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Le ministre de l'Éducation contre un point de vente de cannabis près des cégeps

La capacité de travailler après avoir consommé du cannabis. Photo: iStock
Radio-Canada

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, remet en question le site choisi par la Société québécoise du cannabis (SQDC) pour établir une succursale à proximité de cégeps et de l'université à Québec.

« Si vous me posez la question : " est-ce que vous trouvez que c’est un lieu adéquat? " La réponse, c’est non. À mon avis, c’est trop proche de nos établissements scolaires », estime Sébastien Proulx.

La semaine dernière, la SQDC a annoncé l’ouverture d’un point de vente tout près des cégeps de Sainte-Foy et Champlain - St. Lawrence ainsi que de l’Université Laval, à l’angle du chemin Sainte-Foy et de l’autoroute Robert-Bourassa.

« Est-ce que la Société québécoise du cannabis a besoin de se retrouver dans un endroit de haute fréquentation de voitures, de touristes et de citoyens pour faire de la vente? À mon avis, non. Alors on pourrait trouver sûrement un autre lieu que celui-là », plaide le ministre.

Le ministre ne peut toutefois avancer une distance idéale entre un point de vente de cannabis et les campus.

Plus tôt ce matin, la ministre déléguée à la Santé publique Lucie Charlebois ne semblait pas, pour sa part, contrariée par la localisation de la succursale.

« Les jeunes adultes ont le droit d’acheter de la boisson, ils ont un permis de conduire, ils vont voter. Ils sont capables de discernement », a-t-elle soutenu en entrevue sur les ondes de RDI, soulignant que la Société québécoise du cannabis est « autonome » dans ses choix.

La loi québécoise sur le cannabis interdit les commerces de vente à moins de 250 mètres des écoles primaires et secondaires, mais aucune restriction n’est prévue pour les cégeps ni les universités.

Un devoir de prudence

Le président-directeur général de la Fédération des cégeps s'est d'ailleurs dit surpris par le choix du site, même si la loi n'établit pas de périmètre pour la vente de cannabis autour des campus.

« Au-delà d'une modification à la loi, on aurait considéré normal qu'au départ, pour les premières succursales, on tente de trouver des lieux qui étaient relativement éloignés des maisons d'enseignement », affirme Bernard Tremblay.

Il estime que la SQDC a un « devoir de prudence ».

Dans un premier temps, de ne pas créer de trop grands incitatifs à la consommation nous semble une mesure de prudence adéquate.

Bernard Tremblay, président-directeur général

La Fédération des cégeps avait demandé au gouvernement d'interdire la vente de cannabis à proximité de ses installations lors de l'étude du projet de loi sur le cannabis, en janvier dernier. Presque le quart (24 %) des étudiants des cégeps sont mineurs.

CAQ : pas de vente près des campus

Le chef de la Coalition avenir Québec s’engage pour sa part à changer la loi s’il prend le pouvoir le 1er octobre : il n’y aura pas de succursale de la SQDC près des cégeps, affirme François Legault.

« Ça nuit aux résultats. Ne faisons pas exprès. Ne banalisons pas la consommation de cannabis. Le gouvernement a une responsabilité et il n’y aura pas de centres distribution près des établissements scolaires. »

Le chef caquiste s’engage également à faire passer de 18 à 21 ans l’âge légal pour consommer et acheter du cannabis.

Une campagne d’information

À moins de deux mois et demi de la légalisation du cannabis au Canada, le gouvernement québécois a lancé lundi une campagne de sensibilisation à la radio et à la télé.

Les messages rappellent les grandes règles entourant la légalisation du cannabis : un adulte pourra posséder jusqu’à 30 grammes de pot, mais ne pourra pas en cultiver à domicile; il ne pourra pas en fumer là où le tabac est interdit et il lui sera interdit de prendre le volant sous l'effet du cannabis.

« Ce qu’on cherche à faire, c’est de ramener les gens sur un marché légal. C’est bien clair pour pouvoir les informer sur ce qu’ils achètent pour qu’il y ait une traçabilité du produit, pour qu’ils sachent c’est quoi les effets. Bref, on ne veut pas en vendre plus, on veut juste encadrer tout ça », explique Lucie Charlebois.

La ministre précise qu’il s’agit d’une campagne informative, puisque la publicité et le marketing entourant le cannabis sont interdits.

D’autres campagnes de sensibilisation à la consommation du cannabis sont prévues cet automne et cet hiver.

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