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Surabondance de touristes : il faut d'urgence repenser le modèle, dit une experte

De nombreux touristes sur la plage Maya, en Thaïlande

La plage de la baie Maya, sur l'île de Koh Phi Phi, en Thaïlande, a été rendue célèbre par le film « The Beach », avec Leonardo DiCaprio. Depuis, des hordes de touristes et de petits bateaux l'envahissent, forçant les autorités à fermer les lieux temporairement, le temps d'étudier les effets du tourisme sur l'environnement.

Photo : Getty Images / AFP/Lillian Suwanrumpha

Radio-Canada

Si le modèle actuel de l'industrie du tourisme n'évolue pas, certains des plus beaux sites de la planète pourraient être irrémédiablement endommagés, reconnaît une experte, qui appelle les voyageurs à être plus consciencieux.

« Le tourisme est présent sur presque tous les mètres carrés de la planète », dit Anna Pollock, fondatrice de Conscious Travel, une société de conseils en tourisme.

Même l'Antarctique accueille maintenant des touristes. Ce sont les petites localités qui sont les plus vulnérables par rapport aux plus grandes villes.

Anna Pollock, fondatrice de Conscious Travel

Les responsables de ces destinations doivent déployer une gestion plus prudente, a dit Mme Pollock en entrevue à l’émission The Current, sur les ondes de CBC.

Le grand public, pour sa part, « doit comprendre les conséquences d'un plus grand nombre de visiteurs chaque année ».

Le « surtourisme » guette de nombreux endroits

Un navire de croisière dans le Grand canal de Venise, devant un batelier sur sa petite embarcation.

Ville emblématique du « surtourisme », Venise interdit désormais le passage des navires de croisière dans son fameux Grand canal.

Photo : Getty Images / AFP/Marco Sabadin

L'Organisation mondiale du tourisme des Nations unies a enregistré une croissance annuelle de 7 % du tourisme international en 2017; en effet, 1,3 milliard de personnes ont traversé une frontière dans un but touristique.

Dans des villes comme Venise, le tsunami des touristes exaspère les habitants, puisque les quelque 55 000 résidents à plein temps accueillent chaque année environ 25 millions de visiteurs.

Ces quantités d’étrangers parfois indélicats ont suscité des protestations de la part de Vénitiens en colère en raison de nombreux problèmes, tels que la pénurie de logements ou la difficulté de se déplacer sur les berges surpeuplées.

Des manifestants vénitiens devant des bateaux de croisière

« Pas de gros navires », scandent des manifestants vénitiens en septembre 2013. L'afflux d'énormes bateaux de croisières, et des hordes de touristes qu'ils contiennent, suscite la colère des résidents, qui se sentent envahis.

Photo : Getty Images / Marco Secchi

Le phénomène est devenu si répandu qu'il a maintenant un nom : le « surtourisme ». Il se produit en raison d'un manque de planification, a expliqué Rochelle Turner, directrice de recherche au Conseil mondial du tourisme et du voyage, en entrevue à l’émission The Current, sur les ondes de CBC.

Les destinations ont besoin « d'une vision de ce qu'elles veulent être et de la manière dont cette vision peut être soutenue par la planification et par la consultation des personnes qui vivent et travaillent dans ces destinations », affirme Mme Lynch.

Par exemple, les sites ou les villes pourraient reconstruire certaines de leurs infrastructures ou en créer de nouvelles pour faire face à un afflux important de touristes, ou encore limiter préventivement le nombre de visiteurs.

Tout cela nécessite une approche stratégique. Là où il y a des problèmes, c’est parce que la croissance a été trop rapide.

Rochelle Turner, directrice de recherche au Conseil mondial du tourisme et du voyage

Le succès ne se calcule pas en chiffres

Un plongeur vêtu d'une combinaison sous l'eau

Un plongeur contemple la faune et la flore de la côte d'une île des Palaos. Le petit pays insulaire fait signer une déclaration écologique à ses visiteurs, afin de préserver ses richesses.

Photo : La Presse canadienne / Tamsyn Burgmann

« Le vrai problème, c’est que nous définissons le succès dans le domaine du tourisme en fonction du nombre de touristes », déclare Anna Pollock.

Nous devons vraiment réfléchir de manière plus stratégique aux avantages nets que nous générons pour la communauté et nous concentrer sur cela plutôt que sur le simple nombre de touristes.

Anna Pollock, fondatrice de Conscious Travel

Elle cite l'exemple de la République des Palaos, un archipel d'îles dans l'océan Pacifique.

Face à la croissance rapide du tourisme, les responsables « se sont rendu compte qu'ils perdaient le contrôle total de l'industrie. Les profits ne restaient pas nécessairement chez eux », explique Mme Pollock.

Le gouvernement de cette petite république de 20 000 habitants a revu sa stratégie, notamment en créant un engagement écologique que les visiteurs doivent signer avant de pouvoir obtenir un visa.

L'information est diffusée par divers médias, ainsi que par une courte vidéo présentée lors de chaque vol à destination des Palaos. Les visiteurs sont sensibilisés aux « impacts du tourisme sur ces îles fragiles et à la manière de se comporter de manière appropriée ».

Je crois qu’il incombe aux visiteurs d’être un peu plus conscients de leurs choix et d’en apprendre davantage sur le lieu avant leur départ, afin d’être plus respectueux.

Anna Pollock, fondatrice de Conscious Travel

Car les touristes ont également un rôle à jouer, estime Mme Pollock.

Avec les informations de CBC News

Tourisme

Économie