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Trois anciennes étudiantes poursuivent les responsables de la corréactologie

Gros plan sur un prospectus de la corréactologie.
Treize cliniques, douze en Ontario et une au Québec, pratiquent la corréactologie. Photo: Radio-Canada / Joël Ashak
Radio-Canada

Trois étudiantes expulsées du programme offert par l'Institut de corréactologie, en partenariat avec le Collège Boréal, poursuivent les directeurs de l'institut et de l'association de cette médecine non conventionnelle controversée et dénoncent un programme qu'elles qualifient de frauduleux et d'illégal.

Un texte de Justine Cohendet

La corréactologie est présentée comme une approche qui aide le corps à se guérir lui-même en intervenant sur les cellules.

Les responsables de l’institut et de l'association ont tenté de mettre fin à ces poursuites en invoquant la clause de confidentialité, signée par les plaignantes. Mais une juge de la Cour supérieure de justice de l’Ontario a rejeté leur demande dans une décision rendue le 9 juillet.

Les plaignantes allèguent que le système de diplômes et d’homologation du programme est une arnaque.

Hazel Graves, Stephanie Menard et Nathalie McGlade-Lee ont déposé une déclaration des faits en septembre 2017 devant la Cour de justice de l’Ontario qui contient, entre autres, des allégations de fausse déclaration, de complot, d’entrave au commerce et de violation de contrat à l’encontre des responsables de l’Institut de corréactologie et l'association du même nom.

Les inventeurs de la corréactologie, Michael et Allan Lapointe, leur père, Louis Lapointe, et leur mère, Angèle Lapointe, sont les administrateurs de l'association. Angèle Lapointe, Karen Boczeck, Julie Bedard sont les administratrices de l'Institut.

La formation en corréactologie, dont les droits de scolarité avoisinent les 50 000 $, est dispensée depuis 2016 au Collège Boréal. L’établissement postsecondaire francophone a toutefois indiqué en mai dernier qu’il n’acceptait plus de nouveaux étudiants dans ce programme. Le Collège n'a pas souhaité émettre de commentaire.

Début du conflit au printemps 2017

Les trois anciennes élèves ont indiqué avoir été renvoyées du programme au printemps 2017 alors qu'elles terminaient leur formation de trois ans et demi. Leur expulsion serait intervenue après qu'elles eurent consulté un avocat concernant le formulaire d'inscription et la licence qu’elles avaient signés au début du programme, en 2013.

Ces documents stipulent, entre autres, que les anciens étudiants doivent verser 30 % des revenus qu’ils gagnent grâce à la pratique de la corréactologie. Les étudiants s’engagent également à garder confidentielles les informations dont est propriétaire l’Institut.

Après cet incident, deux des plaignantes ont eu une rencontre avec Michael, Allan, Angèle et Louis Lapointe. Selon Hazel Graves et Stephanie Menard, les Lapointe les auraient menacées et aurait utilisé des techniques interrogatives abusives.

L’avocat des plaignantes, Michael Kleinman, a indiqué qu'il ne souhaitait pas faire de commentaire pour l'instant. La date d'une prochaine audience devrait être communiquée ultérieurement.

Angèle Lapointe parle, assise à son bureau Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

Angèle Lapointe a indiqué que la décision de la juge n'avait pas surpris les responsables de la corréactologie. Elle a cependant précisé qu'ils auraient préféré éviter les tribunaux et régler ce conflit avec l'aide d'un arbitre, choisi par les deux parties, afin « d'arriver à une décision plus rapidement ».

« Nous sommes certains que nous allons prouver que toutes les accusations sont fausses. Nos conseillers juridiques sont compétents et vont nous diriger vers la bonne voie », a-t-elle indiqué dans un commentaire envoyé par courriel.

Toronto

Santé