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Pyongyang n'a pas mis un terme à ses programmes nucléaire et balistique, selon l’ONU

Le récit de Marie-Claude Morin.
Radio-Canada

Des enquêteurs indépendants estiment que la Corée du Nord poursuit ses programmes balistique et nucléaire, malgré les sanctions imposées par les Nations unies.

Le régime de Kim Jong-un cherche toujours à vendre des armes à d’autres pays, notamment à l'Afrique et au Moyen-Orient, dont le Yémen, rapportent des experts dans un rapport confidentiel de l'ONU, au terme d'une enquête de six mois.

Le rapport a été remis vendredi soir au comité de sanctions de l'ONU contre la Corée du Nord.

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a réagi en demandant à la communauté internationale de « maintenir la pression diplomatique et économique » sur Pyongyang tant que le régime ne renoncera pas à ses armes nucléaires.

Si ce rapport est exact, et nous avons toutes les raisons de croire qu’il l’est, il s’agit d’une violation.

Mike Pompeo, secrétaire d'État américain

M. Pompeo cherche à ce que la Corée du Nord respecte les engagements pris lors du sommet de Singapour entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

La Corée du Nord y avait promis une « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ». Or, aucun échéancier précis n’avait été établi.

De retour à Singapour vendredi, où il participe au forum de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN), M. Pompeo a « recommandé [aux pays de l’ASEAN] d'appliquer strictement toutes les sanctions, y compris la cessation totale de transferts illégaux de pétrole entre navires [à destination de la Corée du Nord] ».

Le secrétaire d’État américain a été particulièrement virulent envers la Russie, qu’il soupçonne de toujours faire affaire avec des Nord-Coréens.

« Ce serait une violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies », et « toute violation » sera « prise très au sérieux par les États-Unis », a-t-il déclaré, promettant d'en parler avec Moscou.

Un homme portant un veston et une cravate est assis devant un micro.Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo Photo : Getty Images / Roslan Rahman

À l'opposé, M. Pompeo a salué la promesse du ministre des Affaires étrangères de la Chine, Wang Yi, qui s'est engagé à poursuivre les pressions sur la Corée du Nord.

« Le président Kim a pris un engagement », a répété le chef de la diplomatie américaine, celui « de dénucléariser son pays ». Mais « nous savons tous que cela prendra du temps », a-t-il aussitôt ajouté, pour relativiser l'absence de progrès concrets.

Le secrétaire d'État s'est voulu tout de même optimiste, qualifiant les pays d'« unis ».

« Je dois dire, après mes réunions ici, que le monde est uni vers cet objectif », a assuré M. Pompeo. « J'ai confiance dans notre succès. »

Plusieurs personnes devant des drapeaux, deux d'entre elles se serrent la main, il s'agit du secrétaire d'État américain Mike Pompeo et du ministre des Affaires étrangères nord-coréen Ri Yong-ho.Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo et le ministre des Affaires étrangères nord-coréen Ri Yong Ho, se serrent la main lors du sommet de l'ASEAN à Singapour. Photo : Reuters / Edgar Su

« L'impatience n'aide pas à construire la confiance »

De son côté, la Corée du Nord a critiqué samedi l'appel du secrétaire d'État américain à continuer à appliquer les sanctions envers Pyongyang et reproché à Washington son « impatience » face à la lenteur des avancées diplomatiques.

« La Corée du Nord reste ferme dans sa détermination et son engagement à appliquer la déclaration commune RPDC-USA, de manière responsable et de bonne foi », a assuré dans un communiqué le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong-ho.

En dépit de cela, Washington « donne de la voix pour maintenir les sanctions », trahissant « des mouvements aux États-Unis voulant revenir en arrière, loin des intentions de leur dirigeant », a-t-il déclaré.

« L'impatience n'aide pas du tout à construire la confiance. Et surtout quand on avance des exigences unilatérales qui ne vont que saper la confiance au lieu de la renouveler », a ajouté la diplomatie nord-coréenne.

« Tant que les États-Unis ne montreront pas dans la pratique leur volonté d'éliminer ce qui nous pose problème, il n'y aura aucune possibilité que nous avancions de notre côté », a conclu Ri Yong-ho.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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