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« On a essayé de m'assassiner », affirme le président Nicolas Maduro

Le président Nicolas Maduro participait à un grand événement militaire, à Caracas. Photo: Miraflores Presidential Palace via REUTERS
Radio-Canada

Le discours du président vénézuélien Nicolas Maduro a été interrompu, samedi, par une explosion qui a semé la confusion. Le gouvernement accuse la Colombie et les États-Unis, des responsables évoquent une fuite de gaz et un mystérieux groupe revendique l'attaque sur Twitter.

Nicolas Maduro, qui participait à un événement militaire à Caracas, a été évacué d'urgence en pleine allocution. La scène, qui a été filmée, montre le dirigeant socialiste et plusieurs autres personnes présentes à ses côtés regarder vers le ciel avant la détonation.

Selon le ministre de l'Information, Jorge Rodriguez, plusieurs drones chargés d'explosifs auraient détoné près du rassemblement, qui visait à célébrer le 81e anniversaire de la Garde nationale. Sept militaires ont été blessés et hospitalisés, a-t-il indiqué.

Plus tard, lors d'un discours retransmis à la télévision et à la radio, le président Maduro a évoqué deux explosions. « Il s'agit d'un attentat pour me tuer. Aujourd'hui, on a essayé de m'assassiner », a-t-il déclaré.

Un soldat habillé en noir entraîne le président Nicolas Maduro hors de l'estrade où il se tient.Un militaire interrompt le discours du président Maduro. Photo : AFP/Getty Images / JUAN BARRETO

Versions contradictoires

Le président Maduro a accusé les responsables de provenir de groupes d'extrême droite liés à la Colombie et aux États-Unis. Selon « les premières investigations », a-t-il dit, les financiers de l'attaque seraient situés en Floride.

« Je n'ai aucun doute sur le fait que le nom [du président de la Colombie] Juan Manuel Santos est derrière cet attentat », a lancé le président.

Ces accusations sont « sans fondement », a réagi de son côté une source gouvernementale à Bogota. « Il est absurde de dire que le président colombien serait responsable de l'attentat supposé contre le président vénézuélien », a déclaré peu de temps après le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Le gouvernement colombien n'est pas le seul à rejeter les affirmations de Maduro. Des pompiers installés près de la scène où se tenait le président vénézuélien ont contesté la version des événements donnée par le gouvernement, selon l'Associated Press.

Trois responsables ont avancé sous le couvert de l'anonymat que l'explosion serait en fait celle d'un réservoir de gaz à l'intérieur d'un appartement, situé non loin de la place où avait lieu la cérémonie.

Pendant ce temps, un mystérieux groupe nommé « Mouvement national des soldats en chemise », composé de civils et de militaires, a revendiqué l'attaque dans un communiqué diffusé sur Twitter.

L'organisation y révèle qu'elle prévoyait faire voler deux drones chargés d'explosifs en direction du président. Les deux engins auraient toutefois été abattus par les militaires avant qu'ils n'atteignent leur cible.

Les autorités vénézuéliennes ont confirmé avoir déjà procédé à une série d'arrestations relativement à l'attaque, sans donner plus de détails.

Des soldats inspectent un bâtiment partiellement brûlé.Les forces de sécurité vénézuéliennes fouillent un bâtiment après la tentative d'attentat contre le président. Photo : AFP/Getty Images / JUAN BARRETO

Un pays en crise

Le Venezuela fait face à l'une des pires crises économiques de l'histoire moderne, provoquée par la chute des prix du pétrole. Son taux d'inflation devrait passer la barre du 1 000 000 % en 2018. Les prix des produits de consommation ont bondi de 46 305 % cette année.

Depuis plusieurs mois, les rues du pays sont le théâtre d'affrontements violents et mortels entre manifestants, principalement des jeunes, et les forces de l'ordre.

Le gouvernement vénézuélien accuse très souvent ses opposants de planifier des attaques afin de renverser Nicolas Maduro, qui affirme être victime d’un complot « impérialiste » pour les ressources pétrolières du pays.

M. Maduro a récemment prolongé son mandat au pouvoir lors d’élections dénoncées par plusieurs autres pays.

L’an dernier, un policier avait réussi à dérober un hélicoptère et à survoler la capitale en mitraillant des bâtiments gouvernementaux. Oscar Perez a par la suite été tué par balles.

De leur côté, les opposants au régime dénoncent la répression politique qu’ils disent subir et tiennent Nicolas Maduro pour unique responsable de la débâcle économique du Venezuela.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et Associated Press

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