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Que faut-il comprendre de l'attentat présumé contre le président du Venezuela?

Un soldat habillé en noir entraîne le président Nicolas Maduro hors de l'estrade où il se tient,
Un militaire interrompt le discours du président Maduro. Photo: AFP/Getty Images / JUAN BARRETO

Que s'est-il réellement passé samedi soir au Venezuela? Selon le président du pays, Nicolas Maduro, il s'agirait d'un attentat raté contre lui. La version officielle parle de drones bourrés d'explosifs qui auraient éclaté près d'une cérémonie militaire, où le président prononçait un discours. Mais d'autres témoins de la scène ne sont pas de cet avis.

Une autre version indique que ce serait simplement une bonbonne de gaz qui a explosé. Et d'autre part, un groupe inconnu de civils et de militaires revendique le geste, alors que le président, lui, accuse la Colombie. Six personnes ont été arrêtées.

Ricardo Penafiel, professeur au département de science politique à l'Université du Québec à Montréal et spécialiste de l'Amérique latine, est venu démêler les différents fils de cette histoire à l'émission 24/60, sur RDI.

Q : Que s'est-il passé samedi soir au Venezuela?

Ricardo Penafiel : Je ne peux pas prioriser aucune des trois hypothèses. Au début je croyais davantage à l’explosion de gaz. Je voyais les deux camps essayer d’utiliser un événement fortuit en leur faveur. La rapidité de la réaction du gouvernement irait du côté d’une autotentative de coup d’État, mais il y a aussi au Venezuela plusieurs personnes qui souhaitent une escalade des tensions pour justifier une intervention des militaires et une sortie, une rupture avec le régime.

Q : Que pensez-vous des accusations du président contre la Colombie?

R : Ça, c’est un vieux contentieux. Depuis longtemps, et pas plus tard que la semaine dernière, la Colombie accuse aussi constamment le Venezuela d’accueillir des groupes de guérillas colombiennes sur son territoire. Il y a une immense opinion défavorable contre la Colombie au pays. Cela fait partie de la rhétorique classique. Ce n’est pas une indication.

Le professeur Ricardo Penafiel du département de science politique de l'UQAM. Il explique la situation au Venezuela après une tentative d'attentat présumée contre le président MaduroLe professeur Ricardo Penafiel du département de science politique de l'UQAM Photo : Radio-Canada

Q : Comment Nicolas Maduro réussit-il à se maintenir au pouvoir, malgré la crise économique?

R : Maduro est l’héritier d’Hugo Chavez. Il a fait une réelle révolution avec des programmes de distribution de la richesse, mais aussi de participation de la population aux programmes sociaux. Il y a une clientèle assez massive qui va lui être favorable. Ensuite, la crise économique n’est pas seulement la responsabilité du gouvernement, parce que ce sont des mesures pour empêcher la fuite de capitaux. Tant que le gouvernement peut réussir à dire : « ce n’est pas de notre faute », c’est l’oligarchie qui est putschiste, qui veut revenir et qui fait des manifestations insurrectionnelles. Dans ce contexte-là, il peut gagner une élection, comme il l’a fait le 20 mai et l’année dernière.

Q : Le groupe qui a revendiqué l'attentat, le Mouvement national des soldats en chemise, connaît-il une hausse de popularité?

R : Pour eux, ça a été un coup de propagande très grand. L’option en faveur de la rupture avec le régime, qui voudrait un renversement à travers une intervention militaire ou bien rendre le pays ingouvernable pour justifier une intervention extérieure, n’est pas majoritaire. Or, ce mouvement réussit à rendre beaucoup plus publique cette communauté virtuelle anti-chaviste.

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