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« Insensé », dit le président iranien devant l'appel américain à négocier

Les explications de Philippe Leblanc
Radio-Canada

Le président de l'Iran, Hassan Rohani, a qualifié lundi d'« insensé » l'appel au dialogue de son homologue américain alors que Washington s'apprête à imposer de nouvelles sanctions économiques contre le pays.

Ces nouvelles sanctions entrent en vigueur dès mardi.

« Associer des négociations à des sanctions, c'est insensé. Ils imposent des sanctions aux enfants iraniens, aux malades et à la nation », a déclaré M. Rohani lors d'un entretien télévisé, accusant également le président Trump de vouloir mener une « guerre psychologique » contre l'Iran et de créer des divisions au sein de la population.

Le président Rohani s'est par ailleurs dit ouvert à négocier à condition que les États-Unis prouvent d'abord leur bonne foi. « Comment peuvent-ils montrer qu'ils sont dignes de confiance? En revenant au JCPOA [l'accord nucléaire iranien] », a-t-il déclaré, faisant écho à des propos similaires tenus par un de ses proches conseillers la semaine dernière.

À la fin du mois de juillet, Donald Trump s'était dit prêt à rencontrer son homologue iranien. Le président des États-Unis estimait alors que des pourparlers seraient « bons pour [les Iraniens], bons pour [les Américains], bons pour le monde entier ».

Il a d'ailleurs réitéré son ouverture au dialogue, lundi. « Au moment où nous maintenons notre pression économique maximale sur le régime iranien, je reste ouvert à un accord plus global qui concernerait l'ensemble de ses activités néfastes, y compris son programme balistique et son soutien au terrorisme », a affirmé le président Trump dans un communiqué.

Le président américain, qui a adopté une attitude très hostile envers l'Iran depuis son arrivée au pouvoir, reproche entre autres au pays de soutenir le président syrien, Bachar Al-Assad, les rebelles au Yémen, le Hamas à Gaza et le Hezbollah libanais.

En mai, les États-Unis se sont unilatéralement retirés de l'accord sur le nucléaire iranien, soutenant que l'accord n'était pas suffisamment sévère. Le pays mené par Donald Trump a alors menacé de sévir contre « tout autre pays qui aide l’Iran dans sa quête d’armes nucléaires ».

Sanctions contre l'Iran

En se retirant de l'accord, les États-Unis en avaient profité pour réinstaurer les sanctions infligées à l'Iran avant la signature. Ces sanctions devaient entrer en vigueur après deux périodes de transition, une de 90 jours et une de 180 jours.

La première période de 90 jours vient à échéance à 12 h 1 (HAE), mardi. Ces premières sanctions toucheront les transactions financières en dollars américains, le commerce de l'or et des métaux précieux, le commerce des graphites et des métaux ainsi que les achats dans les secteurs de l'automobile et de l'aviation commerciale.

Les mesures de la seconde phase, qui seront mises en place le 4 novembre prochain, toucheront quant à elles les exportations dans le secteur pétrolier et gazier, les transactions entre la Banque centrale iranienne et les institutions financières américaines, ainsi que les prestations d’assurances, les services de messagerie financière, les opérateurs portuaires, le transport maritime et les chantiers navals en Iran.

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a promis que les États-Unis s'assureront que ces sanctions sont « rigoureusement appliquées et maintenues », tant et aussi longtemps que le gouvernement iranien ne changera pas radicalement son discours.

Donald Trump, président des États-Unis

Tensions en Iran

Les mesures américaines interviennent dans un contexte déjà tendu en Iran. La semaine dernière, plusieurs villes ont été le théâtre de manifestations sporadiques et de grèves, fruits de l'inquiétude croissante et d'un sentiment de colère envers le système politique.

Les sanctions risquent également de perturber lourdement l'économie iranienne, qui souffre déjà d'un taux de chômage élevé et d'une nette inflation.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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