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Manifestations en Iran avant le retour des sanctions américaines

Plusieurs drapeaux officiels de l'Iran.

Le drapeau national de l'Iran

Photo : Reuters / Morteza Nikoubazi

Radio-Canada

Des manifestants iraniens ont attaqué une école religieuse à Karaj, une province située près de Téhéran, alors que des manifestations se produisent à travers le pays à l'approche du retour des sanctions américaines dès mardi.

Depuis quatre jours, des manifestations rassemblant plusieurs centaines de personnes ont lieu dans plusieurs grandes villes comme Chiraz (sud), Ahvaz (sud-ouest), Machhad (nord-est) et Karaj (près de Téhéran), alors que les difficultés économiques attisent la colère contre le système politique.

Les autorités n'ont pas donné de détails sur ces protestations, tandis que les médias conservateurs ont mis l'accent sur les attaques contre des établissements symboliques, tels que les édifices religieux.

« Vers 21 h heure locale vendredi, environ 500 manifestants ont attaqué l'école, tentant de briser ses portes et de brûler des objets », a déclaré à Fars - agence proche des conservateurs - Hojateslam Hindiani, le directeur de l'école située dans la ville d'Ishtehad.

Les protestataires « sont arrivés avec des pierres et ont brisé toutes les fenêtres de la salle de prière, scandant des slogans contre le régime », a-t-il affirmé. Ils ont ensuite été dispersés par la police antiémeute et certains arrêtés.

Des manifestations dans tout le pays

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, mais dont l'origine n'a pas pu être déterminée, ont aussi montré des manifestations dans des villes touristiques comme Ispahan (centre) ainsi qu'à Téhéran jeudi.

Sur certaines images, des slogans radicaux comme « Mort au dictateur » sont scandés.

Il est interdit aux médias étrangers de couvrir les manifestations « non autorisées », et les autorités accusent des groupes d'opposition liés aux États-Unis, à Israël ou à l'Arabie saoudite d'être derrière ces mouvements.

Les images suggèrent toutefois que ces manifestations n'ont pas l'ampleur des troubles de décembre et de janvier, quand au moins 25 personnes avaient été tuées dans des protestations qui avaient agité des dizaines de villes.

Mais le gouvernement du président Hassan Rohani doit faire face à l'opposition des conservateurs et des responsables religieux qui critiquent son action auprès de l'Occident et souhaitent tirer parti de la colère contre la corruption pour le renverser.

Le site d'information conservateur Qom News a publié une vidéo d'une manifestation dans la ville sainte de Machhad après la prière de vendredi, au cours de laquelle un dignitaire religieux accuse des responsables politiques de « ne pas se soucier des problèmes du peuple ».

« La plupart ont deux passeports et leurs familles vivent à l'étranger. La justice doit les retrouver et les arrêter », a-t-il lancé devant la foule.

Ces tensions et troubles interviennent au moment où l'inquiétude des Iraniens grandit à l'approche du retour des sanctions américaines, qui menacent de déstabiliser davantage une économie déjà à la peine.

Sanctions américaines

Washington, qui s'est retiré unilatéralement en mai de l'accord historique de 2015 sur le nucléaire iranien, dit vouloir exercer une «  pression maximale  » sur l'Iran par l'intermédiaire de nouvelles sanctions mises en place à partir du 7 août et au mois de novembre.

Les États-Unis justifient leur revirement en affirmant que l'Iran constitue une menace pour la sécurité au Moyen-Orient et a demandé aux autres pays de cesser leurs importations de pétrole iranien sous peine de sanctions financières.

Bien que les petites entreprises étrangères se soient engagées à contourner les sanctions américaines, des multinationales telles que les sociétés françaises Total et Peugeot et allemande Siemens ont déjà annoncé leur intention de quitter le pays.

La première phase des nouvelles sanctions inclut des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des sanctions sur les achats dans le secteur automobile et l'aviation commerciale en Iran.

La seconde phase des sanctions, qui concerne notamment le secteur pétrolier et gazier et la banque centrale, sera appliquée le 5 novembre. En conséquence, les exportations de brut iranien pourraient chuter des deux tiers d'ici la fin de l'année.

La pression américaine pèse également sur la monnaie iranienne, qui a perdu environ deux tiers de sa valeur en six mois.

Avec les informations de Agence France-Presse, et REUTER

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