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Musk sème le trouble en laissant entendre qu'il pourrait retirer Tesla de la bourse

Des véhicules Tesla sont assemblés par des robots à l’usine du constructeur, située à Fremont, en Californie.

Des véhicules Tesla sont assemblés par des robots à l’usine du constructeur, située à Fremont, en Californie.

Photo : Reuters / Jim Tanner

Agence France-Presse

Le plus grand flou régnait mardi autour de Tesla, le constructeur de véhicules électriques haut de gamme d'Elon Musk, dont la cotation du titre était suspendue en attendant une clarification des interventions sur Twitter de l'emblématique patron fondateur.

En quelques gazouillis, Elon Musk a mis la pagaille en indiquant qu'il envisageait de retirer le constructeur de véhicules électriques haut de gamme de la bourse tout en affirmant qu'il en restera le PDG.

L'information a provoqué la suspension de l'action à Wall Street dans l'attente d'annonces, selon la formule consacrée, alors qu'elle s'envolait de plus de 7 %.

Peu avant la clôture de la bourse, Tesla a finalement confirmé qu'Elon Musk voulait retirer le constructeur de la cote, mais a précisé dans un message que la décision finale sera prise au terme d'un vote des actionnaires.

Cette annonce intervient au moment où se multiplient les attaques de spéculateurs, qui parient sur l'effondrement de Tesla, une stratégie financière baptisée « short selling ».

À la mi-séance de Wall Street, le compte Twitter certifié d'Elon Musk affichait le message suivant :

J'envisage de retirer Tesla de la bourse à 420 dollars (par action). Financement assuré.

Elon Musk

À ce prix, Tesla – dont le titre valait 367,25 $ mardi avant sa suspension – pèserait plus de 71 milliards de dollars et serait de près de 20 milliards plus cher que General Motors, le premier constructeur automobile américain.

Le PDG de Tesla Elon Musk Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Au cours des dernières années, la Chine s'est imposée comme le premier marché mondial pour les véhicules électriques.

Photo : The Associated Press / Kiichiro Sato

Un geste inhabituel

Une série d'informations boursières aussi sensibles distillées par un dirigeant d'entreprise en pleine séance boursière est tout à fait inhabituelle dans un pays où la communication financière est strictement réglementée pour mettre les investisseurs sur un pied d'égalité.

Interrogé par l'Agence France-Presse (AFP), Tesla n'a pas répondu dans l'immédiat.

« Je n'ai pas de droits de vote majoritaire actuellement, mais je ne m'attends pas à ce qu'un actionnaire en ait si nous quittons la cote. Je ne vendrai pas [mes titres], quel que soit le scénario », a poursuivi Elon Musk, qui détient environ 20 % du capital de Tesla.

Pour convaincre de potentiels actionnaires réticents, il a évoqué la possibilité de créer un fonds spécialisé qui garantirait l'équité entre investisseurs.

Mon souhait est que tous les actionnaires actuels restent, même si nous ne sommes plus une entreprise cotée. [Je] créerais un fonds spécifique pour permettre à chacun de rester avec Tesla. [Je] le fais déjà avec Fidelity Investment pour SpaceX.

Elon Musk

Ce n'est pas la première fois qu'Elon Musk évoque un retrait de la cote de Tesla : il avait déjà émis cette hypothèse dans un portrait que lui consacrait le magazine Rolling Stone en novembre dernier.

Contrairement à une entreprise cotée en bourse, une société évoluant hors des plateformes financières n'est pas soumise à des obligations légales contraignantes en matière de transparence, comme la publication de ses résultats tous les trimestres ou la rémunération de ses dirigeants.

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