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Pénurie de main-d’œuvre en tourisme en Gaspésie : l’industrie doit s’adapter

Pénurie de main-d’œuvre en tourisme en Gaspésie : l’industrie doit s’adapter
Radio-Canada

Le problème n'est pas nouveau, mais l'industrie touristique estime que la pénurie de main-d'œuvre n'a jamais été aussi importante, particulièrement dans le secteur de la restauration.

Un texte de Brigitte Dubé, avec les informations de Martin Toulgoat

En Gaspésie, comme ailleurs au Québec, certains restaurants doivent réduire leurs heures d'ouverture ou carrément fermer leurs portes faute d'employés.

Érika Williamson.Érika Williamson fait souvent des heures supplémentaires à cause du manque d'employés. Photo : Radio-Canada

En raison du manque criant d'employés, Érika Williamson ne compte pas ses heures au Café des artistes de Gaspé. On manque de main-d'œuvre. On fait souvent plein de doubles. Il y a quelques adultes, mais, de base, ce sont des étudiants.

Son patron, Jacques Legault, est à court de solutions, surtout pour trouver des cuisiniers. C'est du jamais-vu depuis qu'il a ouvert son café, il y a 20 ans.

La nouvelle génération, ça ne veut pas travailler le soir, ça ne veut pas travailler la fin de semaine, ça veut une qualité de vie, en général, observe-t-il.

Tu es mal pris, donc les soirées, c'est toi qui les fais, les fins de semaine, c'est toi qui les fais.

Jacques Legault, propriétaire, Café des artistes
CaissièrePour assurer leur pérennité, les entreprises doivent compter sur les jeunes qui, eux, ont le choix. Photo : Radio-Canada
L'Association des restaurateurs du Québec évalue que 70 % de ses membres partout dans la province sont frappés par une pénurie d'employés.

Selon Claudine Roy, vice-présidente de l’Association des restaurateurs du Québec, il faut s’adapter.

C'est fini, cette ère-là où les gens attendaient sur le perron pour se faire engager.

Claudine Roy, vice-présidente, Association des restaurateurs du Québec

Parmi les solutions proposées : offrir des primes de soir ou de fin de semaine et convaincre Québec d'imposer le partage des pourboires avec les cuisiniers.

Claudine Roy, vice-présidente, de l’Association des restaurateurs du QuébecClaudine Roy, vice-présidente, Association des restaurateurs du Québec Photo : Radio-Canada

À ce temps-ci, un serveur sur le plancher, dans un bistro, peut aller se chercher facilement entre 40 $ et 50 $ de l'heure avec le pourboire, précise Claudine Roy. Alors comment veux-tu payer un cuisinier au même salaire? C'est impossible. Maintenant, c'est un débat.

L’hébergement, l’autre défi

L'autre défi, c'est de loger les travailleurs.

Le Groupe Riôtel, qui possède trois établissements en Gaspésie, a décidé de convertir une auberge de 12 chambres pour héberger des employés. On prend l’exemple de ce que fait l'Ouest canadien depuis des décennies. Ils vont fournir l'hébergement, ils vont loger, nourrir les employés, explique Nathalie Blouin, vice-présidente aux ventes et au marketing du Groupe Riôtel.

On pense que la Gaspésie a le potentiel de devenir une destination à l’image de ce que l’Ouest canadien fait depuis des décennies, précise-t-elle. Fournir l’hébergement, loger et nourrir les employés pour devenir une destination qui attire le personnel.

Nathalie Blouin, vice-présidente aux ventes et au marketing, Groupe RiôtelNathalie Blouin, vice-présidente aux ventes et au marketing, Groupe Riôtel Photo : Radio-Canada

Les médias sociaux sont mis à contribution. Riôtel a mis en ligne une vidéo qui s’adresse aux amateurs de plein air et qui montre les avantages de venir travailler à Percé. C’est dépaysant, Percé! On peut faire plein de choses : du kayak, de la plongée, de la voile, fréquenter les parcs nationaux, etc. On veut se démarquer et toucher la corde sensible des voyageurs. La Gaspésie a tellement à offrir en termes de qualité de vie!

Ville de PercéTouristes à Percé Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Mais cela ne suffit pas, selon Nathalie Blouin. Il faut aussi s’adapter à une clientèle qui bouge et former une nouvelle main-d’œuvre d’année en année.

Avec nos emplois saisonniers, dit-elle, il faut voir aussi comment s’allier avec d’autres industries pour combler des emplois en hiver, alors que le tourisme est plus tranquille.

Selon Mme Blouin, il faut également de meilleures conditions de travail et des avantages sociaux pour fidéliser les employés.

Par ailleurs, pour tenter de régler ce problème, l'Association des restaurateurs du Québec aimerait que le prochain gouvernement accorde un allégement fiscal aux retraités qui souhaitent encore travailler quelques heures par semaine.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Économie