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Six arrestations après la « tentative d'attentat » contre Maduro

Le récit de Jacaudrey Charbonneau
Radio-Canada

Le gouvernement vénézuélien a annoncé l'arrestation de six personnes relativement à l'explosion de samedi, présentée comme une attaque contre le président Nicolas Maduro.

Selon le ministre de l’Intérieur, Nestor Reverol, l’une des personnes arrêtées faisait déjà l'objet d'un mandat depuis une attaque en 2017 contre une base militaire. Une autre avait quant à elle été arrêtée en 2014 pour avoir participé à des manifestations contre le gouvernement.

Pendant ce temps, l’opposition a mis en garde contre un mouvement de répression, légitimé par l’incident de samedi.

Nous mettons en garde contre le gouvernement qui profite de cet incident pour criminaliser ceux qui s’opposent légitimement et démocratiquement, aggravant la répression et les violations systématiques des droits humains, a publié une coalition d’opposants au gouvernement Maduro sur Twitter.

Samedi, une explosion a interrompu un discours livré par Nicolas Maduro dans le cadre du 81e anniversaire de la Garde nationale, à Caracas.

Plusieurs gardes du corps tentent de protéger le président vénézuélien Nicolas Maduro à l'aide de boucliers et d'un parapluie de kevlarPlusieurs gardes du corps autour du président vénézuélien Nicolas Maduro après l'interruption de son discours par une explosion. Photo : The Associated Press / Xinhua

La Colombie et les États-Unis accusés

M. Maduro a affirmé avoir échappé à une tentative d’assassinat, qu’il juge organisée par des groupes d’extrême droite liés aux gouvernements colombien et américain.

Or, Washington et Bogota ont tous deux balayé ces accusations du revers de la main.

Je peux dire catégoriquement qu'il n'y a eu absolument aucune participation du gouvernement américain dans cela, a déclaré sur la chaîne Fox le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton.

Si le gouvernement vénézuélien dispose de solides informations qu'il veut nous soumettre et qui montreraient une possible atteinte au droit pénal américain, nous les examinerons sérieusement. Mais, en attendant, nous devrions vraiment nous concentrer sur la corruption et l'oppression du régime au Venezuela, souligne M. Bolton.

L'incident de samedi pourrait avoir été provoqué par beaucoup de choses, comme un prétexte fourni par le régime lui-même ou quelque chose d'autre, a-t-il assuré.

Pour sa part, le gouvernement colombien a catégoriquement rejeté cette accusation samedi, la qualifiant d'absurde.

Revendication par écrit d'un groupe inconnu

Un mystérieux groupe rebelle qui serait composé de civils et de militaires a revendiqué l'action, dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.

Nous ne pouvons pas tolérer que la population soit affamée, que les malades n'aient pas de médicaments, que la monnaie n'ait plus de valeur, que le système éducatif n'enseigne plus rien et ne fasse qu'endoctriner avec le communisme, assure ce texte. Celui-ci est signé du « Mouvement national des soldats en chemise », jusque-là inconnu.

Des images diffusées en direct du rassemblement montrent le chef d'État désorienté après le retentissement d'une détonation.

Selon le ministre de la Communication, une charge explosive [...] a détoné à proximité de l'estrade présidentielle et d'autres charges ont explosé en plusieurs endroits de la parade militaire.

Plusieurs témoins résidant à proximité des lieux de l’incident ont raconté avoir vu au moins un drone foncer dans un immeuble d’habitations pour ensuite exploser.

L’un de ces témoins aurait pris une vidéo de la scène dans laquelle on voit un drone s’écraser contre un immeuble, mais aucune explosion. Ce témoin a raconté à l'Associated Press que l’explosion s’est produite après que le drone fût tombé.

Sept militaires ont été blessés et hospitalisés à la suite de ces faits, selon le gouvernement vénézuélien.

Allié de M. Maduro, Cuba a été l'un des premiers pays à réagir, exprimant son entière solidarité avec le président vénézuélien face à cette tentative d'attentat.

La Russie, l'Iran et la Turquie, également proches de Caracas, ont fermement condamné cette tentative d'assassinat, selon Moscou. Madrid, qui parle de faits violents, a réprouvé tout type de violence à des fins politiques.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Associated Press

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