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Climat : les épisodes de chaleur mortelle multipliés

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Une femme de dos et portant une tenue ample s'étire les bras alors qu'elle se tient au cœur de multiples jets d'eau sortant du sol.

Une femme se rafraîchit dans un parc de Madrid, en Espagne.

Photo : Getty Images / Pierre-Philippe Marcou

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Deux ans après la signature de l'Accord de Paris, il est de moins en moins évident qu'on pourra contenir le réchauffement climatique sous la barre des deux degrés Celsius. L'année 2017 aura été l'une des plus chaudes jamais enregistrées, et 2018 risque de battre de nouveaux records.

Un texte de Michel Marsolais

Il n'est pas toujours évident de distinguer les épisodes météo des changements climatiques. Les premiers sont passagers, les seconds s'inscrivent dans le long terme. Mais malgré l'Accord de Paris, la tendance est claire : il va faire de plus en plus chaud et les effets dévastateurs sont déjà là.

Le monde est en feu en ce moment, on n'a qu'à constater les feux de forêt énormes qui sévissent en Ontario, en Californie également, s’alarme Annie Bérubé, directrice des relations intergouvernementales chez Équiterre.

Tous les phénomènes météorologiques extrêmes reliés aux changements climatiques qu'on anticipait dans un futur lointain sont réels, ils sont présents.

Annie Bérubé, directrice des relations intergouvernementales chez Équiterre

Au Québec, le mois de juillet aura été de trois degrés plus chaud que la normale avec des températures de 36 degrés Celsius à Montréal et de 33 degrés Celsius à Québec.

D'autres pays nordiques connaissent des situations similaires. La Norvège a enregistré 33 degrés Celsius au nord du cercle polaire. Il a fait près de 40 degrés Celsius à Wonsan en Corée du Nord.

Les températures de plus de 50 degrés Celsius deviennent monnaie courante à plusieurs endroits, dont l’Algérie, le Portugal, l’Espagne, la Californie et les Émirats arabes unis.

Un panneau numérique indique 40 degrés Celsius devant des rayons du soleil dans un ciel bleu clair.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le mercure est grimpé à 40 degrés Celsius à Lille en France au mois de juillet.

Photo : Getty Images / Denis Charlet

Solutions toujours attendues

On se dirige vers bien pire, selon Jean-François Boisvert de la Coalition climat Montréal. Donc l'urgence d'agir est là, mais on ne se sent pas une volonté politique de poser des gestes, parce qu'on ne veut pas faire trop de vagues ou nuire à l'économie.

Si on continue le business as usual, on pourrait atteindre un réchauffement de quatre ou six degrés.

Jean-François Boisvert, Coalition climat Montréal

Malgré le scénario catastrophe qui se déploie au ralenti, les solutions tardent à s’implanter.

Par exemple, le Canada vient d'assouplir ses règles sur le prix du carbone alors qu’il risque déjà de rater sa cible de réduction des émissions.

On voit plusieurs retards dans la mise en œuvre. On a déjà un délai d'un an dans l'application du prix carbone à l'échelle pancanadienne. On voit que la norme sur les carburants faibles en carbone ne sera pas appliquée avant 2020, voire 2023, déplore Annie Bérubé.

La transition énergétique est une condition essentielle à la diminution des gaz à effet de serre (GES), mais certains pays vont à contresens. Aux États-Unis, on a abaissé les normes sur la pollution automobile tout en faisant la promotion du charbon.

Des décès en hausse

La canicule a déjà causé des milliers de morts en 2018, mais cela risque de n’être qu’un avant-goût.

On va avoir davantage de mortalité. On vient justement de sortir une étude mondiale là-dessus qui montre des augmentations de mortalité de 100 % à 200 % à travers le monde, dans 450 villes, dit le docteur Pierre Gosselin, médecin-conseil à l’Institut de santé publique du Québec.

Une étude publiée dans la revue Nature Climate Change indique en effet qu'à l'horizon de 2100, une personne sur deux sera exposée à des vagues de chaleur mortelle de plus de 20 jours.

Selon cette étude, l'absence de mesure radicale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre met à risque 75 % de la population mondiale.

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