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Pyongyang n'a pas mis un terme à ses programmes nucléaire et balistique, selon l’ONU

Un missile balistique est exhibé durant un défilé militaire marquant le 105e anniversaire de naissance du père fondateur de la Corée du Nord, Kim Il-sung, à Pyongyang, le 15 avril 2017.

Photo : Reuters / Damir Sagolj

Radio-Canada

Des enquêteurs indépendants estiment que la Corée du Nord poursuit ses programmes balistique et nucléaire, malgré les sanctions imposées par les Nations unies.

Le régime de Kim Jong-un cherche toujours à vendre des armes à d’autres pays, notamment à l'Afrique et au Moyen-Orient, dont le Yémen, rapportent des experts dans un rapport confidentiel de l'ONU, au terme d'une enquête de six mois.

Le rapport a été remis vendredi soir au comité de sanctions de l'ONU contre la Corée du Nord.

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a réagi en demandant à la communauté internationale de « maintenir la pression diplomatique et économique » sur Pyongyang tant que le régime ne renoncera pas à ses armes nucléaires.

Si ce rapport est exact, et nous avons toutes les raisons de croire qu’il l’est, il s’agit d’une violation.

Mike Pompeo, secrétaire d'État américain

M. Pompeo cherche à ce que la Corée du Nord respecte les engagements pris lors du sommet de Singapour entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

La Corée du Nord y avait promis une « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ». Or, aucun échéancier précis n’avait été établi.

De retour à Singapour vendredi, où il participe au forum de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN), M. Pompeo a « recommandé [aux pays de l’ASEAN] d'appliquer strictement toutes les sanctions, y compris la cessation totale de transferts illégaux de pétrole entre navires [à destination de la Corée du Nord] ».

Le secrétaire d’État américain a été particulièrement virulent envers la Russie, qu’il soupçonne de toujours faire affaire avec des Nord-Coréens.

« Ce serait une violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies », et « toute violation » sera « prise très au sérieux par les États-Unis », a-t-il déclaré, promettant d'en parler avec Moscou.

Un homme portant un veston et une cravate est assis devant un micro.

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo

Photo : Getty Images / Roslan Rahman

À l'opposé, M. Pompeo a salué la promesse du ministre des Affaires étrangères de la Chine, Wang Yi, qui s'est engagé à poursuivre les pressions sur la Corée du Nord.

« Le président Kim a pris un engagement », a répété le chef de la diplomatie américaine, celui « de dénucléariser son pays ». Mais « nous savons tous que cela prendra du temps », a-t-il aussitôt ajouté, pour relativiser l'absence de progrès concrets.

Le secrétaire d'État s'est voulu tout de même optimiste, qualifiant les pays d'« unis ».

« Je dois dire, après mes réunions ici, que le monde est uni vers cet objectif », a assuré M. Pompeo. « J'ai confiance dans notre succès. »

Plusieurs personnes devant des drapeaux, deux d'entre elles se serrent la main, il s'agit du secrétaire d'État américain Mike Pompeo et du ministre des Affaires étrangères nord-coréen Ri Yong-ho.

Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo et le ministre des Affaires étrangères nord-coréen Ri Yong Ho, se serrent la main lors du sommet de l'ASEAN à Singapour.

Photo : Reuters / Edgar Su

« L'impatience n'aide pas à construire la confiance »

De son côté, la Corée du Nord a critiqué samedi l'appel du secrétaire d'État américain à continuer à appliquer les sanctions envers Pyongyang et reproché à Washington son « impatience » face à la lenteur des avancées diplomatiques.

« La Corée du Nord reste ferme dans sa détermination et son engagement à appliquer la déclaration commune RPDC-USA, de manière responsable et de bonne foi », a assuré dans un communiqué le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong-ho.

En dépit de cela, Washington « donne de la voix pour maintenir les sanctions », trahissant « des mouvements aux États-Unis voulant revenir en arrière, loin des intentions de leur dirigeant », a-t-il déclaré.

« L'impatience n'aide pas du tout à construire la confiance. Et surtout quand on avance des exigences unilatérales qui ne vont que saper la confiance au lieu de la renouveler », a ajouté la diplomatie nord-coréenne.

« Tant que les États-Unis ne montreront pas dans la pratique leur volonté d'éliminer ce qui nous pose problème, il n'y aura aucune possibilité que nous avancions de notre côté », a conclu Ri Yong-ho.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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