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Contrôle des armes à feu : le maire de Toronto relance Justin Trudeau

Deux hommes debout l'un à côté de l'autre
Le premier ministre Justin Trudeau (à g.) en compagnie du maire John Tory (archives) Photo: La Presse canadienne / Chris Young
Radio-Canada

Le maire de Toronto, John Tory, revient à la charge auprès d'Ottawa quant à sa requête de bannir la vente d'armes de poing dans la Ville Reine. Le maire voudrait aussi que le fédéral empêche les récidivistes impliqués dans une fusillade d'être libérés sous caution en attendant leur procès.

Dans une lettre envoyée à M. Trudeau, le maire Tory rappelle que le conseil municipal a voté en faveur, le mois dernier, d'une série de motions pour lutter contre la violence armée dans la foulée de la fusillade mortelle sur l'avenue Danforth.

Lors de son récent passage à Toronto pour les funérailles de l'une des victimes de la fusillade, M. Trudeau n'a pas voulu se mouiller relativement à la demande de la Ville d'obtenir le pouvoir d'interdire la vente des armes de poing sur son territoire.

Nous allons regarder différents moyens [...] de nous assurer que d'autres familles ne souffrent pas de cette perte incompréhensible qu'on a vécue il y a une semaine, a dit le chef libéral le 30 juillet.

Un homme en complet se penche, un bouquet de fleurs à la main.Le premier ministre Justin Trudeau dépose une gerbe de fleurs à la mémoire des victimes de la fusillade. Photo : Radio-Canada

Lois renforcées

Dans sa lettre datée du 3 août, le maire Tory presse M. Trudeau de passer de la parole aux actes.

Ma responsabilité [en tant que maire] est de s'assurer qu'on ne fait pas juste parler de bannir les armes de poing et de renforcer nos lois, mais qu'on bannisse les armes de poing et qu'on renforce nos lois.

John Tory, maire de Toronto

En plus de la tragédie de l'avenue Danforth, Toronto a fait face cette année à une série de fusillades souvent liées aux gangs de rue, selon la police. Au total, 33 personnes ont été tuées dans un total de 233 fusillades depuis le début de 2018.

La Ville demande au fédéral de mieux s'attaquer à la contrebande d'armes en provenance des États-Unis, en plus de resserrer les conditions de libération sous caution.

Des agents et le chef de police me disent à quel point ils sont frustrés de voir des individus arrêtés pour violence armée être libérés sous caution presque immédiatement, même s'ils ont déjà un casier judiciaire ou ont déjà été arrêtés pour un crime similaire et qu'ils étaient en libération conditionnelle lorsqu'ils ont été appréhendés.

John Tory, maire de Toronto

Qui a besoin d'une arme à feu à Toronto?, répète le maire.

Si le fédéral refuse de bannir la vente des armes de poing à Toronto, Ottawa devrait à tout le moins forcer les propriétaires d'armes à feu à les entreposer à des endroits spécifiques hors de leur demeure, selon M. Tory. Les propriétaires ne pourraient sortir leur arme que pour aller à la chasse ou dans un champ de tir, par exemple.

De son côté, l'avocat criminaliste Daniel Brown affirme qu'il serait anticonstitutionnel de refuser à un accusé le droit de demander une libération sous caution.

Enjeu électoral

Le maire Tory fera face à l'électorat en octobre prochain.

La violence armée est l'un des enjeux majeurs évoqués par sa principale adversaire à la mairie, Jennifer Keesmaat.

Toronto réclame par ailleurs 29 millions de dollars d'Ottawa pour des programmes de prévention auprès des jeunes à risque, ainsi que 15 millions pour renforcer la sécurité dans certains quartiers, grâce entre autres à l'installation de plus de caméras de surveillance.

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