques, explique Mme Grunerud.

Enseigne du centre régional des sciences de la santé de Thunder Bay. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le Syndicat canadien de la fonction publique estime que la perte de 71 lits se traduirait par la mise à pied d’environ 200 employés à l’hôpital.

Photo : Radio-Canada / Caroline Bourdua

Sans négliger la main-d’œuvre locale, la directrice générale de l’AFNOO concentre ses efforts sur les sites web spécialisés et les universités.

Elle rapporte que chaque poste peut lui demander de 8 à 10 heures de travail seulement pour l’affichage, mais que cela en vaut la peine.

Plus on investit du temps dans l’affichage stratégique, plus on va avoir des candidats pertinents.

Élodie Grunerud, directrice générale de l'AFNOO

La grande séduction

Un autre défi se présente aux organismes qui élargissent leur territoire de recrutement : convaincre les employés potentiels de déménager.

On vend le style de vie plus tranquille et les autres attraits de la région, explique la directrice générale de l’AFNOO. Il faut les rassurer qu’il y ait des services en français disponibles, par exemple les écoles. 

Un paysage de forêt et d'eau avec en arrière-plan une péninsule ressemblant à un homme couché sur le dos.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le célèbre « Sleeping Giant », vu du mont McKay.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Mme Grunerud croit que la région est un excellent endroit pour les jeunes cherchant à acquérir de l’expérience.

Dans les grandes villes, il peut y avoir des centaines de candidats qui postulent pour un même emploi. À Thunder Bay, la compétition se fait plutôt avec une dizaine de personnes, donc c’est plus facile de se démarquer.

Élodie Grunerud, directrice générale de l'AFNOO

Elle ajoute qu’une fois qu’elle a embauché quelqu’un, elle s’assure que la personne ne se sente pas isolée.

Une femme en train de parler à un groupe de personnes autour de tables rondes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La directrice générale de l'AFNOO, Élodie Grunerud (au centre).

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Je les questionne sur leurs intérêts personnels. Ils ne sont pas obligés de répondre, mais ça peut m’aider à les aiguiller vers les groupes ou les activités qui pourraient leur plaire.

De son côté, Angèle Brunelle affirme avoir connu du succès auprès de personnes originaires du Nord de l’Ontario qui étaient parties à l’extérieur de la région et qui souhaitent retourner aux sources.

Dans les organismes communautaires, au conseil scolaire ou à l’hôpital régional de Thunder, je vois plusieurs de nos anciens élèves qui ont choisi de revenir.

Elle connaît plusieurs personnes originaires d’ailleurs qui sont demeurées plus longtemps que prévu.

Elles sont arrivées en disant “Je vais faire 3 ans” et sont encore ici 15 ou 20 ans plus tard.

Angèle Brunelle, directrice générale de l'Accueil francophone de Thunder Bay

Mme Brunelle précise que ceux qui s’installent à Thunder Bay choisissent parfois de changer d’emploi, pour relever de nouveaux défis dans un autre organisme francophone local. Ça demeure une victoire pour la communauté, mais ça force l’employeur à reprendre le processus de recrutement. 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !