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L'oléoduc alimentant Montréal-Trudeau en kérosène fermé d'urgence

Plusieurs avions sur le tarmac de l'aéroport, vus du ciel.

L'Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, à Montréal.

Photo : Getty Images / AFP/Daniel Slim

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La section de pipeline qui alimente en carburant d'avion l'aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, à Montréal, a dû être fermée temporairement vendredi dernier et devrait le rester jusqu'à jeudi, a-t-on appris mardi. Le tronçon d'oléoduc en question va de la rivière des Mille Îles à l'aéroport, en traversant Laval.

L'entreprise qui l'exploite, Pipelines Trans-Nord, dit avoir pris cette décision « par mesure de précaution » pour mener des inspections et des travaux d'urgence, après avoir obtenu de « nouvelles données d'ingénierie à propos de l’intégrité » de la conduite.

« Il n’y a pas eu de fuite de produit du pipeline. […] Notre priorité absolue est d'assurer la sécurité de la communauté, de l’environnement et du pipeline. »

— Une citation de  Pipelines Trans-Nord, dans une déclaration écrite

« Nous avons immédiatement demandé des permis des autorités municipales concernées pour effectuer des excavations de surveillance d’intégrité nous permettant d’inspecter visuellement certaines parties du pipeline, a indiqué l'entreprise. Trois excavations ont été réalisées et trois autres sont en cours et devraient être terminées prochainement. »

Un chantier avec une pelle mécanique.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des travaux s’effectuent depuis quelques jours près du boulevard Sainte-Rose, à Laval.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

« Nous nous attendons à pouvoir bientôt reprendre les activités normales du pipeline », a aussi précisé Pipelines Trans-Nord.

D'après la Corporation internationale d'avitaillement de Montréal (CIAM), les travaux devraient être terminés jeudi.

D'ici là, le kérosène continuera d'être acheminé par camions-citernes. La CIAM a indiqué que de 45 à 50 camions-citernes sont nécessaires pour les besoins quotidiens de l'aéroport. Quelque 4 millions de litres de carburant y sont consommés chaque jour.

Le président de la CIAM, Robert Iasenza, assure qu'elle est prête à toute éventualité : « On a des plans d’urgence en place pour continuer si [Pipelines Trans-Nord] doit étendre un peu ses travaux d’intégrité, oui. On est capables de continuer en livrant par camions-citernes. [...] C’est le seul choix qu’on a pour assurer la continuité des opérations à l’aéroport. »

« Mais c’est une situation temporaire », a insisté M. Iasenza au sujet de ce nombre important de camions-citernes qui doivent sillonner les routes de la région en plus de la circulation habituelle.

« Bien sûr que d’avoir ce produit-là sur nos routes, au Québec, ce n’est pas une bonne nouvelle, a convenu Isabelle Melançon, ministre de l’Environnement. Alors, je vais suivre le tout avec beaucoup d’attention. »

La ministre s'est toutefois montrée soulagée d'apprendre qu'aucune fuite n'avait été décelée. « Ils sont en train de faire des vérifications. Ils sont mieux de faire des vérifications plutôt que de laisser aller. Là-dessus, tout le monde est d’accord », a-t-elle dit.

Carte de l'oléoduc de la compagnie Pipelines Trans-Nord.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

C'est le tronçon qui transporte le kérosène à l'aéroport Montréal-Trudeau qui est fermé.

Photo : Pipelines Trans-Nord

Une entreprise « irresponsable », soutient Équiterre

L'environnementaliste Steven Guilbeault, cofondateur d'Équiterre, estime que cette situation n'a rien de surprenant.

« Notre rapport du mois de juin démontre à quel point c’est une entreprise irresponsable, qui ne prend pas soin de ses équipements, au risque de [mettre en danger] la santé de la population et la qualité de notre environnement. Cet arrêt d’urgence n’est qu’une autre preuve [de la négligence] d’une entreprise qui ne fait pas son travail et des organisations gouvernementales, comme l’Office national de l’énergie, qui devrait s’assurer que ce genre de chose ne se produise à peu près pas. »

L'Office national de l’énergie assure qu'il ne permettrait pas l'exploitation d'un pipeline si celui-ci n'était pas sûr.

Construit en 1952, l'oléoduc Trans-Nord transporte des produits pétroliers de Montréal à Nanticoke, au sud de Toronto, sur une distance de 850 kilomètres. Entre 2004 et 2017, on y a enregistré 79 incidents au cours desquels ont été déversés près d'un millier de barils de produits pétroliers.

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