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Washington et Londres restent prudents face à la crise diplomatique entre Ottawa et Riyad

Chrystia Freeland parle à la presse.
La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, en conférence de presse, lundi, à Vancouver. Photo: La Presse canadienne / Jimmy Jeong

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont réagi avec prudence mardi à la crise diplomatique qui oppose le Canada et l'Arabie saoudite. S'ils prennent acte du litige, ils évitent de se ranger clairement du côté d'Ottawa.

« Nous sommes au courant que le gouvernement de l’Arabie saoudite a rappelé son ambassadeur au Canada et expulsé l'ambassadeur canadien », a commenté mardi matin le département d’État dans un courriel envoyé à CBC.

« Le Canada et l’Arabie saoudite sont deux partenaires proches des États-Unis. Je vous renvoie aux ministères canadien et saoudien des Affaires étrangères pour plus d’informations », poursuit la diplomatie américaine.

Le département d’État ajoute tout de même que les États-Unis « encouragent le respect des libertés internationalement reconnues et des libertés individuelles, y compris [le droit à] la dissension et à l’application régulière de la loi ».

Nous avons demandé au gouvernement de l’Arabie saoudite des informations supplémentaires sur la détention de plusieurs activistes. Nous continuons à encourager le gouvernement saoudien à respecter l’application régulière de la loi et à publier des informations sur [ces] affaires judiciaires.

Déclaration du département d'État américain

À Londres, la tâche de commenter le bras de fer a aussi été confiée à une porte-parole du Foreign Office plutôt qu’au ministre des Affaires étrangères. « Le Canada et l'Arabie saoudite sont deux partenaires proches du Royaume-Uni, et nous les appelons à la retenue », a-t-elle commenté.

« Le Royaume-Uni est un fervent défenseur des droits de la personne. Nous faisons régulièrement part de nos inquiétudes au gouvernement saoudien au sujet des enjeux des droits de la personne, y compris les récentes arrestations de défenseurs des droits de la personne », a-t-elle ajouté.

La Commission européenne a, elle aussi, demandé « des éclaircissements » aux autorités saoudiennes, a indiqué sa porte-parole Maja Kocijancic, qui s’est gardée toutefois de commenter le différend diplomatique canado-saoudien. Elle précisé que la Commission européenne « ne commente pas les relations bilatérales », se disant plutôt « en faveur d'un dialogue ».

Un tweet de trop pour les Saoudiens

L'Arabie saoudite a annoncé dimanche l'expulsion de l'ambassadeur canadien à Riyad, Dennis Horak, et a rappelé son ambassadeur à Ottawa. Le Royaume wahhabite a aussi annoncé le gel des relations commerciales entre les deux pays.

Lundi, il a aussi annoncé l'interruption de ses programmes de stages et de bourses au Canada, une décision qui se traduira par le déménagement de 12 000 étudiants saoudiens ou membres de leurs familles vers d'autres pays.

Ces décisions ont été prises en représailles à des déclarations à des tweets de la diplomatie canadienne et de sa cheffe, Chrystia Freeland, dénonçant une vague d'arrestation de militants et leur libération immédiate.

Ottawa y faisait directement référence à l'arrestation de la militante pour les droits des femmes Samar Badawi, la soeur de Raif Badawi, un blogueur saoudien incarcéré depuis plusieurs années dans son pays et dont la famille est réfugiée à Sherbrooke, au Québec.

Réagissant aux annonces saoudiennes lundi soir, la ministre Freeland ne s'est pas défilée.

« Que les choses soient bien claires pour tout le monde ici et pour les Canadiens qui nous suivent ou nous écoutent : le Canada défendra toujours les droits de la personne au Canada et dans le reste du monde, a-t-elle fait valoir. Les droits des femmes sont des droits de la personne. »

Sans évoquer le contrat militaire de 15 milliards de dollars avec l'Arabie saoudite et l'impact économique de ce conflit diplomatique, le ministre des Finances, Bill Morneau, a soutenu mardi que le Canada défendra les valeurs qui sont importantes pour les Canadiens, peu importe ce que l'Arabie saoudite décide de faire.

Avec les informations de Reuters

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